‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 89 sur 155 · I.RS BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

I.RS BEAUX-ARTS

A ce dernier architecte appartient encore un des chefs-d'œuvre de son temps ut de son école i la Confrérie de Saint-Mare, qui ne le cède qu'il un autre édifice du même genre, l'école de Saiiil-ltocli ( Scunla di Snn-Hurco ) , de son descendant Santé f.ombardo. La porte principale de l'Arsenal , le palais Contarini , le palais Trévisani, les Vieilles Proruralies, le Fondnco des Turcs , le palais des Cnmerlitfghi , les façades de la mur du palais ducal, sont autant de monuments de cette période privilégiée de l’art, qui, dégagé de la rouille de la barbarie, n’est pas encore tombé sous la main glacée de la science.

La troisième époque, la plus célébrée, et fort digne de l’être, du reste, est signalée par l’établissement universel de l'architecture antique, telle qu’elle fut alors reconstituée, par l'étude laborieuse et la mesure des monuments romains, interprétés à l'aide des commentaires de Yitruve. Les architectes de cette époque, et principalement ceux de lu haute Italie, furent presque tous des érudits, des théoriciens; plusieurs écrivirent des traités qui ont servi de code architectural à toutes les nations. Vignole, Palladio, Scamozzi , Seb. Scrlio, sont plus connus encore par leurs écrits didactiques que par leurs édiliecs.

C'est dans le xvr siècle que parurent tous ces savants maîtres et une foule d’autres non moins illustres, mais qui n'écrivirent point : Michel-Ange, Bramante, llalthnsard Peruzzi, les San Gallo, B. Anunanuti, Snnsovirio, et ce grand Sanmichcli, le Vauban italien, le créateur de l’architecture militaire, génie fécond, inventif, plein de ressources, original entre tous, et excellant dans tous les genres de construction civile , militaire et religieuse.

Le caractère le plus général de l'architecture de ce siècle en Italie est l'introduction du système des anciens et l'emploi méthodique des ordres à tous les édifices. Les talents les plus divers, même les plus originaux, adoptèrent et appliquèrent ces principes avec une unanimité sans exemple jusque-là dans l'histoire de l'art. Heureusement, dans cette première époque de l'architecture méthodique, érudite et raisonnée, le génie actif, les dons heureux, la fertilité des artistes italiens ne furent pas étouffés par l’esprit d'imitation. Ils poursuivirent avec l’enthousiasme et la verve de l’invention une entreprise de restauration qui , dans leurs principes théoriques, semblait ne pouvoir être exécutée que par le sacrifice de leurs propres inspirations et par une soumission absolue à l'autorité des exemples, ainsi qu'aux règles déduites de ces exemples. L'architecture italienne de celte période fut savante et systématique, mais, sauf quelques rares exceptions , elle ne fut pas pédante. Alliée à la peinture et à la sculpture , qui donnaient alors leurs plus beaux fruits, elle partagea pendant près d'un siècle leur brillante fortune, et ce fut aussi avec elles qu'elle tomba , avec le Bernin , Borromini et leur race , d'abord dans les concetti et la caricature , et ensuite dans l'immobile routine de l'art académique. jpK Parmi ces architectes du xvr siècle, dont nous venons de citer les plus fameux , nous n'en voyons guère que quatre qui aient laissé dans Venise même des

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