‹ Histoire de la république de Venise sous ManinChapitre 52 sur 57 · CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE A VENISE · texte numérisé non relu

CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE A VENISE

Venise, 8 avril 1848.

Monsieur le ministre ,

J'avais demandé à voir M. Manin, président de la république ; c'est tout le gouvernement en corps qui m'a reçu, M. Manin a bien voulu me dire que j'étais attendu avec impatience , que , sans douter des dispositions de la république française à l'égard de sa jeune sœur de l'Adriatique (je cite les propres termes de M. Manin) , on n'en aimait pas moins à recevoir à ce sujet quelques assurances directes. — Quoique parti de Paris sans instructions spéciales, je n'ai pas hésité à répondre à M. Manin que la nouvelle de l'émancipation des provinces vénitiennes aurait été accueillie en France par le gouvernement provisoire, comme par la nation entière, avec la plus vive sympathie : qu'il n'y avait point de pays en Europe , dont l'indépendance fût plus chère à la France que celle de la nation italienne; que l'on pouvait compter sur ces sentiments, et

que le monde entier savait que les allections de la France, quand elle possédait elle-même la liberté de ses mouvements, ne sont jamais stériles. M. Manin m'a dit alors qu'il espérait que les efforts réunis des différents États de l'Italie , que l'ardeur qui animait les populations de la péninsule, subiraient pour chasser l'ennemi de l'Italie ; qu'au besoin on aurait recours à l'héroïque générosité de la France ; que dès à présent cependant on aurait été heureux de voir quelques bâtiments de la marine franeaise se montrer dans l'Adriatique, et qu'il me priait même instamment, monsieur le ministre, de vous en faire la demande au nom du gouvernement. Le consul général de France à Venise ,

LllIPEKAKI.

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