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Topposition, et M. Casimir Périer s'en servit pour ajoutei' un trait nouveau à la campagne antiministérielle.
A la Chambre des pairs, où le même débat se reproduisit, ce lut encore M. Pasquier qui monta à la tribune pour rappeler que le gouvernement s'était engagé à ne pas laisser des congrégations d'hommes s'introduire en France, sans y être autorisées par la loi. Qu'était devenue cette promesse?
La session de 182G se termina sur ces incidents, laissant dans les esprits un trouble plus profond que celui qu'y avait laissé la session précédente. Les diatribes de la presse de gauche, les fureurs des ultras, les chansons de Déranger, et, planant sur ces choses, l'antagonisme du clergé et de la magistrature, tels sont les principaux traits de ce temps. Le pays était en ébuUition, inquiet de tous les périls que l'impérilie des gouvernants amassait sur lui. Les plus simples incidents de la vie publique devenaient une cause de trouble. }[. de Montlosier avait adressé à la Cour royale une adresse contre l'existence des Jésuites : la Cour royale se déclara incompétente, mais, non sans viser les édits, décrets, lois et arrêts qui interdisaient en France le rétablissement de la Compagnie de Jésus, en raison de l'incompatibilité reconnue entre ses principes et l'indépendance de tout gouvernement.
Malheureusement, cette attitude de la haute magistrature ne calmait pas les esprits. Le jubilé entraînait des désordres à Lyon et à Brest, comme au Havre et à Rouen. Les obsèques civiles du grand tragédien Talma servirent de prétexte au renouvellement de ces manifestations. Tel fut le caractère de la session de 1826. Celle de 18:27 n'en dilféra pas sensiblement et s'aggrava de circonstances imprévues, telles que la mort et les obsèques de l'ancien député Manuel.
La politique extérieure préoccupait aussi le gouvernement. A la fin de 1825 était arrivée à Paris la nouvelle de la mort du tzar Alexandre, grave événement, si l'on songe au rôle que, depuis quatorze ans, ce souverain avait DAVDET. — Histoire de la Restauration. 22
joué dans les affaires de la France, rendu plus grave encore, par l'insurrection i^recque qui ne s'apaisait pas et menaçait l'Europe des conflits périodiques de l'insoluble question d'Orient. Cette insurrection depuis s'était accrue. En 18:27, elle était à l'état aigu. La lutte des Grecs contre les Turcs durait depuis sept ans. Les Grecs combattaient avec une héroïque énergie, et l'Europe ressentait la plus vive émotion, provoquée par l'exemple de cette opiniâtre constance. Pour en avoir raison, le sultan avait fait appel au pacha d'Egypte. Mais ce dernier, après avoir envoyé des troupes pour réduire Missolonghi, qui se défendait avec ténacité depuis plusieurs mois, avait odieusement abusé de sa victoire. L'Angleterre et la Russie s'étaient alors mises en avant, otfrant d'être médiatrices entre la Turquie et la Grèce. Cette offre avait été écartée. Elle fut faite de nouveau en février 1827, mais, cette fois, avec le concours de l'Autriche. Il y avait urgence d'agir, urgence d'autant plus impérieuse que les Turcs, s'étant emparés de l'Acropole d'Athènes, l'avaient incendiée; la ville et le port semblaient menacés, et la Grèce perdue.
Le 0 juillet 18:27, la Russie, l'Angleterre et la France signèrent un traité déclarant que si dans un mois la Sublime-Porte n'avait pas accepté leur médiation, elles l'imposeraient et s'opposeraient par la force à des échauffourées nouvelles. Les Turcs tinrent peu de compte de cet avertissement. Ils persistèrent dans leur conduite et leurs desseins, malgré la défense rigoureuse qu'on leur avait adressée. Ibrahim Pacha, fils du vice-roi d'Egypte, refusa de remplirles conditions de l'armistice qu'on lui offrait. L'amiral de Rigny, uni aux escadres anglaise et russe, détruisit à Navarin la flotte égyptienne.
