‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 131 sur 155 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

SigislH*. — Le Bravo. — Cérémonies des é|Hmsailles de la Mer. — Le Les Théâtres. — La Fêle des Régates. — Les Casino. — Anecdotes.

Vie et Mœurs vénitiennes d'autrefois. — Les Gondoliers. — Les Courtisanes. — I.e

vaut de raconter la dernière crise qui mit fin à un gouvernement et à une nationalité de douze siècles de durée,

, essayons, à l'aide de ce qui subsiste encore des antiques mœurs vénitiennes et des souvenirs empruntés il l’histoire, aux monuments, aux anciens récits, de nous placer au sein de la vieille ville des doges, et de vivre un instant en imagination de la vie de ce peuple singulier.

En mettant le pied dans Venise, ce qui frappe immédiatement l'étranger, c’est le silence. Au cœur même delà cité, au milieu de la place Saint-Marc, centre de toutes les affaires et rendez-vous général de la population , on entend à peine un léger bourdonnement qui , seul , révèle la vie de cent mille hommes. En dehors de ce centre, tout se tait; c’est le silence du désert. Il n'y a à Venise ni voitures, ni charrois d’aucune sorte, ni chevaux. Des milliers de Vénitiens n'ont jamais vu d'autres chevaux que ceux qui décorent le portail de Saint-Marc '. Il n'y a guère plus de piétons; car, bien qu'on puisse parcourir toute la ville à

I. Il n*en a pas été toujours ainsi. Du xii« au xv« siècle, alors que la ville n'était pas pavée et que les ponts n’étaient que des madriers de bois posés d’un l»ord a l’autre sur les canaux, les nobles se servaient de chevaux et de milles dans leurs excursions. Les classes plébéiennes ou pauvres avaient appris probablement des Orientaux à ne pas mépriser les utiles services des ânes. Les patriciens se rendaient au conseil sur leurs mules, au premier coup de la cloche de Saint-Mare , et ce sou docloche s’appelait encore dans les derniers temps de la république la troltiera. Vers 1300 les mules furent abandonnées, mais le» chevaux restèrent en usage jusque vers le commencement du *v« siècle. Dès lors, l’usage des petites barques ou gondoles devint général. Il est probable que l'érection des ponts de pierre à arches élevées, permettant le libre passage des bateaux, contribua beaucoup à ce changement. Du reste, on ne conçoit guère comment des chevaux et des mules ont pu circuler dans l'intérieur de la Venise du moyen âge. Les Vénitiens modernes ne se doutent pas que leurs ancêtres furent de si grands ebevauebeurs; cl Salvator Rosa , s’il eût mieux su l'histoire , n'aurait pas fait son épigramme sur les cavaliers vénitiens.

pied scc sur les petits quais qui, sur une Toute de points, tordent les maisons, et au travers des milliers de ruelles qui forment une sorte de labyrinthe inextricable, ces voies de circulation sont trop étroites et trop tortueuses pour donner passage à beaucoup de promeneurs à la fois, et, en outre, elles font tant de circuits et de détours qu'elles allongent du double , souvent du triple les distances A parcourir. Aussi est-ce par les canaux et en gondole qu’on circule de préférence dans l’intérieur de la ville; mode de transport paisible et doux, dont le léger bruissement, loin de troubler le silence, ne fait que le rendre , en quelque sorte, plus présent et plus solennel.

La gondole joue un grand rôle dans la vie vénitienne. C’est une barque de forme allongée , de quinze à vingt pieds de long , recourbée A la proue et A la poupe comme les souliers des élégants du xv' siècle. La proue est armée d'une large lame de fer dentelée, de trois pieds de hauteur, qui sert A la fois d'ornement et de mire. Sur l’arrière est la cabine, étroite et basse, pouvant contenir de deux A six personnes assises. On y entre A reculons, et c'est de règle. On reconnaît sur-le-champ un étranger A sa manière d'entrer dans la chambrette. La cabine est uniformément recouverte de drap noir, par mesure somptuaire, pour les gondoles des particuliers comme pour Cbtles au service du public. Grèce A leur coupe svelte, A la finesse de leur taille , et surtout A l'adresse des bateliers , ces barques volent sur l'eau. Dans les canaux fréquentés elles se mêlent , s’entrecroisent, se dépassent avec une agilité et une précision de manœuvre merveilleuses. Les gondoliers sont aussi adroits que les cochers de Paris ou de Naples. Une gondole est d'ordinaire montée par deux hommes, placés chacun sur un des côtés, manœuvrant des deux mains une seule rame, debout et tourné vers la proue. Cette rame, très-longue, n'est point retenue au bateau par un nœud de corde ou un anneau de fer, comme dans la plupart des ports de la Méditerranée ; elle n'a d’autre point d’appui qu’une échancrure semi-lunaire, dans laquelle elle joue librement et d'où elle ne s'échappe jamais.

