‹ Histoire de la république de Venise sous Manin (volume 2)Chapitre 54 sur 60 · MINISTÈRE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES LAÏQUES N · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES LAÏQUES N

Excellence,

Je viens vous donner la réponse claire et prompte que demande la réponse de Votre Excellence, en date du 14 juin courant adressée au gouvernement que j'ai l'honneur de servir. Cette réponse est moins la mienne que celle du conseil des ministres que j*ai consulté à cet effet.

Je dois avant tout vous déclarer que mon gouvernement est bien touché des sentiments de reconnaissance que Venise lui exprime par votre intermédiaire, et par celui de votre chargé d'affaires. Il est vrai que nous avons fait pour les Vénitiens plus qu'aucun autre peuple de l'Italie ; et si nos malheurs actuels nous ont obligés à rappeler nos forces, il en est cependant resté une partie pour défendre Venise. L'indépendance de l'Italie étant l'objet principal des désirs et des vœux les plus ardents du ministère et des deux chambres, votre gouvernement ne doit pas douter qu'ils ne fassent tous les efforts possibles ; efforts que les chances contraires de la guerre n'ont point interrompus, et qui loin d'êire abandonnés maintenant,

sout repris avec confiance et courage. Les difficultés des temps, la position critique de nos finances, Tapprochede Tennemi aux confins de notre pays, feront bien clairement apercevoir à Votre Excellence la difficulté de préciser en ce moment, comment et quand nous pourrons envoyer de nouveaux secours en armes et en soldats. Toutefois nous avons prié le roi Charles- Albert, nous le prions et le prierons encore de secourir le pays vénitien. Étrangers à tout soupçon de conquête, nous avons vu uniquement et nous voyons encore dans la défense de ce pays, la défense commune.

Si l'heureux résultat de quelques négociations auxquelles notre gouvernement se prêtera avec joie, peut nous aider à préciser mieux et avec plus de sollicitude la nature et la quantité de nos efforts, nous le ferons non-seulement vis-à-vis du gouvernement venète, mais encore pour tous ceux qui en Italie peuvent avoir de commun avec nous les dangers et le besoin de la défense.

Mais quant à réclamer le secours de l'étranger, notre gouvernement ne saurait y voir une proposition , mais plutôt un moyen pour exciter les gouvernements à hâter leurs secours. Il y voit l'expression d'une résolution désespérée que les Italiens n'adopteront jamais tant qu'ils voudront et seront d'accord pour vouloir se suffire à eux-mêmes.

Je me flatte que les temps et les circonstances permettront à notre gouvernement d'être plus large dans ses offres et ses promesses envers tous ceux qui en Italie sont en danger de tomber sous la domination étrangère ; et dans cet espoir que je partage avec messieurs les ministres mes collègues, j'ai l'honneur de vous réitérer l'assurance des sentiments de profond respect et de considération distinguée avec lesquels je suis ,

De Votre Excellence,

Le très-humble et très-obéissant serviteur. Signé ; Giovani Marchetti.

Rome, 21 juin 1848.

A Son Excellence M. le président du gouvernement provisoire de la république de Venise.

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