‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 56 sur 155 · LIGUE GÉNÉRALE CONTRE VENISE · texte numérisé non relu

LIGUE GÉNÉRALE CONTRE VENISE

voisines étant venus y chercher un refuge. Bref, la situation des affaires du duc de Ferrare était tout à fait désespérée , lorsqu'un changement soudain s’opéra dans sa fortune.

Pendant que les Vénitiens se partageaient en espoir les conquêtes opérées par eux et par leurs alliés, le pape entamait avec Ferdinand une négociation secrète. Soit qu’il se sentit alarmé de l’agrandissement qu'obtiendrait sur les frontières de l'État de l’Église une république dont l’ambition ne respecterait pas longtemps le traité de partage; soit que le comte d’Imola, son neveu , en faveur duquel il avait voulu s'emparer d’une partie des domaines du düc-d’Este, ait compris tout le danger d’un pareil voisinage et l’impossibilité de se maintenir après la mort de son oncle, Sixte IV pressa vivement les négociations, et le traité fut conclu le 13 décembre 1482. Tout aussitôt , cédant è la même impétuosité qui peu de temps auparavant l’avait jeté dans une entreprise ruinée par sa duplicité . le pontife écrivit au doge de Venise , le sommant d’accéder à la pacification de l’Italie , de restituer ses conquêtes, de lever sans aucun retard le siège de Ferrare, ville qui, disait-il, relevait alors du saint -siège et qu’il prenait sous sa protection immédiate.

Restée seule en présence d’une ligue formidable, lu Seigneurie déclara qu’elle ne renoncerait à aucun de ses avantages. Alors le pape recourut aux armes spirituelles : le 10 janvier 1483, il adressa à l’Empereur et à tous les princes de l’Europe une sorte de manifeste contre les Vénitiens , qu’il accusait d’une coupable obstination à continuer la guerre ; le 10 juin suivant il fulmina l'excommunication contre les chefs de la république et l’interdit contre son territoire, d’où sa bulle ordonnait à tous les religieux de sortir trois jours après l’avoir reçue.

Les Vénitiens virent avec une surprise mêlée d’indignation que Sixte IV punissait comme criminelle une guerre à laquelle il les avait encouragés , qu’il avait même soutenue de concert avec eux , et rappelèrent de Rome leur ambassadeur, le comte François Diedolo. Pour empêcher aussi que la bulle foudroyante ne pénétrât sur le territoire de la république, le conseil des Dix fit surveiller sévèrement les voyageurs qui arrivaient de Rome, mit sous la responsabilité des curés les affiches qui seraient trouvées aux portes des églises, ordonna au patriarche comme aux ecclésiastiques vénitiens de remettre entre les mains des inquisiteurs d’État, sans l’avoir ouverte, toute dépêche que leur adresserait le saint-siège : et telle était la puissance de cette magistrature, que ses ordres, même dans une affaire où l’on faisait intervenir la religion, furent reçus avec une obéissance unanime. Le patriarche lui transmit encore cachetée l’expédition que lui avait adressée la chancellerie romaine , sans que personne en eût pris connaissance. Muni de cette pièce, le Conseil ordonna à tous les cardinaux et prélats qui relevaient de la Seigneurie, sous peine de saisie de leurs bénéfices , de s'assembler à Venise le 15 juillet en un comité provincial, en même temps qu’il

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remettait à Jérôme Lnndo, patriarche titulaire de Constantinople , un appel comme d'abus. Le patriarche, faisant droit, suspendit l'interdit, cita le pape par-devant le futur concile, et l'on trouva des hommes assez déterminés pour aflirher la citation sur le pont Saint-Ange , et aux portes même du Vatican.

