‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 129 sur 155 · Partie du Frioul · texte numérisé non relu

Partie du Frioul

Cividale du Frioul 28,675

I strie 86,129

Dalmatie et Albanie 245,626

Iles du Levant qui comprenaient : Corfou, Paxo, Sainte-Maure,

Céphalonie , Théaqui (Ithaque), Zante , Asso , les Strophades

et Cerigo 1 16,680

Total général 2,419,346

Dans ce nombre d'babitants , on ne comptait que trois mille rinq cent cinquante-sept nobles ; mais le clergé y tigurait au nombre de quarante-six mille cinq cent quatre-vjçgt-trois individus. I.a population de la république avait généralement suivi cette marche ascendante ; lu capitale seule voyait chaque jour, depuis deux siècles, décroître le nombre de scs habitants. Ainsi , au xvif siècle, quelques observateurs avaient attribué à Venise une population de plus de deux cent mille âmes ; le recensement de 17(îl ne fournit qu'un chiffre de cent quarante-neuf mille quatre cent soixante-seize habitants; celui de 1780 s'abaisse à cent quarante mille deux cent quatre-vingt-six, et en 1788, à l'époque où nous nous arrêtons, on n’en comptait plus que cent vingt-sept mille. La diminution de la population de Venise se trouvait donc en raison directe de la décadence politique et commerciale de la république. .Malgré tous les efforts que tirent les Vénitiens dans ces dernières années pour retenir dans leur port quelques débris de leur ancien commerce , ils ne purent parvenir h ce but, et certes, ils ne reculèrent devant aucun moyen pour l'obtenir. En 1003, Venise avait refusé d’adhérer à un traité avec la Russie pour faciliter l'écoulement des productions de ce vaste empire. Elle ne comptait pas alors les avantages d'une telle alliance et les immenses ressources que pouvait offrir un si vaste empire. En 177V, craignant le pouvoir ascendant des Moscovites et désireux aussi de faire quelque chose en faveur de leur marine marchande, les Vénitiens proposèrent A la Russie d’être les simples facteurs de son commerce; mais ils furent repoussés. Envers les Barbaresques , l'abnégation ou plutôt l'abaissement des Vénitiens alla plus loin encore; ils se chargèrent de transporter dans les régences du bois de construction , des munitions navales et des armes, de sorte que le commerce de Venise se lit le pourvoyeur des pirates! Les nations maritimes de l'Europe furent indignées d'un tel procédé, et plus d’une fois les navires vénitiens qui faisaient ce coupable trafic furent arrêtés en pleine mer et confisqués dans les ports d'Espagne et de Naples; l’Espagne soumit même toute la marine marchande de Venise à de rigoureuses quarantaines; ce qui porta un préjudice considérable au commerce de la république.

D’après un savant économiste vénitien, M. Quadri, la richesse agricole des États de Venise , à l'époque dont nous nous occupons, présentait les résultats suivants ;

Télé».

Page 1