‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 88 sur 155 · test» t*a*S-*wS IWk ♦*<*»"*, *■ 4r · texte numérisé non relu

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Nous vuvi airt'-r- tu puni fimlto . «ouvent rhantii par le* poAléjt. Son unique aciÿde. haniiits ut pdcenl'iitie rive a ! nulle du tirand-l'anal. a ipuitn-vintrt -trots pipds vélitlieits à sa Iwtse. ti est i-Rtièrwneul çunstmit en nwiHiiTd’Islrie, rt plu» ' » solidité qmt par l'étégam». Dont ranjrs de ■

S statiques égulemfit en tyurfcl*. d imk- nrctutertnio uuifunne et passablement lourde, le porlapen •* >■.«* rue} .bail nue • -art rai», qui est la plus lai or, rl dent . du file du I., -i 1 pur Ulle biiluslmde. i.« r|c le l'are istumv/tusontiolfie» du doge l’astaj t’igoima, sou» le ctencduquid lespnot fut b.tli ,' et auv qutitrr ntigle» vint stailpléos m bas- relief des figuiti» de fange r.abrief'f1' la, Vierge, Up siîlnt Slari' 1 1 lîu salai Théodore, pnr (irrolamo Ompo-' gna. Commencé en lût».- il fut lenninéen trois années.- sur le dessin d'Anton» lia Ponte dont le projet fut préféré n plu, ienp> autre-- fourni», sur ta demande du gotnNcriicment , pur divers ardjib.-rles ceti-bn-a , païuti ks<|uul» ou cite, sans

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IL U'JAJLÏO.

LES B K VI X-AKTS.

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preuves bien claires, Michel-Ange et Palladio. te pont de pierre remplaça relui de bois qui avait été construit en I îti'v, et qui s’appelait ponte delta Dlonela, part e qu'aupa pavant il y avait lit une espèce de bac sur lequel on passait le canal en pavant une petite pièce de monnaie, dite guartarolo.

Au delà du pont, le Grand-Canal déroule de nouveau, û perle de vue, la longue lile de ses édifices et ses perspectives féeriques : à gauche ,• l'immense palais , dit desCamerlinghi, aujourd’hui le tribunal d'appel , riche et majestueuse fabrique de CiSgtietmo Bergamasque , et nu peu plus loin les Bâtiments Neufs (le Fabrieke linotte) de Sansovino, bazar jnonumental, composé de trois ordres, le premier rustique, formant un portique de vingt-cinq arcades, le second dorique et le troisième ionique. A droite, les vieux Magasins des Allemands [fondacn de Tedcstl i , aujourd'hui la douane de terre, solide bâtisse , du commencement du xvr siècle, attribuée à tant d'architeetps différents ' qu'on peut regarder son auteur comme très-problématique. Les marchands auxquels appartenait cet édifice dépensèrent de fortes sommes pour l'orner. Giorgione et Titien furent chargés de peindre à fresque les deux façades sur le Grand-Canal et sur la rue , et l'on voit encore au dehors quelques traces de ces peintures. A l'intérieur, il fut décoré par l’aima le vieux, Paul Yéronèse, le Tintorel, Cnntarini.ct autres maîtres du temps.

Passons rapidement devant quelques autres édifices de la rive droite, tels que le petit palais Valmarana, h' palais Micheli, dit des Colonnes , intéressant par la curieuse collection d'armures et instruments de guerie employés par le doge Micheli dans son expédition en Terre-Sainte, le palais Sagredo dont on vante l’raP ralier hitti par Tirali , et faisons une halte en face de la Cïi doro ( la Maison d’or ) , charmant pastiche de byzantin, de gothique et de moresque, apportée là sans doute pendant une belle nuit d’été, par quelqu'un des génies qui obéissaient à la lampe d'Aladin. Le palais Gussoni, qui s'élgye un |>eu plus loin sur la rive opposée, offre encore sur sa façade , des traces confuses de couleurs, restes des peintures, jadis resplendissantes, de Tintoret.

