‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 131 sur 177 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

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COALITION CONTRE M. DE VILLÉLE — ATTITIDE LIBÉRALE DES PAIRS — gl'ESTIOXS RELIGIEUSES — FIN DE LA SESSION DE 18tîG — L'INSURRECTION GRECQUE — ALLIANCE DE LA RUSSIE, DE L'ANGLETERRE ET DE L\ FRANCE — COMBAT DE NAVARIN — LA SITUATION DE M. DE VILLÉLE ÉBRANLÉE — ÉTAT D'ESPRIT DE CHARLES X — LOI SUR LA PRESSE — DÉMARCHES DE l'académie — LA LOI EST REPOUSSÉE PAR LES PAIRS — IRRITATION DE M. DE VILLÉLE.

Une coalition des ultra.s et de la gauche s'était formée contre le ministère; elle avait Chateaubriand pour chef. «J'ai été ami sincère, disait-il; je serai ennemi irréconciliable;» et par toutes les indueiices dont il disposait, dans la presse, dans le Parlement, à la Cour, il faisait a M. de Villèle une guerre impitoyable. Nous avons tracé le tableau des inimitiés et des haines qui, de toutes parts, se déchaînaient contre le président du conseil; il y a lieu d'ajouter (|ue les ministres ne trouvaient plus aucun appui auprès du roi. Il recevait avec alTabilité les hommes de la contre-opposition de droite, qui allaient lui demander la retraite du cabinet, et dans sou entourage, choyés par lui, comblés de ses faveurs, M. deVillèle pouvait voir ses plus ardents ennemis.

Mais plus grandissaient les difficultés, moins il était disposé à se retirer. 11 cédait sans cesse pour n'être pas mis en demeure de (initier le pouvoir, même quand le roi lui demandait des mesures que, livré à lui-même, il n'eût pas adoptées, quoiqu'il restât toujours un homme de l'ancien régime. C'est ainsi (|ue pendant la session de 18!20, qui s'ouvrit le 31 janvier, il dut présenter aux Chambres une loi d'après laquelle tout propriétaire payant au moins 300 francs d'impôt foncier était autorisé à avantager dans des proportions considérables l'aîné de ses héritiers. Cet avantage même était de droit, ta défaut d'un vœu formel du testateur. C'était le rétablissement du droit d'aînesse. L'opi-

nion, excitée déjà par la loi du sacrilège et par celle qui accordait un milliard aux émigrés, se souleva contre ce retour à l'ancien régime, contre cette reconstitution de Taristocratie territoriale.

Il appartenait à la Cliambre des pairs, plus libérale et plus nationale que celle des députés, de faire justice de ces dispositions si contraires aux mœurs modernes. Elle les repoussa après un habile discours de M. Pasquier. Ce vote accrut la popalarité des pairs entre les mains desquels les amis des principes libéraux et modérés avaient placé toutes leurs espérances. Paris illumina pour fêter la défaite du gouvernement.

Dans cette même session, les débats qui s'engagèrent sur le budget servirent de prétexte à de nouvelles attaques contre les ministres, surtout de la part de l'extrême droite. Dirigée en apparence par M. de la Bourdonnaye, en réalité par Chateaubriand, elle était devenue pour le cabinet beaucoup plus dangereuse que la gauche. En lui répondant, M. de Villèle traça le tableau des actes de son ministère. On l'avait accusé de subir les enivrements du pouvoir; il répondit que les ministres étaient plutôt disposés à céder au dégoût de leurs fonctions.

La question religieuse revint aussi sur l'eau. Le ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique, -M. Frayssinous, voulut indiquer à la tribune ce qui le séparait de l'abbé de Lamennais, qui l'attaquait tous les jours. Partisan des doctrines gallicanes, il prononça un long, inutile et dangereux discours. Il s'engagea dans une réfutation des accusations d'intolérance dirigées contre le clergé. Il se fit le défenseur des Jésuites, et, tout en reconnaissant que les Jésuites rentraient peu à peu, subrepticement et par la ruse dans des situations qu'ils n'avaient pas le droit d'occuper, il déclara qu'ils n'étaient pas dangereux, puisque, sur cent un petits séminaires, ils n'en dirigeaient que sept. C'était un aveu maladroit qui fournit des armes à

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