LIVRE QUATRIÈME. 3'2l
regretta cependant, car elle savait tout ce qu'elle lui devait. Tant qu'il était resté sur le trône, elle avait compris que la garde de son honneur et de ses intérêts était en bonnes mains.
Paris tit à Louis XVIII des funérailles solennelles, et toutes les pompes de la vieille monarchie française furent ressuscitées à Saint-Denis, dont les caveaux reçurent son corps le 55 octobre 1824.
DAiTiET. — !!istoirc ilc la Restauration-
322 HISTOir.E DE LA RESTAURATION.
AVÈNEMENT DE CHAULES X — FAUTE QV IL COMMET E.\ DEMANDANT A M. DE VILLÉLE DE GARDER LE POUVOIR — SON PORTRAIT — SES PREMIERS ACTES — SUPPRESSION DE LA CENSURE — QUESTIONS RELIGIEUSES — INFLUENCES CROISSANTES DES JÉSUITES — DEUX CENT CINQUANTE GÉ- NÉRAUX DE L'EMPIRE, MIS A LA RETRAITE — LOI ACCORDANT UN MILLION AUX ÉMIGRÉS — NOUVEAUX PROJETS DE CONVERSION DES RENTES — LOI SUR LES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES DE FEMMES — LOI DU SACRILÈGE — PROTESTATIONS QU'ELLE SOULÈVE — ELLE EST VOTÉE DANS LES DEUX CHAMRRES — MÉCONTENTEMENT DE LA FRANCE — VOTE DUNE INDEMNITÉ D'UN MILLIARD AUX ÉMIGRÉS DU GOUVERNEMENT — SACRE DU ROI — RUPTURE DÉFINITIVE AVEC CHATEAUBRIAND — MORT DU GÉNÉRAL FOY — INFLUENCES DES QUESTIONS RELIGIEUSES — LE COMTE DE MONTLOSIER.
Au moment où Louis XYIII allait expirer, des raisons nombreuses et puissantes commandaient déjà à M. de Villèle de quitter le pouvoir : l'échec de la loi qu'il avait présentée sur la conversion des rentes, son impopularité, et par-dessus tout la difficulté de gouverner qui résultait pour lui de la domination que son propre parti voulait exercer sur sa conduite politique. Ces raisons, on l'a vu, il ne les avait pas comprises. La mort du roi, l'avènement de Charles X les rendaient plus impérieuses; il ne les comprit pas davantage, ou, s'il les comprit, il n'en tint aucun compte, se contentant de l'assurance que lui donna le nouveau monarque, qu'il entendait continuer le gouvernement de son frère. Les ministres discutèrent entre eux la question de savoir si les circonstances leur ordonnaient de se retirer. L'ayant résolue négativement, ils firent connaître au roi qu'ils restaient à sa disposition ; il les invita à conserver leur portefeuille, et tout fut dit. Ce fut une irréparable faute pour la monarchie et pour M. de Villèle.
Charles X avait alors soixante-sept ans. Malgré son âge, il était vigoureux et alerte, aimant les exercices du corps