La gondole est la voiture du Vénitien. Les nobles et les riches en ont toujours deux ou trois amarrées A la porte de leur maison. Un vrai Vénitien , surtout s'il est d'origine patricienne , ne marche jamais ; n'eùt-il que quelques pas A faire , il faut que ce soit en gondole. Dans les anciens temps, l'ornement des gondoles était un des objets principaux des rivalités du luxe. Chaque famille les décorait de ses mines et de ses couleurs; mais les Autrichiens les ont toutes tendues de noir, comme |»our leur faire porter le deuil de la république. Il fut un temps où deux mille gondoles suffisaient A peine aux besoins de la population active, affairée , qui ( emplissait Venise, et de la multitude flottante et plus agitée encore d’étrangers, que le commerce , la curiosité, les plaisirs, amenaient de tous les coins du monde; aujourd'hui il y en a A peine deux ou (rois cents, dont la plupart restent des journées entières tristement balancées par le morne clapotement de la lagune , sans recevoir un passager.

Il 1 ST 0 1 (lIC DE VENISE.

D'anciennes peintures nous représentent la place Saint-Marc, la Piazzetta, le quai des Esclavons, le pont Itialto et ses alentours, couverts d'une foule immense, à costumes bariolés, turcs, grecs, arméniens , istriotes, juifs, mêles à ceux non moins piquants des Vénitiens de toutes classes , gondoliers et patriciens, nobles matrones et courtisanes, abbés, moines et citadins; tout cela a disparu. La décadence politique et commerciale a dépeuplé la ville, et la civilisation moderne, qui tend au nivellement universel des mœurs et des modes, a substitué aux costumes distinctifs des classes et des positions sociales la prosaïque uniformité de l'habit européen. Mais franchissons un intervalle de deux siècles, et de même qu’on fait reparaître sous les nouveaux caractères les traits primitifs d’un palimpseste, essayons de raviver, sous le badigeon moderne qui les recouvre, les riantes couleurs du passé.

Un homme d'une haute stature, enveloppé d'un long vêtement noir, descend de sa gondole armoriée ; il franchit, d'un pied leste, l’escalier du quai de la Piazzetta. Les insignes d'argent qui ornent sa ceinture de velours noir indiquent un grand personnage. C'est , en effet , malgré ses allures juvéniles, un des pères conscrits de la république, un sénateur; il a vingt-cinq ans , âge légal de l’entrée au grand Conseil. Sa longue toge traîne jusqu'à terre en dépit des règlements disciplinaires qui le défendent ; et ses larges manches, au lieu de se prolonger au delà de la main, comme le veut la règle , s'arrêtent au poignet qu'elles serrent légèrement. Le collet s’élève tout droit ; il est ouvert par devant et s'applique sur relui du pourpoint de soie noire: un bouton de diamant, remplacé quelquefois par un bouton d'or ou d’argent ciselé, retient le col de sa chemise. Contrairement a l'étiquette officielle , qui prescrit aux nobles de porter leurs cheveux naturels, sa tête est affublée d'une perruque, sur laquelle pose assez ridiculement une barrette de laine noire, à bourrelet de la même étoffe. Une étole (stola), île même drap et de même couleur que la robe, et longue d'une aune, est rejetée sur l'épaule gauche. Des bas et des souliers d'un rouge écarlate complètent le costume de ce noble personnage. En marchant, il relève de la main gauche sa longue robe*, tandis que la droite, ramenée sur la poitrine , écarte un peu les plis de la toge sénatoriale pour laisser voir le pommeau luisant d'uu stylet, logé dans la ceinture de son pourpoint.

Le costume sous lequel nous voyons se pavaner ce jeune patricien du xvn* siècle n'a jamais subi de grandes modifications dans la forme. Mais la couleur varia suivant les temps. Le bleu fut pendant cinq siècles la couleur adoptée; il fut remplacé par le noir, qui se maintint jusqu'à la chute de la république. Cependant la couleur violette était affectée à certaines fonctions publiques ; et dans quelques circonstances solennelles, à la toge noire de tenue officielle, on substituait des manteaux d'étoffes plus riches et de couleurs plus éclatantes. L’écarlate, proscrit par le goût moderne qui repousse les nuances vives et franches, fut longtemps la couleur favorite des Vénitiens de toute condition;

et l'usage du manteau rouge dev int si général dans les deux derniers siècles, qu'il constituait, en quelque sorte, le costume national. On en affublait les petits enfants dès qu'ils commençaient il marcher; il n'y avait pas jusqu’aux mendiants qui n'eussent cru se manquer à eus-mèmes de paraître en public sans jeter sur leurs épaules quelques guenilles rouges. C’est en manteau que se faisaient les visites ; et l’éloge le plus tlatteur qu’on pût adresser à un étranger, c’était de lui dire qu'il portait son manteau comme un Vénitien.