Sans se laisser absorber par ces luttes de chancellerie, le gouvernement vénitien déployait la plus grande activité dans l’organisation de la résistance matérielle : des troupes nombreuses furent levées dans toutes les provinces; le PO se couvrit de barques , et une flotte de trente-une galères alla ravager les côtes de la Calabre. Plus faible en nombre que ses adversaires, il avait au moins l’avantage que son armée entière agissait sous l'impulsion d'une seule volonté, commandée qu'elle était par Robert de San-Severinn , homme d'État autant qu'habile capitaine. Aussi furent-ils bientôt forcés à demander la paix. Le légat voulut troubler la négociation , parce qu’elle ne contenait en faveur du neveu du pape aucun des avantages qu’il avait espérés ; mais les autres confédérés se refusèrent à prolonger des hostilités dont ils n’avaient à recueillir aucun profit, et le 7 aoilt 148V fut signé un traité qui dépouillait Hercule de la Polésine de Rovigo , que les Vénitiens occupaient depuis l’ouverture de la campagne précédente. Lorsque Sixte IV eut pris connaissance des conditions principales, il s’écria : o C’est une paix de a honte et d’ignominie que vous m’apportez là ; elle est pleine de confusion et « d’opprobre ! » puis , d’une main tremblante, il traça sur les parchemins quelques caractères illisibles. La nuit suivante, une attaque de goutte mit lin à ses jours.

Plus sage que son prédécesseur. Innocent VIII leva , le 2 mars 1485, l’interdit lancé par Sixte IV, et l’Italie respira enfin. Le doge Mocenigo ne survécut que peu de temps à cette pacification impatiemment attendue : le 4 novembre suivant, il succombait aux atteintes de la peste, qui avait reparu de nouveau, et fut remplacé par Marc Barbarigo. Ce dernier vécut en bonne intelligence avec, tout le monde, excepté avec son frère Augustin, qui semblait prendre à tâche de combattre ses opinions dans toutes les circonstances; si bien qu’un jour Marc lui adressa ce reproche en plein sénat : « On dirait, messire Augustin , que par votre a opiniâtreté à me contredire en toute occasion, vous voulez hâter ma mort afin « de me succéder. Prcnez-y garde , si les autres vous connaissent aussi bien que « je vous connais, ils ne vous choisiront pas! » Prédiction dictée par un dépit bien naturel , mais qui ne se réalisa qu’en partie : le doge mournt à quelques jours de là , et ce fut à son frère que les électeurs décernèrent la couronne ducale (28 août 1480).

Rien d’important ne s’était accompli sous le règne de Marc Rarbarigo ; il en fut de môme dans les premières années de celui d’Augustin : une guerre insignifiante avec le duc d’Autriche , la création d’un deuxième tribunal de la Quarantie civile. 1 , et quelques différends avec le saint-siège , voilà les seuls événements

t . Ce tribunal Tut nommé la Quarantie civile nouvelle , pour le distinguer de celui antérieur!?-

LUDOVIC S K O R Z A CRÉÉ DUC DK Ml LAN. 191

dignes de mention. Dans quelques démêlés avec le pape, Venise conserva sa raideur habituelle; surtout lorsqu'il Tut question de la collation des bénéfices ecclésiastiques et de la vacance du patriarcat d’Aquilée : convaincue que le clergé de tous ses États devait être entièrement sous sa dépendance, la république soutint ses prétentions avec une inébranlable fermeté. Nous négligerons les fastidieux détails de cette controverse , pour aborder plus promptement le récit plein d'intérêt des expéditions militaires de la France dans la péninsule italique.

