CHAPITRE III
soulèvement des ciohpi.
II Y avâit un radis et demi que les capitaines du parti n’avaient âdmonélé lorsqu’ils recommencent au mépris des conventions faites avec Silvestre; celui-ci se décide alors à proposer de rétablir les lois contre les grands et de modérer les admonétemens. Entre les Priçurs qui siégeaient avec lui, nous trouvons un lainier; un fourreur, un foiirbisseur, un cordoniiîêf. Silvestre fait réunir le collège (18 juin 1378) et le conseil avec les capitaines des arts pour traiter des affaires concernant le bien public. Les capitaines du parti guelfe qui prévoyaient dès longtemps les desseins de Médicis. instruits que le conseil s’assemblait, réunissent leurs amis dans le palais de leur parti, et en députent quelques-uns au palais pour s’opposer aux propositions de Silvestre.
Silvestre tire la pétitloo de son sein et la î.U dans le conseil afln de la proposer ensuite au conseil du peuple; mais inopalienlé de la timidité des magistrats, il les quitte, sort et descend dans la salle du conseil, très-mécontent en di-’ sant qu'on n’a pas bien accueilli sa pétition, qu’il ne veut plus être gonfalonier, et s’en va à sa maison (1).
A ces mots, tous ceux du conseil se lèvent et une rumeur commence dans la salle au moment où le gonfalonier sort et descend les escaliers ; quelques-uns le retiennent et le ramènent avec un grand tumulte ; un cordonnier saisit Ch. Slrozzipar la poitrine en disant : Carlo, Carlo, les choses iront autrement que tu ne penses, et il faut que toutes vos grandeurs s’éteignent. Le peuple criait d’en bas à Médicis de faire massacrer ceux qui lui résisteraient (2). Un Albert! qui était au conseil, s’avance à la fenêtre et crie vive le peuple ! Le cri est répété, le peuple prend les armes et les boutiques se ferment.
Les capitaines du parti guelfe qui avaient réuni trois cents citoyens dans leur palais, informés que dans le conseil on avait vaincu et que les ordres de la justice étaient rétablis pour un an contre les grands, se séparent. La journée du lendemain samedi se passe sans ouvrir les boutiques, et la ville sous les armes.
Qu’on se garde, dit Machiavel, d’exciter une sédition en se nattant de pouvoir l’arrêter ou la diriger à sa volonté. Silvestre voulait faire pas.ser cette loi et rétablir ensuite le calme dans Florence. Son espoir est trompé. Le dimanche, tous les arts sont à leurs boutiques, chaque artisan ensuite va à sa boutique particulière, et tous nomment un syndic pour chaqne art. Lundi, de bonne heure, les collèges sont au palais eth^ syndics tout lejourrestenlavec les Prieurs et les collèges à s’occuper des affaires; on ne flt rien ce jour là. parce qu’on n’était pas d’accord. Le mardi les arts commencent à s’armer et à déployer leurs gonfalons. Les Prieurs et les collèges informés de ce qui arrive appellent le conseil. L’agitation augmente, et les enseignes des arts viennent sur la place, au cri de vive le peuple 1 Alors on
(1) Tumnlto de Ciompi da Gino Capponi, Rerum iial., tom. XOllI.
(t) Slefano, Istor. fior., rub 780. Delizie degli eruditi.