La Grèce fut ainsi sauvée, grcàce à son intrépidité, grâce aussi aux hommes d'État français qui étaient parvenus à lui faire envoyer des secours, grâce surtout au grand ministre britannique Canning, que la mort frappa au moment où
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son œuvre paraissait achevée. Mais lelie était l'ardeur des iioslilités déchaînées contre M. de Yillèle, que le retentissement causé par le combat de Navarin ne profita pas à son ministère. On admira l'armée et les marins ([ui venaient de briser les fers de la- Grèce, mais non les hommes d'État dont la politique avait amené ces résultats et M. de Yillèle moins encore qu'aucun d'eux.
Contre tant d'ennemis venus de tous les coins de l'horizon politique, dont les uns avaient dressé leurs batteries dans le camp libéral ou dans le camp royaliste, jusqu'au cœur de la cour, et dont les autres, pour employer le langage de l'un d'eux, (( tiraient sur luipar les fenêtres des sacristies, » M. de Yillèle n'avait pour se défendre que son énergie personnelle et le roi. Charles X le soutenait encore contre la coalition, comme autrefois Louis XYIII l'avait protégé contre les colères de M. Chateaubriand et les petites conspirations de Sosthènes de la Rochefoucauld et de M""" du Cayla. Mais dans l'appui qui lui venait du trône et qu'il considérait comme sa dernière ressource, puisque cet appui seul pouvait lui permettre d'exécuter les plans qu'il avait conçus pour b;-i.ser les hostilités exaspérées autour de lui, il constatait déjà des défaillances. Il ne retrouvait plus auprès dn roi cette sûreté, celte sérénité de relations, qui, si longtemps, avaient coaslitué sa principale force.
Ce n'est pas que le roi désapprouvât sa politique; Charles X n'avait pas cessé d'être d'accord avec son ministre et de ratifier ses actes d'un consentement absolu, fortifié d'une constante amitié ; mais lorsque, après trois ans de règne, il lui suffisait de lire et d'entendre, pour mesurer aux violences de la presse et de la tribune les progrès réalisés par l'opposition pendant ce temps, lorsqu'il voyait deux des principaux chefs royalistes, Ciiateaubriand et M. de Montlosier, irrévocablement engagés, l'un contre le cabinet, l'autre contre le clergé; lorsqu'il pouvait constater l'influence et la renommée accjuises par un chansonnier, habile
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;i traduire en vers passionnés les préjugés et les rancunes j)opulaires contre la monarchie et l'Eglise; lorsqu'il voyait les tribunaux acquitter les publicistes traduits à leur barre par le ministère, et en raison de ces acquittements, accueillis par des applaudissements qui étaient une injure à la couronne, les ressorts du pou.voir allaililis et impuissants ; lorsque, enfin, il surprenait ses courtisans, acharnés à perdre M. de Villèle, faisant remonter jusqu'à ce dernier la responsabilité d'un péril dont ils traçaient un tableau alarmant et assombri, le roi oubliait que ce péril était moins l'œuvre de son ministre que celle de ses accusateurs. Il sentait sa confiance ébranlée. Il se demandait, non sans angoisses, si l'impopularité du cabinet n'allait pas rejaillir jusque sur lui-même, et la trace de ses préoccupations, bien qu'il s'elTorçàt de les dissimuler, était découverte par ses intimes, qui ne manquaient pas de s'en prévaloir pour donner de plus belle, carrière à leurs perfides projets. Vn jour, ils l'avaient entendu murmurer : « Yillèle ! toujours Villèle ! »
Si Charles X avait possédé la même précision de coup (l'œil, la même sûreté de jugement que son prédécesseur, il n'aurait pas tardé à reconnaître que, lorsque M. de Villèle s'était compromis à son service, c'était moins pour avoir résisté aux exigences du parti de la cour, qui tiraient leur origine des complaisances et de la faiblesse royales, et leur force de la complicité inconsciente du prince, que pour leur avoir cédé trop souvent. Il aurait compris que, pour écarter les dangers qu'il pressentait plus qu'il ne les voyait, il ne suffisait pas de remplacer les personnes, mais qu'il fallait changer un système de gouvernement où les projets les plus sages et les intentions les plus droites étaient entravés par la domination d'un parti plus puissant que les ministres, plus puissant que le roi lui-même, et qui pouvait s'autoriser de divers encouragements de ce dernier ; parti trop dépourvu d'influence pour empêcher le mal, assez fort
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cc'pi'iulant pour empêcher le bien, inhabile à l'accomplir el aux yeu\ duquel la Charte, considérée non comme le résumé des garanties mutuelles indispensables à l'accord de la couronne avec le pays, mais comme une erreur du feu roi et une loi indigne de respect, était destinée à succomber le jour où le trône aurait peu à peu reconquis la totalité du pouvoir, en même temps qu'assez de force pour refuser ta la nation de le partager avec elle.