A l'époque où vivait ce jeune patricien que nous venons de voir descendre de gondole, avec sa toge noire, sa perruque, sa barrette et ses bas rouges, ou aurait pu le voir sous les portiques de Saint-Marc faire sa révérence la plus étudiée à une belle dame, haute de sept pieds, s’avançant péniblement, appuyée à droite et à gauche sur les épaules de deux suivantes. C’est une gentildonna, la femme d'un chevalier de l'étole d’or, d'un procurateur de Saint-Marc , d'un membre du conseil des Dix peut-être. Elle est montée sur des potins de près de deux pieds de liant , et se balance majestueusement sur ces deux échasses. Depuis la suppression de ces piédestaux , les nobles Vénitiennes ont repris la taille ordinaire des femmes du pays , et ce qu'elles ont perdu en bouteur elles l'ont gagné en griiee et en désinvolture. L'usage des patins était, disait-on, une ingénieuse invention des maris vénitiens, «lui , indépendamment d'autres mesures de sûreté plus savantes encore et non moins singulières, auraient mis ces entraves aux démarches légères de leurs femmes. C’est aux tilles du doge Dominique Contnrini, qui les premières s’insurgèrent contre cette vieille mode, vers le milieu du xvn* siècle, que les dames de Venise doivent lu liberté de b uis jolis pieds , dont rien ne prouve quelles aient mésusé.

Le costume féminin est toujours et partout infiniment plus diversifié et plus changeant que celui des hommes. Les dames vénitiennes ont déployé en ce genre une fertilité d’invention extraordinaire , et l’on a quelque peine à suivre dans l’histoire et sur les monuments les nombreuses révolutions de leurs modes. Quelques types, parmi les plus durables, peuvent être saisis de loin en loin. Au xr siècle, qui représente les temps héroïques des Vénitiens, elles portaient des mantelcts descendant jusqu'à la ceinture. Dans le siècle suivant, le manteau court se transforma en une sorte de capote à larges manches fourrées de peaux de martre et de renard, dites à la Ducale , parce qu’elles ressemblaient à celles que portait le doge. Ce luxe de fourrures coûtait si cher à leurs nobles maris qu'une loi somptuaire, de 1303, rogna en tout sens ces manches ruineuses. Forcées de rétrécir et de couper les manches de leur robe , les gentil donne en allongèrent d'autant les queues; mais une autre loi vint hientût retrancher ces luxueux appendices. L'étendue de l'étoile étant ainsi réduite , elles se rabattirent sur les ornements, et se couvrirent de dorures ; fantaisie plus onéreuse encore que les autres, et promptement réprimée par les édits. Puis vint la mode des robes de soie , serrées au corps par une ceinture , à laquelle était suspendu , par une cliaine d'or, un couteau de

HISTOIRE UE VENISE

cuisine, dans une riche gaine, symbole de l'autorité féminine dans In plus importante de ses attributions. Les manches recommençaient en même temps à dépasser les limites Buées par les lois; elles s'allongèrent tant et tant qu’elles traînaient à terre, et étaient , en outre , surchargées de pierreries et de boutons d'or ; cirés contre lesquels les législateurs durent sévir encore.

La dernière moitié du xvi* siècle est l'époque la plus brillante peut-être du costume des Vénitiennes de haut rang, Une des occasions où elles purent le mieux étaler leurs parures, fut l'entrée solennelle à Venise de la nouvelle dogaresse, Cécile Dandolo, femme du doge Jérôme Priuli. Le cortège fut , comme toujours, magnifiquement ordonné, car les Vénitiens s'entendaient très-bien aux cérémonies. Quelques toilettes choisies parmi celles qui eurent alors le plus de succès donneront une idée du goût de ce temps. C'est d abord celle de la dogaresse. Sous son manteau royal , à longue queue traînante, elle portait une robe de brocart d’or, fourrée d'hermine, ouverte par devant et garnie de boutons d'or. Elle était coiffée de ce bonnet recourbé à la phrygienne, enchâssé dans une couronne (le como ducale) , attribut distinctif du dogal. Autour de son cou s'enroulaient un collier de perles de la plus belle eau et une chaîne d'or parsemée de pierreries, au bout de laquelle brillait un joyau de prix, fraîchement sorti de l'atelier du plus habile orfèvre de Itialto. Sa taille était entourée d'une seconde chaîne dont les bouts descendaient jusqu'à terre. Une collerette à bords dentelés, montante et très -évasée, formait autour de sa tète comme une enceinte de créneaux. Ses cheveux, tressés par derrière et relevés sur le devant en deux pointes semblables à des clochetons, couronnaient l'élégant édifice de cette toilette. Sa main droite était année d’un pennon ou petit drapeau, qu’elle agitait à la manière d'un éventail. Parmi les liâmes de sa suite, il eu est une qui portait une mantille de gaze noire, semée d’éloiles d'argent, et fixée au sommet de la tête par de longues épingles d'or. Une ample robe de brocart laissait voir les manches et la jupe de sa robe de dessous, d'une line étoffe bleue; elle tenait, comme la dogaresse et comme les autres dames, un pennon à la main.

