‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 6 sur 155 · I.ES VÉNÈTES · texte numérisé non relu

I.ES VÉNÈTES

par Stilicon, général üe l’empereur Honorius. Cette double défaite l'oblige à s’enfuir au delà des monts avec les débris de ses hordes.

Trois ans s’étaient à peine écoulés lorsqu'un nouvel ennemi , non moins formidable, apparait au sommet des Alpes du Frioul (405); c’est Hadagaisc, quia la tête d’une multitude de Huns, de Sarmates, de (îotlis , d'Alains et de Vandales , divisés en trois corps, traverse comme un torrent tout le pays vénitien jusqu'au Pô, qu'il franebità llostilia, et poursuit sa course dévastatrice jusqu'au pied des Apennins , où son armée est enfin rencontrée et exterminée par Stilicon ; Iladagaise lui-même périt dans le combat (400).

Radagaisc mort et ses Huns dispersés, l'Italie commençait à respirer, mais ce repos ne fut pas de longue durée. Alaric ayant réparé ses pertes et rassemblé une nouvelle armée, franchit les Alpes une troisième fois (408). Heureusement pour la Vénétie , il ne fit qu’y passer. Marchant au pas de course , il traverse le Pô à Crémone et ne s’arrête plus que devant les murs de Rome qu’il assiège d'abord, mais où il consent à ne pas entrer, moyennant une forte rançon. L'année suivante, la contribution n'étant pas pavée, le chef barbare s'empare de la ville éternelle et la met pendant trois jouis à feu et à sang ' ; il en sort ensuite gorgé de butin , et continue ses dévastations jusques en Calabre , où il meurt subitement. Son parent Ataulphc ramena l'armée dans les (îaules.

De 410 à 450 la Vénétie n’entendit plus parler des Barbares mais un orage plus terrible que les précédents se formait au loin ; il éclata en 452. Cinq cent mille Huns, conduits par Attila , débouchent tout à coup par les Alpes Juliennes et viennent faire le siège d'Aquilée. Après trois années d’une défense héroïque , cette ville est prise , brûlée et saccagée. Trente -sept mille habitants furent massacrés , les femmes abandonnées à la fureur des assiégeants ou réduites en esclavage : il ne resta de celte noble et antique cité qu’un monceau de ruines. La plupart des villes du littoral et de l'intérieur, Opitcrgium, Julia, Coucordia, Altinum , Padoue, Ateste, Trévise, Vicence, Vérone , Brescia, éprouvèrent le même sort. Attila , tout fumant de carnage et chargé de dépouilles, se disposait à marcher sur Rome, lonsque arrivé au bord du Mincio on le vit tout d’un coup rebrousser chemin et repasser les monts, vaincu, a-t-on dit, par l’ascendant du pape saint Léon.

L'impression d'épouvante laissée par les terribles exécutions du roi des Huns durait encore, lorsqu’en 470 une nouvelle avalanche d’ennemis fond sur la Vénétie. Odoaere, officier de la garde prétorienne, alois presque entièrement composée, comme toutes les troupes romaines, d'étrangers mercenaires, ayant rassemblé au delà des Alpes une armée d Hérulcs, vint assiéger Pavie, où il tua l'usurpateur

I. L'empereur Honorius était alors à «avenue; cc Tut le sénat qui traita avec Alaric pour la délivrance de Koiuc. Le tribut promis par lus Romains consistait eu cinq mille livres d’or, trente mille livres d’argent, quarante mille pièces de soie , trois mille i»eaux teintes en pourpre, et cinq mille livres de poivre.

HISTOIRE DE VENISE

Orcste, qui gouvernait de fait l’empire pendant la minorité de son jeune fils Augustulc. Orestc mort , Odoacre dépouilla Augustule de la pourpre , l’envoya en exil, et se lit couronner lui-mémc, non pas empereur, mais seulement roi d'Italie. Cette révolution mit fin à l'empire d’Occident ; Kavcnne devint la capitale du nouveau royaume , et les Vénétics passèrent sou» le joug des Barbares, ainsi que le reste de l'Italie.

Le règne d'Odoacre ne fut pas de longue durée : jaloux de la fortune des llérules, les Ostrogoths, qui étaient restés au delà des Alpes, demandaient sans cesse à marcher sur l’Italie, afin d’enlever ce riche pays à Odoacre ou d'en obtenir du moins une partie. Théodoric résista longtemps aux instances de ses sujets, car il considérait l'entreprise comme périlleuse ; niais enfin , s'étant assuré la neutralité de Zénon, empereur d'Orient, il pénétra dans l'Italie, et, après plusieurs combats heureux, parvint à acculer Odoacre jusque dans sa capitale. Le siège de Itavennc dura trois années. Irrité d’une telle résistance , Théodoric stimule l'ardeur de ses troupes par la promesse du pillage ; il donne un dernier et vigoureux assaut , et force Kavenne à capituler i W3). Odoacre crut un instant qu'il pourrait partager son royaume avec le vainqueur; fatale illusion que le poignard des assassins ne tarda pas à détruire , tandis que Théodoric se faisait proclamer par le sénat seul souverain de l'Italie. Sous ce prince et ses successeurs, la Vénétie jouit pendant quarante -deux ans d’une paix inaccoutumée , jusqu'au moment où les Grecs de By zance commencèrent à revendiquer leurs droits de souveraineté sur l’Italie, comme héritiers et représentants de l’ancien empire romain.

Le grand Justinien venait de succéder à l’empereur Justin, son oncle. Ce prince, destiné a être le restaurateur de l'empire, après avoir pacifié les troubles domestiques de sa cour, vaincu les l’erses, exterminé les Vandales d'Afrique, songea à s'emparer de l'Italie, et Bélisaire fut chargé de mener à bonne fin cette expédition. Avec le secours d une flotte année par les Vénitiens des lagunes, cet habile général assiège Kavenne et en chasse le quatrième roi de la dynastie de Théodoric, Vitigès. qu'il envoie prisonnier à Constantinople. Les Vénètes s'étaient alliés aux Grecs; mais cette détermination n'assura pas leur tranquillité. Les Ostrogoths avaient en effet trouvé un chef, Tottila, digne d’être opposé aux généraux byzantins, à Bélisaire et à Narsès qui lui succéda. Pendant huit années, les Grecs et les Ostrogoths se disputèrent avec un égal acharnement la haute Italie, et, durant cette lutte, les deux Vénéties, souvent maltraitées, finirent par séparer leurs intérêts : 1a Vénétie de terre -ferme, à l’exception de quelques villes, se déclara pour les Ostrogoths, tandis que la Vénétie maritime demeura fidèle aux Grecs, qui étaient maîtres de la mer ainsi que des eûtes de l’Istrie et de la Dalmatic. Bientêt de nouveaux arrivants vinrent encore compliquer et accroître ce confiit.

En ôV8 , les Francs passent les Alpes, et envahissent les régions montagneuses du haut Vicentin, tout le pays de Feltre, Trévise, Bellune et le Frioul. Trois

LES VENETES.

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