Mais de toutes les apparitions tour S tour sombres, riantes, magnifiques, grarieuses , austères , de ce panorama sans fin , voici la plus merveilleuse peut être : le palais Vendratnin -Oderghi! un de ces rares édifices qui ont une physionomie qui vil . une voix qui parle ; avec lesquels on sympathise en quelque sorte 0 tout d'abord, et dont l'image reste longtemps dans le souvenir.

Au centre de l'édifice un escalier plongeant dans le canal vous mène ù un rez-de-chaussée qui est exhausse* sur un mur de soubassement, à refends ; audessuS s’élèvent deux étages, percés de cinq fenêtres à deux cintres réunis par une colon uette qui divise perpendiculairement la haie rn vieux espaces égaux. Des colonnes, accouplées aux angles et à côté de la cinquième fenêtre, isolées aux trois autres, décorent les trois grandes divisions de la façade. Ces trois ordres sont corinthiens ; une corniche du profil le plus grandiose couronne le

1. Pii'lro l.nmlMnlo, Fra (Tioromlo, (iiml.nno Toilrsco, «•!<*.

HISTOJK UE VKMSE.

tout. Des revêtements de marbres grecs, blancs et veinés, de porphyre et de serpentin, distribués avec un goûtrexipiis , ajoutent à In beauté et à l'harmonie des lignes le. charme d'un coloriai vrajjnent architectural. Quel fut l'auteur de ré noble et élégant édifice? Est-ce Santé Lombardo, comme on l'a cru longtemps, ou Métro Lombardo, comme le conjecture ltarchitcctq Selva ?.Ge qu’il y a de certain, c'est qu’il appartient à i|uctqu'un des maîtres de celte éçole d’artistes de la même race et de même nom qui, par ses membres ou leurs élèves immédiats, de la tin du XV jusqu’au milieu du xxT siècle, remplit Venise d’rruvres d’architecture d’un sty le et d’un caractère également r< marquahli s par l’élégance et l’originalité, et surtout par un certain air de famille qui les fait reconnaître à l’instant Tous ces Lombardi étaient aussi sculpteurs. Nous les retrouverons plus loin.

Après le palais Yendramin, les grands édifices deviennent plus rares, et les bords du (Jrand-tàinal , à mesure qu'on avance vers son extrémité, n’offrent guère plus que les habitations plus humbles, quoique toujours pittoresques dans leur ensemble, île la classe bourgeoise ou populaire. Cependaut.de distance en distance, s'élèvent quelques monuments remarquables par leur niasse ou leur singularité : le palais Bultaglia, ouvrage du fécond Longhcuu, l’église Paint-Jérémie, Initie dans un goût bizarre par un prêtre de Brescia, nommé Corhelliui. Un monument plus respectable par l'antiquité et par son aspect pittoresque est le t'ondoco de’ Turchi. d’un style gréco-barbare mêlé d'arabe, mais à moitié ruiué. L'église Saint-Siméon Piccolo, qu'on rencontre ensuite sur la rivé gauche, est une assez pauvre imitation du Panthéon il' Agrippa , Initie en 1718 par Sralfarotlo ; la coupole, d'une hauteur disgracieuse, est remacqqable en ce qu'elle est revêtue de cuivre. Celle des Sealzi (Sainte-Marie de Nazareth }, du côté opposé, est fort vantée pour la somptuosité de scs marbres, iu profusion de scs colonnes et des statues qui la décorent au dehors, au dedans et au dessus. I„i façade, élevée par Sardi, est un des échantillons les moins malheureux de ce mauvais style théâtral , guindé , surchargé, et, avec tout cela, particulièrement ennuyeux et maussade, qui sévit surtout à Borne, pendant un siècle et plus après le Bçrnin, et, de là, infecta toute la chrétienté. La petite église tout à fait moderne du ,V«m de Jriui, est le dernier édifice de quelque apparence du (irand-Canal; c’est Selva qui en donna le plan et en dirigea en grande partie l'exécution. L'est un ouvrage classique, comme on0 l’entendait vers 18(10 en Italie comme en France.