C’étaient là, du reste , des parures de cour et de cérémonie, cl la plupart de ces dames avaient , dans les circonstances ordinaires , une mise plus modeste. Le luxe et la recherche des vêtements n’étaient d’ailleurs permis qu'aux femmes mariées. Les jeunes filles formaient une classe à part. Étroitement gardées dans la maison paternelle, elles n'avaient aucune relation avec les hommes, pas même avec leurs proches parents, qui ne les voyaient que le jour de leur mariage. Dans leurs rares sorties , pour aller à l'église, elles étaient enveloppées d’un long voile blanc d'une gaze très-fine et très-luslréc, appelé fazsuulo, qui ne laissait voir que la jupe d'une robe brune d’étoffe commune. A l'igc nubile elles s'habillaient tout en noir, avec une ample mantille de soie fine et serrée, jetée sur leur tête, et descendant jusqu'à la taille, uu travers de laquelle elles pouvaient voir sans être vues. Quelquefois uu petit tablier noir orné d'une bande de dentelle brodée

s’ajoutait à ce costume à la fois élégant et modeste. Cette contrainte cessait le jour du mariage et même le jour des fiançailles. Le pudique voile était rejeté, les cheveux dénoués flottaient en partie sur les épaules et le reste s'étalait sur le front en boucles nombreuses entremêlées de grains d'or et de pierreries. Le blond doré était si estimé à Venise, comme chez les anciens Grecs, qu'on teignait de cette couleur la chevelure des nouvelles mariées. Elles portaient pendant une année entière la riche parure du jour des noces.

Les nobles dames vénitiennes d'alors , bien que délivrées par le mariage de l’espèce de séquestration où elles avaient vécu , n’avaient pas cependant la liberté d'action dont jouissent leurs descendantes. Elles ne pouvaient sortir de leurs maisons et paraître en public sans être accompagnées de plusieurs suivantes ( cameriere ). Ces caméristes ne faisaient pas toujours partie de leur domesticité ; on les louait quelquefois à la journée pour les jours de cérémonie. Cette suite les annonçait de loin dans les promenades, à l'église, au théâtre, et les séparait de la foule des bourgeoises, des femmes d’une classe inférieure, et particulièrement des courtisanes, qui abondaient à Venise, et qui affectaient volontiers de suivre les modes et de prendre les allures des femmes de qualité.

Les courtisanes vénitiennes ont eu de la célébrité , mais elles sont bien déchues depuis un siècle, et ltousseau, aujourd'hui, trouverait difficilement à Venise l’héroïne de sa ridicule aventure. A l'époque de leur grandeur, s'il est permis de se servir de ce terme, c’est-à-dire du milieu du xvil* siècle jusque vois la fin du xviii*, elles eurent un rôle important dans la vie intérieure des Vénitiens de toutes les conditions. La licence des mœurs, plus grande à Venise peut-être que dans les autres villes d'Italie, indiquait la dégradation de l'esprit public et préparait de loin la ruine de l'État. Indépendamment des prostituées de tous les étages qui y étaient très-multipliées, par suite de la liberté et presque de la considération dont elles jouissaient, il y avait une classe, non moins nombreuse, de demi -courtisanes, plus ou moins ostensiblement entretenues par des nobles. Ces sortes de liaisons étaient extrêmement communes et primaient souvent les formes les plus abjectes. Il n’était pas rare de voir des patriciens, trop pauvres ou trop avares pour faire les frais d'un de ces ménages, pour far casa, comme on disait alors, pousser la bassesse jusqu'à en laisser la charge à quelque riche marchand ou citadin , qui entrait en partage des faveurs de la dame. Dans cette honteuse association le bourgeois mettait son argent et le noble sa protection, c'est-à-dire son nom et son rang. Quelquefois les gentilshommes faisaient l'affaire de compte à demi, à deux, à trois, à quatre. C’est parmi les filles du peuple que se recrutait celte classe d'entretenues, ainsi que les prostituées. Un trafic de corruption la plus effrontée s'était établi. De jeunes filles de sept à huit ans , désignées d’avance pour ce réle honteux , extorquées à leurs parents par les suggestions de la misère ou de la cupidité , étaient élevées avec soin aux frais de leurs futurs possesseurs, qui le plus ordinairement, après les avoir deshonorées,

ta

HISTOIRE DE VENISE

Page 1