‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 99 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ün nomrtié Simbncîriô, dénoncé et arrêté, apprend aux Prieurs les réunions des jours passés, et leur dit que les cardeurs, peigneurs de laine, batleurs, laveurs, revendeurs et autres soumis à l’art de la laine, n’ y veulent plus obéir, parce qu’ils sont maltraités par l’officier qui, pour le plus petit motif, les met à la question, et par les maîtres de la laine qui les paient fort mal et leur donnent huit de ce qui vaut douze.

Ils veulètit des consuls pour eux-mêmes, afin de ne plus avoir affaire ni avec ceux de la laine ni avec leur officier. Ils veulent aussi avoir part au gouvernement de la ville; Us veulent que les vols et incendies ne soient pas recherché» en aucun temps. On dénonce des admoiiélés comme chefs, entre autres titi apothicaire, un paveur, un cordier et plusieurs autres.

Les Meurs étonnés réunissent aussitôt les douze, les hmt dé la guerre, les syndics des arts, leur racontent la dénonciation et envoient des lettrés aux chdleaux d’alentour, aux comtes Guidi, à Prato, à Pistoïa, pour avoir du secours. On met le dénonciateur à la torture pour en savoir davantage, il dénonce comme chef Silveslre di Alamaniio des Médicis et deux autres instruits de tout, qu'on va saisir et qui viennent donner le plan de la conjuration. Les Giompi comptaient plus de deux mille hommes qui devaient se soulever sur différons points de la ville, sans compter les belletrani de San-Lorenzo qui étaient sans nombre.

Les collèges, les huit, les capitaines et les syndics appellent la cavalerie siirlaplace et ordonnent aux gonfaloniers d’armer chacun sa troupe et de l’amener. Le bruit vole bientôt parmi le peuple qu’on torture Simoncino; toutes les cloches de Florence sonnent; le peuple s’arme, tandis que les gonfaloniers inquiets hésitent et gardent leurs boutiques, au lieu de se rendre à leur devoir; à peine viton arriver cent cinquante des leurs ; les soldats , sur la

blique, Belcaro dei Buqnaiuti di Pogna, de Yaldelsa d’origine, duquel deirendait Stéfani, a’était fait inscrire sous le nouveau lurnom de Serragli entre les arts majeurs, en IS26, sous le gonfalon du dragon, qui était celui du peuple; de San-Fridiano. D’autret nobles faisaient de tnème.

(Delizie degli erudili).

place, regardent sans s’armer. Le peuple impétueux arrive, s’empare delà place. passe l’Arno, marche à la maison du gonfalonier de justice où il met le feu et demande qu’on lui rende ceux qu’on avait arrêtés ; quelques Prieurs s'écrient : Rendez-les en deux morceaux; mais le gonfalonier les rend vivans. Avant ce tumulte, on avait envoyé vers Silvestre Médicis qui avoua qu’il avait su les projets de ces gens et se repentait de n’en avoir rien dit, ce qu’on lui pardonna, car la douceur et la violence sont à tout moment mêlées dans ce gouvernement populaire. Les Prieurs, assiégés du peuple, ne voyant venir ni gonfaloniers, ni capitaines des arts, ni s’animer les gens d'armes qui n’étaient que quatre-vingt-cinq au lieu de deux cent quatrevingts qu’ils attendaient, voyant s’augmenter en foule la basse plèbe qui ne trouvait pas de résistance, députent en vain Médicis et trois autres citoyens avec un Prieur pour savoii la volonté de cette populace. Le peuple s’empare du gonfalon de la justice, le porte en main, et va brûler la maison de Berto, marchand do laine; d’un Albizzi, puis il met le feu au palais de l’art de la laine, en dépouille l’officier et léchasse. Il parcourt la ville, brûle, passe l’Amo, revient; celui qui dit : Allons brûler telle maison, est aussitôt suivi ; quelques-uns ne pillent pas, mais le plus grand nombre pille ; ils n’attaquent pourtant que les maisons ennemies; les Prieurs étourdis, éperdus, appellent vainement les gonfaloniers et se fient, pour apaiser le tumulte, sur Silvestre Médicis qui l’excitait, ainsi que quelques-uns des huit et des admonétés.

Le désordre dure jusqu’à l'heure des vêpres où le peuple veut que Médicis soit fait chevalier ainsi que plusieurs citoyens ; on eu nomme jusqu’à soixante-quatorze : les uns cèdent par peur, les autres par nécessité, les autres volontairement; celui qui résistait était menacé d'être brûlé; ils étaient portés de force sur la place par le peuple et obligés de prendre les armes. Chose curieuse ! celui dont la maison avait été brûlée le même jour était pris de force et fait chevalier. On craignait pis ; il y eut un faiseur de cuirasses dont le nom a été rapporté, tant il cria avec ardeur: Feu et sang! Les Ciompi firent élever sur la place des four^

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