‹ Histoire de la republique de VeniseChapitre 96 sur 155 · I. Alexandre Yarolari, de Padou · texte numérisé non relu

I. Alexandre Yarolari, de Padou

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compositions dans le goût de Paul Véronèse, avec une facilité de pinceau et unfc richesse d’imagination dignes d’élre soutenues par un style moins banal et un coloris plus solide, plus vrai, plus brillant. Il affectionnait les tons gris et sales , et en obtenait souvent des elTets pittoresques et harmonieux. Sa manière fit/anojinno , comme disent les Italiens. Il peignit surtout à fresque. On peut voir à Venise, à l'église des Enfants-Trouvés, les plafonds de l'église et du chœur; aùx'Scalzi , deux autres plafonds; à l'école del Carminé, plusieurs tableaux de son meilleur temps; aux Jésuites, un plafond représentant la Vie de saint Dominique , d'un bel elTet. On ne cite ici que ses peintures d'apparat, celles qui firent sa réputation.

Le dernier des artistes vénitiens en renom , et aujourd'hui encore le plus connu, est Antonio Canal, surnommé leCanaletti, ce peintre ingénieux, fin, exact, précis et en même temps poétique, auquel on doit le plaisir de pouvoir parcourir les canaux et rues de Venise sans se déplacer. Nul peintre en ce genre n'a représenté les fabriques, le ciel, l'air qui les entourent, les eaux qui les traversent, avec plus de vérité locale , jointe à une exécution pleine de franchise et de liberté. Il y a desCanaletti partout, excepté à Venise même; mais dans les galeries on en compte beaucoup plus qu’il n'y en a en réalité. Il eut des imitateurs fort adroits, et son neveu Bellolti le singea si bien que sur trois tableaux attribués par les catalogues à Canaletti , il y en a au moins un de Bcllotti.

Canaletti mourut en 1768. Dans le reste du siècle, ni dans celui où nous sommes, il n’y a plus rien à chercher à Venise en peinture; et l'on peut même dire que de tous les pays de l'Europe, l'Italie , qui le croirait! est celui où cet art a été frappé de la stérilité la plus complète , de la plus mortelle impuissance. Depuis cinquante ans on n’a pas vu dans la patrie de Raphaël , de Corrègc , de Titien , un peintre d’une force un peu supérieure à celle des bons élèves de David ! La mort de l'art a coïncidé là avec la mort politique.

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