FIN DU MINISTÈRE YILLÈLE
( ['2 Décembre 18"21 — -2 Janvier 18'28)
AVENEMENT HE M. DE VILLELE — PREMIERES MENEES DES SOCIETES SE- CRÈTES — COMPLOTS D.YNS L'OUEST ET DANS L'EST — COMPLICITÉ DE PLUSIEURS DÉPUTÉS — LES QUATRE SERGENTS DE LA ROCHELLE — MODI- FICATIONS APPORTÉES A LA LOI SUR LA PRESSE — DISCUSSIONS PARLE- MENTAIRES — ÉLECTIONS DE MAI — MORT DU DUC DE RICHELIEU — AGGRAVATION DES ÉVÉNEMENTS D'ESPAGSE — M. DE ilO.NTMORE-NCY DÉSAVOUÉ PAR M. DE VILLÉLE.
Nous voici arrivés à une date décisive dans Thistoire de Li Restauration. Après les vains eirorts des royalistes modérés pour donner à la France un régime libéral fondé sur la Charte, efforts déjoués par les passions des ultras , la droite arrivait au pouvoir. C'était assurément un grand parti digne de l'exercer. Malheureusement, il comptait dans son sein des violents et des ardents dont les fautes l'avaient déjà compromis et devaient le perdre en perdant la monarchie du même coup. Il avait à sa tête un homme d'un rare mérite, M. deVillèle, malheureusement trop attaché aux idées de l'ancien régime, toujours préoccupé, selon la juste expression de M. Guizot, de faire prévaloir l'esprit du gou-
vernemeni sur l'esprit de parti, mais qui ne sut ni dominer ses amis , ni se séparer d'eux , et qui porta la responsabilité de leurs erreurs. Son avènement leur donna des espérances, dont il essaya vainement d'empêcher la réalisation. Il leur résista souvent, mais il leur céda toujours, et quand ils l'eurent irréparablement affaibli, ils le renversèrent. Toute l'histoire de son ministère de six années tient dans ces quelques mots.
Au moment où M. de Villèle prenait le gouvernement, les sociétés secrètes s'étaient organisées par toute la France, qu'elles enveloppaient comme d'un réseau. Des conspirations s'ourdissaient de toutes parts, elles avaient des ramifications dans l'armée. Le cabinet s'engagea contre elles dans une lutte qui dura plusieurs mois. Elles éclatèrent successivement. Ce fut d'abord à Saumur, où une première tentative échoua, le 25 décembre 1821, et où, le 18 février suivant, un officier supérieur des .armées de l'Empire , le général Berton, la recommença avec le concours de la société secrète des « Chevaliers de la liberté ». 11 marcha sur Thouars, le drapeau tricolore déployé, et s'en empara aux cris de « Vive la liberté ! vive Napoléon II ! » Puis il revint sur Saumur. Mais déjà les autorités étaient prévenues. Elles envoyèrent des troupes à sa rencontre; il licencia les siennes et prit la fuite. Ce fut ensuite à la Rochelle, où un régiment de ligne faillit se révolter à l'instigation de plusieurs sous-officiers. Le complot, dévoilé au dernier moment, avorta ; quatre sergents, Bories, Pommier, Raoulx et Gobin, arrêtés avec plusieurs de leurs complices, en portèrent toute la responsabilité. Ce fut enfin à Bclfort, où le colonel Pailhes, officier en demi-solde, leva le drapeau insurrectionnel. Les insurgés voulaient soulever l'Est. Là encore leur tentative fut déjouée.
Ces divers mouvements avaient été simultanés; ils procédaient tous d'une inspiration commune venue de Paris. Ultérieurement, il s'en produisit d'autres, notamment à