CHAPITRE III
donne la balia générale aux Prieurs, aux collèges, aux capitaines du parti guelfe, aux dix de la liberté, aux huit de la guerre, et aux syndics nommés par les arts.
Cependant le peuple et les gonfaions des arts majeurs restaient sur la place criant vive le peuple ! Quelques-uns de ces gonfaions, les fourreurs, courent aux palais des grands, les brûlent et les pillent, ouvrent les prisons; d’autres du bas-peuple d’au-delà de l'Arno , commettent des dégâts non moins grands qui sent aussitôt réprimés. Tous les gonfaions des compagnies font une garde durant la nuit.
Pierre Âlbizzi et Carlo Strozzi s’étaient cachés dès le commencement de l’émeute, car ils pensaient que dès que le bruit serait calmé, ils pourraient rester en sûreté daus Florence oû ils avaient tant de parens et d’amis (1).
Le lendemain , la balia raie les admonétés à condition que ni eux ni leurs parens n’auront d'oflBce avant trois ans. Elle déclare plusieurs grands, plébéiens, et plusieurs plébéiens, grands ou rebelles. La balia dure tout le mois de juin. Les riches et les petits artisans n’osaient pas éla- 1er leurs marchandises et les citoyens puissans se fortifiaient ; leurs maisons et les rues se trouvaient encombrées de barricades pour les préserver des incendies et du pillage du bas-peuple qu’on redoutait surtout la nuit.
De nouveaux Prieurs pacifiques rétablissent l’ordre pour quelques jours ; mais les arts agités se soulèvent et présentent une pétition pour resserrer encore les admonitions et demander de recomposer les bourses du scrutin. La pétition est emportée par la peur, car les arts étaient sous les armes dans leurs boutiques avec les gonfaions déployés, et ils ne se calment qu’en apprenant que la pétition a passé dans le conseil du peuple. Pour désarmer les arts et les satisfaire, on convient que deux des gonfalonieis, deux des douze, deux des dix de la liberté, deux des capitaines du parti guelfe, deux des huit de la guerre, auront à traiter avec les syndics des arts, les choses que les arts demanderont et à en référer aux Prieurs. Un bouleversement va suivre. G. Capponi attribue ces malheurs à la punition de •f) Machiarelli. lib. ni.
Dieu, pour le soulèvement des villes contre l’Eglise dans la guerre et la vente des biens ecclésiastiques (1). Le bas peuple qui avait pillé les palais et quelques lieux des ecclésiastiques, craignait d'être puni; il se réunit dans un endroit hors de la ville, et là, les hommes se liguent avec de grands sermens à !a vie à la mort, en se baisant sur la bouche. Ils nomment certains syndics pour surveiller s’il ne serait pas fait injure à l’un d’eux, et pour les avertir tous de le défendre.
Les admonétés qui restaient, ceux qui devaient attendre trois ans, excitaient le bas peuple en lui disant : — Mauvaise espèce, vou.s serez tous pendus par la gorge pour les vols faits aux citoyens et à l’Eglise, les Prieurs ont déjà appelé les gens pour l’exécution. —
Les Prieurs, durant ce temps, faisaient là pàlîx avec Rome pour le prix de deux cent cinquante mille florins, en payant vingt mille au 8 août, vingt-cinq mille à la moitié de septembre, vingt-cinq mille en octobre et lè reste dans le terme de quatre ans. L’olive de la paix elles lettres des ambassadeurs florentins arrivent, et les Prieurs convoquent le parlement et lisent les lettres au peuple; on s’en réjouit et la ville est illuminée.
Les huit delà guerre avaient demandé à se retirer chez eux puisque la guerre était flnie, mais on les avait retenus pour régler les troupes et les lignes à l’étranger, lorsque des dénonciations apprennent aux Prieurs qu’un soulèvement se trame contre la commune par les Ciompi et les admonétés. Ciompi (ou compare), mot corrompu du français au temps du duc d’Athènes, était devenu depuis lors le nom du bas peuple auquel le duc avait donné pour enseigne un agneau ; beaucoup des ouvriers des arts majeurs et tous les ouvriers des arts mineurs s’étaient joints aux Ciompi (2).
(1) Turaulto deCiompi da Gioo Capponi, Reram ital. , tom xvfii. — Stetani, Istor. flor. Delizie degli eruditi.
(2) Stefane, Isdor. fier. , rub 78tt
Marchione de Stéfani, qni a écrit rhisloire de Florence, fui Prieur en novembre el décembre 1379.
Pour ne pas être des grands et pouvoir jouir des honneurs de la répu-