‹ Histoire de la république de Venise sous Manin (volume 2)Chapitre 57 sur 60 · CONSULAT DE FRANCE A VENISE · texte numérisé non relu

CONSULAT DE FRANCE A VENISE

Venise, 8 juin 1848. , Monsieur le président,

J'ai l'honneur de vous informer que M. Vasseur, qui me remplace à Venise comme consul de la république française, prendra le service du consulat demain 9 du courant. Permettez, monsieur le président , qu'avant de prendre congé de vous , je vous exprime tous mes regrets de voir interrompues des relations auxquelles j'attachais un si grand prix, et de m'éloigner d'une ville où j'ai reçu un accueil si hospitalier. Parmi les souvenirs que j'emporterai de Venise, je n'oublierai jamai? l'admirable attitude qu'elle a su conserver sous votre administration, au milieu des circonstances les plus difficiles et des préoccupations les plus graves. Elle a offert un spectacle dont l'Italie et l'Europe entière ne peuvent manquer de lui tenir compte, celui de la modération dans la victoire et de l'ordre dans la liberté.

Nul ne fait des vœux plus sincères que moi pour que cette situation s'affermisse, et qu'un nouveau cours ds prospérité recommence pour celte ville illustre qui a rendu tant de services à la civilisation.

Veuillez agréer, monsieur le président, l'assurance de ma haute considération et de mon dévouement.

Le consul de France , Signé Limperani.

Monsieur le président du gouvernement provisoire de la république vénitiertne.

Venise, 27 juin 1849.

Monsieur,

Je vous remercie d'avoir bien voulu songer à m'adresser les quelques lignes de bienveillance auxquelles j'attache un grand prix, et dans cette occurrence toute fortuite, j'ai retrouvé avec bonheur quelques élans de ce patriotisme si pur qui a marqué tous vos actes et qui est votre impérissable honneur.

11 est vrai, monsieur, je n'ai pas sur beaucoup de points des appréciations semblables aux vôtres, et un de vos amis auquel je suis heureux d'avoir pu être utile, a pu vous dire que si mes opinions peuvent être controversées , elles sont toujours trèsfranches et se traduisent en actes quand il y a lieu , qui sont toujours avouables à tous et partout.

Si jamais un pays, un peuple, un chef de gouvernement mérita la sympathie et l'estime, c'est à coup sûr votre pays et le chef qu'il s'est donné. Dieu réservera, croyez-le, des jours meilleurs à Venise, et ce ne sera pas une des moins belles pages de son histoire que celle où, au milieu des convulsions de la guerre civile, et des excitations de toute sorte, elle sut se montrer jusqu'au bout patiente, dévouée, amie de Tordre et deslois.

Je vous ai dit combien personnellement je serais heuf-eux de faire quelque chose d'utile à vous et à votre pays ; si mon libre arbitre égalait mon désir, Venise serait libre et prospère, et en descendant, suivant les habitudes de mon esprit, sur ce terrain des faits actuels, il m'arrive bien souvent de chercher comme

on cherche la solution d'un problème, par quels moyens on peut aujourd'hui amoindrir le mal, créer une transition supportable jusqu'au jour marqué par le doigt de Dieu pour Faccomplissement de vos vœux. C'est là une grande et noble tâche quel que soit le succès partiel obtenu , et pour laquelle je suis tenté de regretter que Ton n'ait pas laissé au président toute l'initiative, toute la responsabilité. L'unité est la loi des moments suprêmes, et les hommes semblent ignorer ou oublier cette loi de la raison.

Si je ne craignais d'abuser de vos précieux moments, j'eusse été heureux de vous présenter quelquefois mes respects ; j'espère être assez heureux pour pouvoir vous dérober quelques moments un de ces jours et vous renouveler l'expression de mes sentiments les plus dévoués.

Signé Belyèze.

A M. Manin, président du gouvernement provisoire de Venise.

Venise, le 26 août 1849.

Monsieur,

Je conserverai avec bonheur le souvenir qui me parvient d*un homme dont la fermeté et les talents ont été à la hauteur d'une des situations les plus difficiles que je connaisse.

Placés à des points de vue très-différents, nous nous sommes toujours trouvés d'accord quand il s'est agi de choses droites, honorables et patriotiques. J'espère que des jours meilleurs luiront pour vous et pour votre patrie à laquelle je ne pourrai cesser de porter toujours le plus vif intérêt, et pour laquelle je suis heureux d'avoir pu faire quelque chose d'utile.

Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Le capitaine de vaisseau commandant la station navale française.

Signé Belvèze.

A M. D. Manin, à Venise.

DERNIER DECRET PAR LEQUEL MANIN DEPOSE SON POUVOIR ENTRE LES MAINS DU CONSEIL MUNICIPAL VENÈTE*. ^^

24 août 1849.

11 governo provvisorio di Venezia ,

Considerato che nna nécessita imperiosa costringe ad atti, ai quali non possono prender parte ne l'Assemblea dei rappresentanti, ne un potere emanato da essa, dichiara :

1° Il governo provvisorio cessa dalle sue funzioni;

'2° Le attribuzioni governative passano nel Municipio délia citlà di Venezia per tutto il territorio sin qui soggelto ad esso governo ;

3*» L'ordine publico, la quiète e la sicurezza délie persone e délie proprietà , sono raccomandati alla concordia délia popolazione, al patrioltismo délia guardia civica, ed ail' onore dei corpi militari.

Il présidente, Manin.

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