Il existait entre Naples , Milan, Florence et Ferrare , un pacte fédéral auquel Ludovic Sforza, surnommé le Maure, régent du duché de Milan, désirait donner une nouvelle force en engageant le saint père et Venise dans une confédération générale qui fermât aux étrangers les portes de l’Italie. Le v ieux roi Ferdinand de Naples accueillit avec plaisir ce dessein , dont la réussite lui importait plus qu’à tout autre ; mais son fils Alphonse, duc de Calabre et beau-père de Jean Galéas, légitime souverain du duché de Milan ; Alphonse, qui ne pardonnait pas à Ludovic de ne laisser à ce prince qu'un vain titre et de perpétuer sa minorité ; Alphonse , qu’une aveugle et violente ambition portait à convoiter l'entière domination de l'Italie, entraina son père, ainsi que Pierre de Médicis, et un traité particulier entre Florence et Naples rompit la quadruple alliance. Par représailles, Ludovic lit signer une contre -ligue au pape et à la république de Venise ; mais comprenant qu'Alphonse , une fois en possession du trône de Naples, ferait tout pour lui arracher le pouvoir avec la vie, afin de régner à Milan sous le nom de son incapable gendre, ce que lui rendrait facile le revirement opéré dans la politique florentine , il rechercha l'appui des étrangers. En effet, la contre-ligue n'était qu'une faible garantie contre le danger qui le menacait , personne ne pouvant se fier au pape et l’appui de Venise n'étant guère plus sur pour lui. Sentant aussi qu'il ne possédait pas l'affection des Lombards, accablés d'impôts , il offrit il Maximilien, empereur d'Allemagne , la main de sa lille. Blanche Sforza, avec une dot de quatre cent mille ducats, et obtint en échange un diplôme secret qui lui conférait l'investiture impériale du duché de Milan, investiture que n'avaient pu obtenir les fondateurs de sa race. Dans le même temps il envoyait le comte Belgiojoso et le comte de Caiazzn exciter Charles VIII à faire valoir, sur la couronne de Naples les droits que la maison de France tenait du comte du Maine, héritier de Hené d'Anjou. L'empressement avec lequel le jeune monarque écouta les ambassadeurs milanais dépassa les espérances et les désirs de Ludovic; Charles voulait entrer en campagne sans aucun délai, et la prudence de ses conseillers les plus sages échoua devant la fougue des

ment établi et qui à partir de ce moment prit le litre de Quarantie civile vieille : devant lui se portèrent les apjKîls des jugements rendus par les magistrats extra murot : l’autre ne couserva que les appels des jugements rendus par les magistrats de la ville. La multiplicité des affaires en avait nécessité la création. La (Juaranfie criminelle continua de connaître de tous les crimes, excepté des crimes d’Klat, spécialement réservés à la haute juridiction du conseil des Dix.

HISTOIRE DE VENISE

jeunes seigneurs, qui ne rêvaient que la belle Italie, ses voluptés et ses richesses. Ajoutons que les seuls personnages un peu plus graves qui eussent quelque influence sur l'esprit du prince , avaient été gagnés par des agents secrets. L’imagination chevaleresque de cet essaim bouillonnant ne s'en tenait pas à la conquête de Naples , ils rêvaient et la prise de Constantinople et l'expulsion totale des Turcs de l'Europe. Afin de conjurer l’orage, Ferdinand fit l'offre de reconnaître la suzeraineté. du roi de France, de lui payer tribut, de lui donner passage a travers ses États pour aller attaquer Bajazet II ; rien ne put fléchir une volonté trop opiniâtre , et la guerre fut résolue.

Charles VIII partit de Vienne en Dauphiné le 25 août 1494, à la tête d'une armée considérable (cinquante à soixante mille hommes). Parmi les divers corps qui la composaient, on remarquait surtout cette superbe artillerie que les frères Bureau avaient perfectionnée pendant les guerres de Charles VII, les épais bataillons de Suisses et de lansquenets allemands , vêtus de justaucorps serrés et de chausses collantes qui dessinaient leurs formes colossales, bariolés d'éclatantes couleurs , armés de longues piques , d’énormes hallebardes , d’arquebuses et d'épées à deux mains; après eux venaient les habiles arbalétriers gascons , puis enfin les magnifiques compagnies des ordonnances de France, fortes, suivant Paul Jove , de deux mille cinq cents lances , cinq mille chevau-légers , sept mille cinq cents pages et coutilliers. La bravoure impétueuse des gentilshommes français, qui entraient seuls dans la cavalerie; le courage, la discipline et la force corporelles des Suisses , leur donnaient un avantage immense sur les troupes des autres nations. En outre , les uns et les autres apportaient à cette guerre une férocité qu’accroissait encore leur souveraiç mépris pour la civilisation plus avancée des Italiens.