Il aurait enfin compris que ralîaiblissement progressif de M. de Villèle tenait surtout à l'impossibilité où le président du conseil s'était trouvé de persuader à la France qu'il voulait sincèrement le maintien de la Charte, alors qu'elle n'avait pas de pires ennemis que les hommes placés le plus avant dans la confiance du roi et h l'influence desquels luimême n'avait pas su toujours se soustraire.
Malheureusement, Charles X ne s'était initié qu'imparfaitement aux idées de son temps et se révoltait à la pensée de se plier aux règles du gouvernement représentatif. II était loin d'avoir le tempérament d'un monarque absolu, et il exprimait une vérité quand il s'écriait un jour : « Alors même que vous pileriez tous les princes de la maison de liourbon ensemble, vous n'y trouveriez pas la matière d'un tyran. » Mais il exprimait non moins sincèrement sa défiance contre le régime parlementaire et contre la Charte, (juand il prononçait ces paroles : « J'aimerais mieux scier du bois que de régner à la façon du roi d'Angleterre. ^> C'est cette défiance qui l'a perdu et non quelques concessions tardives, incomplètes, faites à contre-cœur et dépourvues de sincérité, auxquelles un peu plus tard, malheureux et exilé, il attribuait ses malheurs et sa chute. Si, moins soucieux de sa prérogative royale, qu'il défendait même (juand elle n'était pas attaquée, ce souverain aimable, séduisant, généreux, avait eu l'art ilo secouer le joug de ses courtisans, leur influence n'aurait pas creusé un abîme entre le pays et lui; elle n'aurait [)as contribué au renver-
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sèment de deux ministères, fait voler des lois funestes et porté au pouvoir ce malheureux prince de Polignac, qui devait perdre la monarchie pour avoir cru, comme son roi, (jue la France était disposée à se laisser ramener à l'ancien régime et que, pour l'y conduire, il ne s'agissait que de savoir s'y prendre.
C'est cette influence que M. de Villèle retrouvait jusque dans l'esprit du souverain au moment où, prêt à reparaître «levant les Chambres, il dressait le bilan des forces dont il pouvait disposer et reconnaissait que la sympathie et le goîil très vif du roi pour sa personne formaient la plus solide assise de ses moyens de résistance, mais aussi la plus insuffisante.
Il est dès lors facile de comprendre ses inquiétudes au commencement de cette session. Elle débuta, dès l'ouverture de la discussion de l'adresse, par d'orageux débats sur les affaires de Portugal et sur l'intervention de l'Angleterre, qui venait d'envoyer des forces militaires à Lisbonne, en s'autorisant de l'expédition française en Espagne peu d'années auparavant. Dès ce moment, et bien qu'il fût parvenu à réunir la majorité numérique, le ministère put constater sa faiblesse et l'audace de ses adversaires. Il faut lire les débats parlementaires de ce temps, les journaux, dont le tirage n'avait jamais été plus consiilérable, les Ijrochures sorties de plumes illustres, pour apprécier en quel discrédit était tombé le gouvernement de M. de Villèle, et l'énergie qu'il dut déployer pour dominer les passions déchaînées contre lui. Il avait pris en d'autres temps envers l'extrême droite, l'engagement de présenter une loi sur la presse. Il ne recula pas devant cet acte. 11 le fit au milieu des clameurs de l'opinion .
Le « Moniteur », répondant aux premières attaques dont cette loi fut l'objet, la (jualifia, assez étrangement d'ailleurs, de loi de <( justice et d'amour ». Cette qualification mit le comble à l'exaspération publique, en même temps que les