Avec ces palais de la plus belle rue qui soit au monde, et avec ceux en assez

1. le chet de celte lignée Fut Pietro, auteur, entre autres monuments , de la tour de l’horlose Saint— Marc et du tornilenu du Oaille , a R a venue. Il eut deux lits. T ullin cl Ciulin Antonio, ,|u*il assnuin à la |)lu|Kirt de sis travaux et notamment à la cnnstruclinn du 1» au lumlvcau du cardinal Zeno dans Saint-Marc. Vient ensuite un Marlinn Lombardo, qui lit la Confrérie de Saint-Marc . nu des meilleurs édifices de Venise, et l’on croit qu'un certain Moro, architecte de l’eglise de Saint- Jean-ChrysoftlAme , ôtait son (ils. On cite enfin Sanie Lombardo , neveu de Tullio et de I i . Antonio , et auteur ptvMimé du palais Vendramin-CaHerghi , du palais T révisa ni à Saiule-Maric-Fuimose, de ta Scinda ili San-Rocco, etc., He

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grand nombre que nous avous oublié de nommer, combien d'autres encore non moins mngniliques, non moins grandioses,. et porteurs d'aussi beaux noms, s'élèvent de tous côtés nu sein de la Dominante ! A quel dilettante des choses d'art n'a-t-on pas fait admirer, sur le Mo di Pnlazzo , le palais Trevisani, avec sa noble façade en pierre d'I strie, revêtue de marbres grecs et égyptiens; à quel touriste n'a-t-011 pas dit que c'est là qu'habita jadis la belle Vénitienne Bianca Capcllo, la fille de lu république, si fameuse par ses mystérieuses amours et sa lin lugubre? I.e palais Labia, sur le Canarreggio, immense édifice de Cnminelli, et ses fresques du Tiepolctto; le palais Manfrin, avec ses galeries de tableaux, d'histoire naturelle et sa bibliothèque; celui des Priuli , autrefois Ruzzini ; celui des Malipieri , à Sainte-Marie-Formose , digne par son élégance, à défaut d’autres preuves, d’être attribué à Saute Lombarde, figurent aussi, et à juste titre, dans la liste des curiotilés de la ville.

.Mais ces édifices privés, lattis A grands frais par la plus riche et la plus orgueilleuse des aristocraties, servie par l’élite des artistes de la nation la plus merveilleusement douée du génie de l’art aux plus brillantes époques de son histoire, ne sont pas peut-être, malgré leur nombre et leur mérite, le côté le plus caractéristique de l’architecture de Venise; d’autres cités italiennes rivalisent avec elle sous ce rapport : Gênes, Florence , ont aussi des palais d’une physionomie plus originale, plus locale; Rome également. C’est surtout par ses monuments religieux, les églises et leurs dépendances, que Venise, ainsi que Rome, se distingue parmi toutes les villes de l'Italie et du monde. Les Vénitiens, comme, en général, les peuples navigateurs, ont montré dans tous les temps des sentiments de piété exaltée et un vif attachement aux pratiques du culte ; le clergé de Venise était le plus nombreux de la péninsule. Au x* siècle , on comptait déjà cent églises dans l'enceinte de Venise. Au moment de la dernière révolution , il y avait deux cent quatre-vingt-huit édifices consacrés au culte ou à la vie religieuse. Sur ce nombre , cent soixante-six furent démolis ou affectés A d'autres destinations. Il en reste encore cent vingt-deux.

