V. Crivelli; Màuri ; Berretta ; Greppi ; Beljiojoso
Secrétaire : Silva.
4 janvier 1848.
(Annexe n° 2.)
proclamation du vice-roi de la lombardie.
Le vicC'-roi du royaume lomhardo-vénitien aux habitants de la ville royale de Milan :
Les événements à jamais déplorables qui se sont passés à Milan , ces jours derniers, ont chagriné vivement mon esprit et blessé profondément mon cœur.
Après avoir vu, même dans les temps difficiles , les habitants de ces provinces donner des preuves irrécusables d'attachement à Sa Majesté et au gouvernement, je ne m'attendais pas à voir une partie de cette population , si pacifique et si respectueuse envers l'autorité , se laisser entraîner hors de sa
conduite ordinaire par l'impulsion de quelques hommes pervers, toujours hostiles à toute espèce d'autorité et d'ordre, qui se plaisent à répandre le mécontentement et à en développer las fâcheuses conséquences.
La marche régulière de toute administration peut toujours réclamer une amélioration progressive. Des manifestations turbulentes ne peuvent avoir d'autres résultats que de retarder la décision suprême sur ces améliorations , et de désappointer les espérances les mieux fondées, parce que je ne peux pas porter jusqu'au trône de Sa Majesté des désirs qui n'ont pas en leur faveur l'appui de cette modération toujours si désirable.
En même temps, outre mon vif désir de veiller à la sûreté personnelle de tous les habitants de cette ville; il est aussi de mon strict devoir de n'autoriser aucune combinaison de désirs particuliers , qui prétendraient contraindre la liberté individuelle que nos sages lois assurent.
Bien-aimés Milanais ! avant ce jour j'ai aussi reçu des preuves de votre attachement pour moi , et j'ai maintenant confiance dans votre prudence et votre modération bien connues. Soyez donc calmes ; ayez confiance en celui qu'on a nommé pour diriger et soigner vos affaires, et vous apprendrez bientôt ce que la bienveillance de notre souverain peut faire pour le bien public.
Signé Raniekï.
Milan, 6 janvier 1848.
IM CONSUÏ. GÉHÉRiL PAWKINS AU YICOMTil PALMERSTOPî. (Reçue le 17 janvier.)
Ifilan , 1 1 janvier 1848.
Mil or d ,
Depuis que j'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Seigneurie , le 6 du courant , la tranquillité de cette ville n'a plus été troublée. Les troupes ne sont plus consignées dans les casernes, et peuvent circuler comme à l'ordinaire; il y a seulement quelques patrouilles de plus dans les rues. Milan a repris son appa-
rence ordinaire ; cependant je crains que l'irritation causée par les derniers événements soit très-profonde et qu'elle ne s'efface pas facilement. Je suis fâché d'avoir à dire que le nombre des personnes blessées, dans les malheureuses dernières luttes, est plus grand que je ne l'avais mentionné : il s'élève, m'a-t-on assuré, à environ soixante, dont une ou deux sont mortes de leurs blessures. Une autre proclamation,dont je joins la copie, a été faite par le vice-roi ; Votre Seigneurie verra qu'il y est encore fait allusion à l'espoir que l'on concédera à Vienne quelques réformes. Si ces réformes ne répondent pas à l'attente du peuple ( et satisfaire à l'attente qu'on a laissé concevoir jusqu'à présent est presque impossible), je crains que la désaffection et le mécontement ne s'ensuivent.
Une légère émeute, qui a commencé parmi les étudiants , vient d'avoir lieu à Pavie; les troupes ont été appelées à disperser le peuple, dans lequel il y a eu quatre ou cinq blessures légères.
Les Milanais se conforment généralement à la résolution de ne plus fumer; cependant on voit quelques rares fumeurs qui passent sans être molestés. On a fait l'essai, qui a en partie réussi , de dissuader le peuple de mettre à la loterie dans le but avoué de nuire aux revenus du gouvernement. J'ai, etc.
Signé Clinton G. Dawkins.
(Annexe.)