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monnments considérables : Sansovino , Palladio, Scamozzi et Sanmichcli. Sènsovino (né en 1179, mort en 1570) était Florentin , fils et élève de Florentins. Amené à Venise par le hasard des circonstances, il y obtint cl garda jusqu'à la fin de sa vie la place de premier architecte du gouvernement «. il apporta à Venise , en architecture et aussi en sculplure. le goût florentin , et y fonda une école nombreuse. Nous avons précédemment décrit quelques-uns de ses principaux édifices, tels que le palais Cornaro, la Zecca, la loggetta du Campanile, les Fabriche N'uove, et l’ancienne bibliothèque. A cette liste il convient d'ajouter: l'intérieur de l'église de San -Francesco délia Vigna, d'une majestueuse simplicité; l'escalier appelé scnla iT oro, et qui mérite bien ce titre, dans le palais ducal; l'église des Inrurables, de forme elliptique, et surtout celle de Saint-George des tirées , remarquable par la solidité, l'élégance et la richesse «le la décoration. Nous allons bientôt retrouver Sansovino et ses œuvres en sculpture.
Palladio était Virentin et sujet de la république. C’est le nom d’architecte le plus éclatant. On l'a appelé le Itaphaël de l'architecture. Il est particulièrement vénéré dans les académies, qui recommandent sa correction classique, son goût formé sur l’antique, son respect pour les règles, son style régulier et châtié. On pourrait le louer mieux encore en signalant sa fécondité d'invention dans les plans et la distribution intérieure des édifices, l’élégance, à la vérité un peu froide et compassée , de son dessin , et la gém ieuse harmonie de ses compositions , surtout dans les petits édifidés et les maisons privées. Ses œuvres sont disséminées par centaines dans le Vjcentin et dans les contrées voisines. A Venise il n'y n guère de lui que des «'■gliscs, genre d'édifices où il a été, ce semble, moins heureux que dans l'architecture civile. La plus vaste et la plus remarquable par son admirable situation est celle de San-fïiorgio-Maggiore , dans l’Ile de ce nom, en face de la Piazzetta de Saint-Marc. File est entièrement bâtie en marbre blanc, et exhaussée sur un terre-plein de sept marchas. Le plan est une croix latine à trois nefs. Au centre de la croisière s'élève une coupole en briques, revêtue a l’extérieur de bois et de plomb. Les arcs des nefs latérales sont soutenus par des pilastres corinthiens . entremêlés «le niches. Lu façade est ornée de quatre colonnes composites, sur piédestaux , surmontée* d'un fronton sous lequel viennent comme s'implanter deux autres demi-frontons indiquant les nefs latérales; dans les entre-colonnemcnts sont des niches avec des statues ; aux angles et au sommet des frontons du milieu et des côtés, des acrotères portent cinq autres statues. L'église du Rédempteur, à la (iiudecca, qui liasse pour un des chefs-d'œuvre du maître et de l'art, celle des Zitelle dans le même quartier, celle encore de San-Francesco délia Vigna, ont , dans la façade du moins , la plus grande analogie avec la précédente et la même physionomie. C’est toujours
I. Il 9'appelail Jacopo Tatii ; il fui surnomme Sansovino parce qu'il avait étudié sous Andrea - , Canlucci de nfionlc-Sausovino. Il eut un lils , Francesco Sansovino , qui s'est rendu c«*lèbre oonim#^^^^ historien , et nirtout par sa Description de Venise.
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LES BEAUX-ARTS
une porte cintrée, flanquée de quatre colonnes portées sur de hauts piédestaux ,
avec des niches dans les entre-colonnements, un Fronton central et des demifrontons latéraux. Cette disposition , d’une simplicité savante, offre, il faut le reconnaître, un caractère de dignité calme, une sorte d’élégance sérieuse, qui satisfont à la fois l'œil et le godt ; mais l'impression qui en résulte est toujours un peu froide et fugitive, il manque là ce je ne sais quoi d'imprévu, de puissant et de sublime, empreint dans les vieux édifices sacrés de toutes les nations et de tous les temps,
Srnmnzzi , né » Vicenré comme Palladio , se forma en grande partie sur les exemples de cè grand maître. Ses principaaux édifices à Venise sont le palais des Pccuraties Neuves, sur la place Saint-Marc et la façade du palais Contarini, * précédemment indiqués. Il donna, en outre, le plan de l'église de Saint-Nicolas des Tnlcntini et de celle de' Mendicanti et de l'hôpital qui y est joint; mais ces deux édifices; terminés après sa mort, reçurent de grandes modifications.
(Juanl à Sonmichcli, dont nous avons déjà admiré les palais Grimani et Mocenign, sur le Grand-Canal, son principal ouvrage à Venise est la forteresse de Saint- Audi .• du l.ido , bâtie sur un sol fangeux, au milieu des eaux, avec tant de solidité et de précision dans l'appareil qu elle ressemble à une montagne de* pierre vive d'un seul morceau.
Après cette brillante époque du vvr siècle, l'architecture vénitienne perdit tout caractère distinctif et se mit à la suite des mauvais maîtres de Rome , qui donnèrent alors le ton à toute l'Europe. Nous avons remarqué en passant quelquesuns des édifices élevés dans le cours des deux derniers siècles, l'église de la Soluté la Douane , le palais Rczzonico, etc.'; nous pouvons y joindre le théâtre de la benne, vaste et magnifique salle bâtie par Selva. I)u reste, les constructions de cette époque, relativement assez rares, sont pour la plupart disséminées dans
des quartiers peu visités, et n'ont que très-peu modifié l'aspect général de la vieille \emse. , :
Cependant , au milieu de cette décadence de l'art qui a précédé et accompagné
la décadence b- gouvernement vénitien a exécuté, à moins d'un siècle
•Imten aile, deux entreprises d'une hardiesse et d'une grandeur sans égales ■ les Murazzi et le viaduc sur la lagune.
: C'est sur le littoral ou lido de l’alestrina ', que se trouvent les Murazzi (gros murs), consistant en une longue jetée ou môle, destiné à protéger la lagune contre les irruptions de la mer. Cette digue, de deux milles de longueur, est formée
assisrs ,l'* l,iem‘ posées à plat, en retraite les unes sur les
autres, comme les relies d'un escalier, et cimentées avec la pouzzolane En
awmt de cette jetée, et sur toute la ligne, d'énormes quartie. -s de rochers ont
‘ i""""n'l,'s n" ha8ard P«ur rompre le premier choc des lames. Cet ouvrage d un aspect cyclopéen, fut commencé en 17ât et rapidement achevé. *