INSURRECTION CONTRE LES FRANÇAIS
rité, le roi ayant déclaré qu'il aéfendrgil Bologne avec le mémo nclinrneuieut que S'il s'agissait de sa bonne ville de Phi is. Après avpir enlevé quelques forlercssi ■» nu duc de Ferfare, les confédérés vinrent asseoir leur rarnp sous les murs mènie de la pince , dont Odet de Fois , seigneur de Lautrec , et Vves d'Allègre , commandaient la garnison, forte de deux cents lances françaises, deux mille fantassins allemands, et secondée |iar les partisans des Bentivoglio, famille il laquelle le pape venait tout récemment dja cracher le pouvoir qu'elle possédait depuis plus d'un siècle. Sachant que les antiques fortifications ne résisteraient pas longtemps à l'action du boulet, que d'ailleurs elles offraient un développement trop étendu relativement au petit nombre de leurs défenseurs, Gaston fit ses dispositions pour sauver une ville si chère à son oncle : il établit son quartier général à Finale (distante d'une licucj, d'où. il lui était facile non-seulement de surveiller les assiégeants, mais encore de secourir Lautrec. Le moment venu, il part avec treize cents lances et quatorze mille fantassins français, allemands et italiens, marche toute la nuit, par un temps affreux , à travers des tourbillons de neige, et le 5 février nu matin il entre dans Bologne, sans avoir rencontré un seul poste, une-seule sentinelle ennemie. Rnmon de Cardona n’apprit que le lendemain, par un chevau-léger que se» gens venaient de faire prisonnier, l'adroite manœuvre de son adversaire; dés la nuit suivante I 0 au 7), il s'empressa de luire désarmer ses batteries , et le jour n'avait pas encore paru qu'après avoir plié ses tentes il se retirait sur Iniola , laissant l'élife de ses troupes à l'arrière-garde.
A peine le siège île Bologne était-il levé, que Gaston se vit en proie à de nouvelles inquiétudes : appuyée par un fort détachement de l'armée du provéditeur Andrea Uritti , Brescia s'était soulevée; tout le pays occupé par les Français suivit bientôt son exemple : Bergame arbora l'étendard de Saint-Marc, et la garnison n'eut que temps de se retirer dans les deux châteaux qui commandent la ville; Orci- Vecclii, Orci-Nuov i , Pontevico, tous les châteaux bressans et bergafnasques, ouvrirent leurs portes à Gritti, dont Crémone et Crème attendaient l'approche avec impatience. Si les Vénitiens célébrèrent ces heureux événements avec de grands transports de joie, la Seigneurie lie montra pas un bien vif empressement à envoyer les secours dont avaient besoin les places qui venaient de rentrer sous son obéissance : elle se contenta de donner a Jean-Paul Baglioni l'ordre de s’avancer pour seconder .tiritti dans l'attaque de la citadelle de Brescia, où Du Lude, avec le capitaine basque llérigoye, étaient sur le point de manquer dç vivres. ,
Entouré d'ennemis triomphants, Gaston ne se laisse pas déconcerter, quoiqu'il puisse craindre encore que les Suisses ne reviennent sur leurs pas; avec une justesse decoup d’œil, une promptitude dans l'exécution, qui feraient honneur à un guerrier blanchi sous le hnrnois , il adopte et suit un plan pour ainsi dire improvisé. Laissant dans'Bologne trois cents lances et quatre mille fantasins, il part avec le reste de son armée et force si bien la marche, qu'il atteint et met en déroute, M sa
HISTOIRE DE ‘VENISE
à Isola di'lla Scala, colle de Baglioni; puis, sans être arrêté, ni par les chemins rompus , ni par les rivières débordées , ni par les combats (pic pendant neuf jours il soutint à chaque pas, il parait devant Brescia ( 17 février) . et la somme de se rendre. l.es habitants répondirent que la ville appartenait aux Vénitiens, et qu'avec l'aide de Saint-Marc ils espéraient la leur conserver : réponse plus lière que ne le permettaient leurs moyens de défense. En effet, quoiqu'ils fussent soutenus par dix ou douze mille soldats et plusieurs milliers de paysans, il leur était d’autant plus impossible de faire une longue résistance, que le château était encore occupé par les Français et que de ce cêlé la v ille manquait de fortifications. Sans différer, Gaston résolut de donner l’assaut , et les défenseurs du ehAteau le secondèrent parfaitement.
Le chevalier Bayard avait réclamé l’honneur de conduire la première colonne d'attaque : elle se composait de sa compagide de cent cinquante archers, auxquels il avait fait mettre pied à terre, des Basques que commandaient les capitaines Molart et Hérigoye, de deux mille lansquenets du capitaine Jacob, et enfin de sept mille fantassins français sous les ordres de Bonnet Maugiron et du bâtard de Clèves. La gendarmerie, qui avait également voulu combattre à pied, et cent gentilshommes de la maison du roi , conduits par Louis de Hréz.e, grand sénéchal de Normandie, formant la deuxième colonne, s'avançaient sons la direction de Gaston. « Il n'y avoit que redire, car c'élnit toute fleur de chevalerie. » Yves if Allègre lestait en observation, avec trois renls hommes d'armes, devant la porte SaintrJcan , la seule qui n'eût pas été murée , afin de repousser l'ennemi s'il tentait de faire une sortie. L'attaque fut vive , la défense opiniâtre. Bayard, après d'héroïques efforts, n dépassé le premier rempart, lorsqu'il reçoit dans le haut de la cuisse un coup de pique si rude, que le fer et un bout du fut restent dans la plaie. « Bien cuida être frappé à mort de la douleur qu'il sentit ; si commença « à dire au seigneur de Molart : Gompaignmi , flirtes murchei vus gens, la ville a est gagnée ; de moi je ne saurois tirer outre, car je suis mort. » Deux de ses archers détachent une porte, l'étendent dessus, et le déposent dans une maison des plus apparentes où sa présence devint une sauvegarde pour la famille qui faisait panser sa blessure. - «
Maîtres de Brescia malgré le courage, désespéré des troupes vénitiennes et des habitants , qui se battaient de rue en rue et se laissaient hacher derrière leurs barricades, les Français firent un tel massacre , que les historiens les plus modérés évaluent de sept à huit mille le nombre des morts. Après sept jours de pillage , les généraux , ne sachant comment mettre un terme à la soif de carnage et de butin qui s'était emparée des soldats, les envoyèrent camper en plaine. La prise du cette cité, la plus opulente de l'Italie après Milan , valut à l'armée victorieuse trois millions d'icus : somme énorme pour l'époque et qui la démoralisa complètement. « Il n'est rien si certain », dit le Loyal Serviteur, le biographe de Bayard, « que la prinsc de Bresse fut en Italie la ruine des Français, car ils