Ce qui frappe le plus dans l'ensemble des églises de Venise et de la lagune, c'est la variété des types, bien plus marquée IA qu’ailleurs. Les conquêtes des Vénitiens, leurs voyages, leurs rapports avec toutes les contrées civilisées du monde, leur apportaient , avec les produits du commerce et de l'industrie des autres nations, des artistes, des modèles, des matériaux , et c'est de la réunion de ces diverses sources que naquit et se maintint longtemps ce goût mélangé de grec, de byzantin et d’arabe qui distingue la plupart de leurs monuments jusqu'à la fin du xv* siècle. L'histoire de l’architecture vénitienne, telle qu’on peut la lire surtout dans les églises, se diviserait assez facilement en quatre époques bien distinctes par le style sensiblement différent des édifices qui leur appartiennent. Quelques monuments principaux de chacune de Ces périodes en marqueront suffisamment les caractères. a,-

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2Xt HISTOIRE DI- VENISE.

l-a première époque, qui date à peu près de l’an 1000, s'étend jusqu'au commencement du xv' siècle. A ces temps reculés, c'est l'influence gréco-orientale qui domine. La petite église de Sainte-Fusrc ( Hanta Fuscu), dans l'ile de Torcello, à cinq milles de Venise, auprès de ia cathédrale, est un des plus anciens monuments de 'cet âge. (l'est un édifice octogone entouré d'un portique de dix colonnes de marbre lin et surmonté d’une coupole remarquable par sa solidité, et d’une élégance un peu barbare. La cathédrale, qui s’élève tout auprès, est du commencement dn xr siècle. Elle est à trois nefs, dont celle du milieu est formée par dix-huit grosses colonnes de marbre grec à chapiteaux variés ; les murs sont incrustés de marbres de dix erse» couleurs, et le pavé est en mosaïque, sorte de décoration très-commune daus les églises vénitiennes primitives. Le grand tableau en mosaïque, au-dessus du portail, est un de morceaux les plus considérables en ce genre. On le croit byzantin. Le Baptistère , placé en dehors de la basilique , suivant l'usage antique, est une rotonde ornée aussi de colonnes de beau marbre, débris de monuments plus anciens , apportés probablement de l’antique Attinum. Saint-Marc appartient à la même catégorie, ainsi que la façade extérieure de l’abside de Saïnt-Donato, à Murano.

Le vaste temple de Saint-Jean-el-Paul marque, dans cette môme période, une phase particulière, celle de l’introduction de ce qu’on pourrait appeler te goût gothique italien, sucoédant au goût gréco-oriental. On est autorisé à conjecturer que c’est Nicolas de Pise qui en donna le plan. C’est aussi ce premier chef de l'école pisane , la mère nourrice de l’art en Italie , qui , après avoir bûti Saint- Antoine de l'adoue, construisit à Venise l’église dite des Frari, le plus remarquable modèle de ce nouveau style italien '.

L’intervalle entre la moitié du xv'ct le commencement du xvr siècle, quoique embrassant à peine cinquante à soixante ans, constitue une deuxième époque, dans laquelle le système gréco-arabe et le gothique italien ont complètement disparu. C’est celle qui précède immédiatement la rénovation de l’architecture grécoromaine ; elle se distingue par l'apparition, malheureusement éphémère, d’un art charmant, plein de fraîcheur, d'élégante majesté et de grâce, dont notre époque française de la Renaissance , également trop courte, peut donner quelque idée, malgré des différences nombreuses. Elle est caractérisée surtout par les œuvres des Lombardi. Le palais Vendramm-Calcrghi en est la personnification la plus brillante et la plus heureuse. Parmi les églises construites dans ce goût, se distinguent, entre toutes, celle de Sainte-Mnric-des-Mirarles, avec son harmonieuse fuçade incrustée de marbres fins, sur lesquels rampent de gracieuses arabesques, ouvrage de ce Pietro Lombardi qui construisit aussi la lourde l'Horloge et l’école ou Confrérie de la Miséricorde; l'intérieur de l’église Saint-Pantin, et celle de Sai ut-Zacharie, attribuée à Martine Lombarde, un des plus grandioses de Venise. , ' .

t . O a peut citer encore parmi les mouillée utaiie cette première éponue une foule d’édifices pré- ('filnnmi’nt dôcrils, le palais ducal T les palais tlt; la ('.à tloro, Foscarf, Piaiiii , c!ç.

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