Les Français, descendus en Italie par le mont (ïenèvre, avaient été reçus en Piémont comme des amis ; ce ne fut qu’en entrant dans la Toscane par Pontremoli qu’ils rencontrèrent pour la première fois quelque résistance. Mais à Hapallo, à Firrizzano et devant Sarzane, où ils trouvèrent enfin l'occasion de faire le coup de lance . ils égorgèrent non-seulement tous leurs adversaires , mais encore les prisonniers, jusqu'aux malades dans les hôpitaux, jusqu'aux femmes et aux enfants. Cet excès de barbarie frappa d’épouvante tout ce qui aurait pu disputer le passage aux Français. Charles VIII poussait toujours en avant sans s'informer quels étaient scs amis ou ses ennemis. Le pape Alexandre VI, qui venait de succéder à Innocent, fut tellement épouvanté qu'il s’enferma dans le château Saint- Ange et laissa le roi traverser sans obstacle les États de l’Église. La même terreur gagna Alphpnse 11, devenu roi de Naples; il s'enfuit en Sicile, après avoir abdiqué en faveur de son fils Ferdinand H. A son tour, celui-ci se voyant abandonné par ses soldats, n'eut d’autre parti à prendre que de s’embarquer pour Ischia, le 21 février 1495.

.Maître du royaume et arbitre de l’Italie, Charles entra triomphant a Naples,

CHARLES VIII K N ITALIE. Il>3

sans avoir presque combattu. I.11 population le reçut avec des transports de joie, et le salua comme un libérateur, comme un souverain légitime. Son premier soin (ut de se faire couronner et de prendre les titres d'auguste et d'empereur. Avec une prodigalité qu'il regardait comme de la magnilicenre, il distribuait des grllces, des titres , des tiers, des gouvernements, sans connaître ni la portée de ses faveurs, ni la valeur de celui qu'il dépouillait , non plus que celle de l’homme qu'il enrichissait. En peu de temps ses libéralités jetèrent un épouvantable désordre dans toutes les branches de l'administration, et par suite le mécontentement dans tous les esprits. Cette vie fastueuse ne tarda pas non plus à l'ennuyer : après un séjour de trois mois, il partit pour la France avec la moitié de son armée, laissant l'autre moitié au chef d'une branche cadette des Bourbons, (îilbert de Montpensier, qu'il nomma vice-roi du royaume de Naples.

A l'effroi, à la stupeur causée par cette rapide invasion, par cette marche irrésistible d'une armée presque barbare , avaient promptement succédé la ferme détermination de s'unir pour défendre l'indépendance italienne , pour réprimer l’ambition et l'arrogance française. Venise n'avait pu voir sans inquiétude une puissance supérieure à la sienne s'établir en Italie ; d'un autre côté , elle espérait, pour pris des secours qu'elle fournirait à la dynastie napolitaine détrônée, obtenir la cession des ports de la Fouille , ce qui l'eût rendue maîtresse des deux rives de l'Adriatique. Ludovic Sforza, devenu duc de Milan par la mort de sou neveu , précipitée sans doute au moyen du poison , voyait les Français , que lui-méme avait appelés, en Italie, se conduire comme ses plus ardents ennemis, car le duc d’Orléans, que Charles VIII avait laissé à Asti, essayait la conquête du Milanais, qu'il prétendait lui appartenir par droit d'héritage ; enfin, le pape, les Vénitiens, Ferdinand et Isabelle, Maximilien , accusaient Charles VIII de n'avoir pas observé les traités signés avec eux. t ne ligue pour la défense de l'indépendance italienne , signée à Venise le 31 mars , s’ensuivit ; mais avant qu'elle pût mettre en campagne les troupes levées pour son compte en Allemagne et en Espagne , Charles , traversant l'État romain et la Toscane aussi rapidement pour s'en retourner qu'il l'avait fait pour venir, avait passé les Apennins à Pontremoli, et débouchait dans les plaines de Lombardie à Fornovo, au-dessus de Parme. Là il rencontra, sur les bords du Taro, l'armée des confédérés que commandait le marquis de Mantoue. Très-supérieure en nombre , cette armée obéissait à des généraux fort supérieurs aussi en habileté à ceux du roi de France; mais, en revanche , elle était entièrement composée d'Italiens, qui suivaient les règles de leur prudente tactique, et qui n'étaient point encore revenus de la terreur que leur avait inspirée au premier abord la férocité des Français , particulièrement celle des Suisses.

