‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 103 sur 177 · LIVRE TP.OISII^MK · texte numérisé non relu

LIVRE TP.OISII^MK

exchisivementdanslacoalUioii. Depuis troisjotirs, cinq ministres, MM. Pasquier, Siméoii, Portai, Mouiiier et Angles, avaient envoyé leur démission au duc de Richelieu. Ils n'entendaient la retirer que s'il se décidait à dissoudre la Clianibre, extrême parti, bien tardif maintenant, devant lequel il reculait. Il ne voulait pas d'ailleurs rester au pouvoir sans tous ses collègues, et repoussait une combinaison qui l'aurait maintenu avec M. de Serre et M. Roy, en leur associant quelques nouveaux venus, parmi lesquels MM. de Villèle et Corbière. C'est dans ces circonstances qu'il crut devoir faire une démarche auprès du comte d'Artois.

On se souvient qu'au moment où M. Decazes, après la mort du duc de Berry, abandonnaitle gouvernement, le duc de Richelieu, sollicité de le prendre à sa place, ne s'y était résigné qu'après avoir reçu du frère du roi la promesse formelle de son constant appui auprès de l'extrême droite. Pendant les deux années qui venaient de s'écouler, réduit à se débattre entre des difficultés nées de l'intolérance et des exigences de ce parti, il avait dû plusieurs fois se demander si le comte d'Artois lui tenait parole et le défendait contre les ultras. C'est sur ce point que, la situation s'aggravant de jour en jour, il voulait maintenant être fixé avant d'arrêter définitivement sa ligne de conduite. A peine commencé, l'entretien qui s'était engagé entre lui et le prince lui démontra que le concours sur lequel il avait le droit de compter allait lui faire défaut. Le comte d'Artois l'écoutait avec impatience, lui répondait à peine, lui conseillait d'abandonner l'élément ministériel-libéral et de s'entendre avec M. de Villèle pour former un imuveau cabinet dont il resterait président. Le duc de Richelieu, on le sait, ne voulait pas se séparer de ses collègues ; il le dit, et, après avoir exposé les forts de la droite, il ajouta qu'il dépendait de son noble interlocuteur d'y mettre fin. Celui-ci insista sur la nécessité de faire des concessions à ses amis, et, pour finir, allégua qu'il ne voulait se mêler de rien. Le duc do Richelieu lui

rappela alors ses engagements : « Ah! mon cher duc, s'écria le comte d'Artois, vous avez pris aussi les syllabes par trop au pied de la lettre. Et puis, les circonstances étaient alors si difficiles ! » Douloureusement surpris, le duc de Richelieu se retira et se rendit chez M. Pasquier, où il entra en disant : « Il manque à sa parole, à sa parole de gentilhomme! » Et, le même jour, il racontait à Louis XVIII la conversation qu'il venait d'avoir avec le comte d'Artois : « Que voulez-vous? objecta le roi ; il a conspiré contre Louis XYI, il a conspiré contre moi, il conspirera contre lui-même! »

Par malheur, cette observation, quelque juste, quelque prophétique qu'elle fût, ne pouvait sauver le ministère. Il était condamné ; le duc de Richelieu le comprit et donna sa démission. « Ce n'est pas le roi, ce n'est pas Monsieur, ce ne sont pas les Chambres qui me chassent, s'était-il écrié; une intrigue, oui, une pure intrigue dont j'ai été dupe, me met à la porte! » Il faisait allusion aux efforts des ultras, dont M'"* du Cayla, toute-puissante sur l'esprit de Louis XVIII, avait été l'instrument.

Le 1:2 décembre 1821, le ministère Richelieu cessait de vivre ; un nouveau ministère se formait en quelques heures, dans lequel ne voulut entrer aucun de ses membres. MM. de Villèle et Corbière, appelés chez le roi, y recevaient la mission de gouverner la France. Le premier prenait le portefeuille des finances, le second l'intérieur. La guerre était attribuée au duc de Bellune, maréchal de France; les affaires étrangères au comte Mathieu de Montmorency, une des créatures les plus éminentes de la Congrégation; la justice au comte de Peyronnet, procureur général k Bourges, la marine au marquis de Clermont-Tonnerre. Ces choix manquaient d'éclat, et la plupart des nouveaux ministres étaient peu capables. M. de Lauriston restait ministre de la maison du roi. Il ne devait pas y avoir de président du conseil. Toutefois, ayant que ces nomination^ ne devinssent définitives, M. de Villèle, qui était l'âme du

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