ILES DO LEVANT
Boeufs 15,475
Chevaux de selle 3,095
Bêles de somme 9,058
Brebis 75,225
Chèvres 70,103
I!*<» HISTOIRE DE VENISE
L'agriculture vénitienne avait fait d'incontestables progrès : au commencement du xvm” siècle, Antoine Zanoni avait propagé les mûriers et perfectionné la culture de la vigne dans le Krioul ; le marquis Jérôme Manfrini avait introduit les plantations de tabac en Dalmatie; enfin le comte Carburi avait naturalisé dans l'ile de Céphalonic l'indigo, le sucre et le café. Tous ces essais et bien d'autres qu'il est inutile de mentionner, avaient mis sur un bon pied l’agriculture vénitienne : mais l'habileté du fisc venait sans cesse en arrêter la marche ascendante par ses nouvelles exigences. Ainsi, il a été constaté que depuis la paix de Passarowitz, le montant des taxes avait doublé à Venise. Voici dans ces derniers temps
comment elles étaient réparties :
Doca la-
Venise et le Dogado payaient .’ . . . 3,500,000
Le revenu du sel produisait I ,c>00,000
La Marche Trévisane payait 295,000
Padoue et son territoire 450,000
Yieence et le Vicentin 210,000
Vérone et le Véronais 390,000
Bergame et son district 350,000
Crème 180,000
Brescia et le Bressan 1,500,000
La Polésine de Rovigo 175,000
Le Frioul 450,000
Les États de mer, c'est-à-dire i'Istrie , la Dalmatie et une partie
de l'Albanie avec les îles 900,000
Total I0,030,000
Conversion en francs, à raison de 4 fr. 20 cent, le ducat : 42,120,000 fr.
A ce total il faut ajouter les décimes du clergé dont le revenu général était évalué à quatre millions de ducats, la vente de quantité d'offices, les confiscations, et enfin plusieurs autres droits très- considérables Le génie fiscal avait profité de toutes les inventions des temps modernes; impôts sur les terres, sur les personnes, sur le commerce national et étranger, sur le travail , sur les mutations de propriétés ; rien n'avait été négligé pour grossir le revenu de l’État. Et cependant depuis la paix, depuis l'adoption de ce fatal système de statu quu , qui n'engageait Venise dans aucune dépense extraordinaire, la dette publique s'était considérablement accrue, elle s'élevait à quarante-quatre millions de ducats (cent quatre-vingt-quatre millions de notre monnaie). Cette augmentation de la dette confirme l’observation énoncée par plusieurs écrivains, qu'après soixanlcdiv ans de paix, l'administration était devenue tellement dispendieuse, que ses revenus ne suffisaient plus A couvrir les dépense!? annuelles. Aussi , A celte époque, Venise ne plaçait que très-difficilement scs emprunts, et ses effets n'étaient cotés qu'a CO 0/0 de leur valeur nominale. Lorsqu'on 1785, elle ouvrit un emprunt A trois pour cent, les nationaux n’offrirent pas leurs fonds. On voulut voir si l'on aurait plus de crédit dans l’étranger, on transporta l'emprunt A Cènes ;
rot essai ne réussit pus rniouv : eiiliii , il fallut s'adresser à Anvers, où l’on n'obtint qu'avec lenteur et difficulté la somme dont on avait besoin.
Telle était la situation de Venise nu moment nu la révolution française vint à éclater, et alors que l'Italie devint l'un des principaux théâtres de ces grandes guerres qui avaient pour but le triomphe ou l'anéantissement de In liberté des peuples! On voit que Venise était on ne peut plus mal disposée pour soutenir un tel choc ; aussi succomba-t-ellë enveloppée au milieu de In lutte sans avoir combattu. Mais avant d’entreprendre ce récit , qu’il nous soit permis d’esquisser rapidement quelques-uns des traits les plus caractéristiques des mœurs , des fêtes et des coutumes de Venise. Nous terminerons par ce tableau tout ce qui a rapport à l'histoire ancienne de la république.