‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 61 sur 155 · COALITION CONTRE VENISE · texte numérisé non relu

COALITION CONTRE VENISE

la tiare sur sa tête. Par une sorte de compromis , il avait adhéré à ce que les voix qui lui étaient acquises se portassent sur un moribond, François Piccolomini (Pic III) , qui régna vingt-cinq jours; mais quand le conclave se rassembla de nouveau, Georges reconnut qu'il n’avait fait autre chose qu’ouvrir la route au fougueux Julien de La Rovère, devenu si célèbre sous le nom de Jules II , et causer la perle de l’armée. En effet, le retard apporté dans la marche des troupes les empêcha de franchir le Garigliano avant l’arrivée de Gonzalve de Cordoue. Condamnées il rester sous la tente pendant la saison des pluies, au milieu des boues et des marais, la lièvre éclaircit leurs rangs. Elles luttaient encore contre le fléau destructeur, lorsqu'elles furent inopinément attaquées (27 décembre 1503). Ce qui échappa au fer de l’ennemi fut trop heureux de se réfugier dans Gaête, où ces malheureux débris acceptèrent une capitulation qui garantissait la vie sauve et la conservation de leurs biens , à eux et à tous les partisans de la France. Bien peu revirent leur patrie : la plupart jonchèrent de leurs cadavres les chemins de cette florissante contrée que naguère ils foulaient d’un pied insolent. Pour la seconde fois , le royaume de Naples échappait aux héritiers lointains de la maison d’Anjou !

Découragé par ce désastre, déjà atteint d’une maladie de langueur, Louis XII signa, le 31 mars 1504, une trêve de trois ans avec les rois catholiques, trêve bientôt suivie d'un traité qui menaçait de devenir on ne peut plus désastreux pour la France. Ceci demande quelques explications. Anne de Bretagne , seconde femme de Louis XII , avait perdu successivement deux fils qu’elle avait eus de ce prince ; concentrant toute son affection sur sa fille Claude, elle voulait en faire une grande reine, aux dépens de l’héritier indirect de la couronne, François, comte d’Angoulème , qui lui inspirait une jalousie voisine de la haine. A cet effet, elle tourna ses vues sur le fils de l’archiduc Philippe, souverain des Pays-Bas, et voulut que sa fille portât au futur héritier de Maximilien d’une part, de Ferdinand et Isabelle de l’autre , les droits précaires de la France sur le duché de Milan et le royaume de Naples, ceux qu’elle-même exerçait sur la Bretagne, ceux qui reviendraient à la jeune princesse sur le comté de Blois , héritage personnel de son père ; enfin la Bourgogne dont Louis XI s’était emparé à la mort de Charles-le-Téméraire. C’est d’après ces bases que fut arrêté à Blois le mariage de Charles de Luxembourg ' avec Claude de France , tous deux encore en bas âge. Peu de temps après (22 septembre 1504) , un traité unissait le pape Jules II , l’empereur Maximilien et Louis XII dans le but de déposséder Venise de la plus grande partie de ses possessions de terre-ferme. La Hongrie, la maison d’Autriche , l'Empire , le duc de Milan , le saint-siège et le roi de Naples avaient tous à revendiquer quelque portion du territoire de la république, qui depuis longtemps maîtresse, en Komagne, de Ravenncet deCervia, venait d’usurper Faenxa

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