Le 6 juillet, l'armée française, ayant passé le Taro au-dessus de Fornovo, continua sa marche le long de la rivière, prêtant le flanc aux attaques de l’ennemi. La tête de la colonne avançait à grands pas, et progressivement la dis-

tance entre l'avant-garde, le corps de bataille et l'arrière-garde, devint si considérable que les Italiens pénétrèrent sans difficulté dans les intervalles. Toutefois la bravoure des chevaliers français répara cette faute capitale : de nombreuses charges de cavalerie culbutèrent les Italiens, et les valets, armés de grands couteaui, esgorgeloient derrière eux tout ce qui tombait vivant encore sur le terrain. Quatre mille cavaliers italiens furent massacrés de cette manière ; la perte des Français ne s'éleva qu'à deux cents hommes. Les Vénitiens comptèrent pour une victoire d'avoir, durant le combat, pillé les bagages que Charles VIII avait abandonnés pour ne pas ralentir sa marche.

Malgré ce rude échec, l'armée ilalicnne aurait pu encore entraver la retraite du roi; mais, fidèles à leur politique, les provéditeurs vénitiens s'opposèrent à toute affaire sérieuse, et les Français arrivèrent tranqqillement devant Asti , le 15 juillet, sauf quelques escarmouches entre leur arrière-garde et la cavalerie légère, qui les suivait de fort près. Ludovic Sforza saisit ce moment pour faire à Charles VIII des propositions de paix en- son nom personnel : il se reconnut de nouveau son vassal pour le comté de Gènes, et jura non-seulement de ne donner aucun secours aux princes aragonais , mais d'accorder aux troupes françaises le passage sur ses terres, d’accompagner même le roi s'il retournait en personne à Naples. Charles VIII, de son côté, promit de ne pas seconder les prétentions du duc d'Orléans1 sur le duché de Milan; moyennant quoi Ludovic s'engagea à payer à ce prince cinquante mille ducats, et donna quittance au roi de quatrevingt mille autres ducats qu’il lui avait prêtés. Charles n'attendit pas l’exécution de ces engagements, exécution qui d’ailleurs n’eut pas lieu; laissant à Asti un corps de troupes sous les ordres de Trivulce, général qui avait abandonné le service de Naples pour celui de la France, il congédia les bandes suisses, et rentra dans son royaume par Briançon , le 23 octobre , après quatorze mois d'absence.

Pierre de Médias’ avait trahi leurs intérêts; pour s’en venger, les Vénitiens soutinrent par tous les moyens en leur pouvoir les Pisans insurgés contre Florence, conduite qui inspira des craintes' sérieuses au duc de Milan, au roi de Naples et aux Florentins, tous également persuadés que sous cette protection peu désintéressée se cachaient des vues ultérieures sur la Toscane. En conséquence , ils résolurent de susciter à la république quelques embarras sur d’autres points, et des émissaires secrets allèrent réveiller l'ambition de Bajazel II, l'engager à

1. Ce prince, gendre de Louis XI, et successeur de Charles VIII , était fils de Charles, petit-fils de Louis, époux de Yalentine Yisconti, plus connue sous le nom de Valeuline de Milan.

a. Dans sa marche sur Naples, Charles VIII s'étant emparé du plusieurs places appartenant à la république de Florence , Pierre II de Médicis se rendit au camp français pour traiter de leur rachat. Soit faiblesse, soit trahison , le duc méconnut les intérêts qu'il avait à défendre, au point d'atiandonner encore les villes de Pise et de Livourne. Honteusement chassé de sa patrie , il se réfugia d'abord à Bologne, puis à Venise , et fil en vain plusieurs tentatives pour ressaisir le pouvoir. Huit ans plus tard (I503) il sa* joignit à l’armée française envoyée par Louis XII pour reconquérir le rojaume de Naples , ei périt dans U* Garigliano en vue de Gaëtc.

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