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au i;ouvei'neinciU la pélition de M. de Montlosier, qui déiionrait l'envaliissement d'une partie du clergé, ses empiétements sur l'autorité civile, et les congrégations illégales. Il manifestait ses rancunes contre elle, quand, par allusion à la promotion qu'il méditait, il prononçait ces paroles, que l'on regrette de trouver sur ses lèvres: « Des pairs! j'en ferai tant, qu'il sera honteux de l'être et honteux de ne l'être pas. »
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\£\VE DU 11) AVRIL 18-27 — LETTRE bE CHATE.VLBRIANO — LA DCCUESSE D'AXGOCLÈME et LA DUCHESSE DE BERRY SONT HUÉES — DISSOLUTION DE LA GARDE XATIOXALE DE PARIS — DÉMISSION DU DUC DE DOUDEAUVILLE — REDOUBLEMENT D'HOSTILITÉS — INTRIGUES DE LA COUR — CLÔTURE DE LA SESSION DE 1827 — LE ROI DÉCIDE LA DISSOLUTION DE LA CHAMBRE.
Ces divers incidents n'étaient pas encore apaisés qu'il s'en produisit un autre plus grave qu'aucun d'eux, surtout par les conséquences qu'il fit naître. Le 16 avril 1827, divers détachements de la garde nationale occupaient exceptionnellement et suivant un usage qui datait de la Restauration, les portes du palais des Tuileries, à l'occasion de l'anniversaire de la rentrée du comte d'Artois à Paris. Le roi les passa en revue dans la cour du Carrousel. Le duc de Reggio, qui les commandait, profita de cette circonstance pour le supplier de consentir à une revue générale de la garde nationale de Paris. Le roi répondit en fixant à quelques jours de là, an 29 avril, cette solennité. C'est seulement quand cet engagement eut été pris, que M. de Yillèle en eut connaissance. Il comprit que le roi venait de fournir involontairement à la population parisienne l'occasion qu'elle cherchait d'affirmer ses sentiments, lesquels étaient notoirement hostiles au ministère. Il présenta des observations respectueuses, qui troublèrent le prince et lui firent proposer de revenir sur sa décision et de contremander la revue. Mais M. de Yillèle lit remarquer que le remède serait pire que le mal et que toute modification dans le programme arrêté déjà serait imputée au roi comme une preuve de faiblesse.
Dans plusieurs conseils successifs, les minisires examinèrent tour à tour les motifs qui militaient en faveur du maintien de la décision royale et ceux qui étaient de nature à la faire annuler. Ils allèrent jusqu'à offrir leur démission
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au roi, qui n'en voulut pas, bien qu'il y eût de sa part quelque mérite à la refuser. Des lettres, des avis mystérieux lui prédisaient une catastrophe pour le soir de la revue, si les ministres conservaient le pouvoir, et Chateaubriand lui écrivait afin de lui signaler le péril auquel allait être exposé le trône. Il lui conseillait de sacrifier ses ministres, d'obtenir d'eux leur démission et d'éviter ainsi qu'on l'exigeât. Sa lettre se terminait en ces termes : « Sire, pour avoir osé écrire cette lettre, il faut que je sois bien persuadé de la nécessité de prendre une résolution; il faut qu'un devoir bien impérieux m'ait poussé. Les ministres sont mes ennemis, je suis le leur. Je leur pardonne comme chrétien; mais je ne leur pardonnerai pas comme homme; clans cette position, je n'aurais jamais parlé au roi de leur retraite, s'il n'y allait du salut de la monarchie. »
Eu dépit d'opinions aussi unanimes, il fut décidé que larevue aurait lieu à !a ilate indiquée. Eu arrivant au Champ de Mars, où les légions étaient massées, devant cent mille spectateurs, le roi fut accueilli par des acclamations d'abord sympathiques, mais auxquelles se mêlèrent bieijtôt des cris hostiles au ministère: « Vive la Charte! A bas les ministres! A bas les jésuites! A bas Villèlc ! » Un garde national osa même sortir des rangs, arrêter le cheval du roi, qui marchait en tête d'un brillant cortège, et les répéter avec vivacité : « Je suis venu ici pour recevoir des hommages et non des leçons! » dit le roi avec autant d'à-propos que de dignité. Les manifestations parunMit s'apaiser, et la revue s'acheva sans incident. Mais lorsque (^-Iiarles X eut quitté le Champ de Mars afin de rentrer aux Tuileries, la foule se porta autour de la voiture dans laquelle se trouvaient la duchesse d'Angoulême et la duchesse de Berry, qui stationnait devant l'Ecole Militaire. Là, les cris redoublèrent, les princesses furent huées. Elles rentrèrent au palais, péniblement impressionnées. Le roi les y avait devancées. En descendant de cheval, ignorant encore la manifestation dont
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elles venaient d'être l'objet, et s'adressaut au duc de Reggio, il lui dit: « Mon cher maréchal, il y a eu quelques brouillons; mais la masse a été bonne. Dites à la c^arde nationale ([ue j'ai été content de sa tenue et que telle est, d'ailleurs, ma confiance en elle, que je veux lui laisser le soin de faire justice de ceux qui, dans cette occasion, viennent de se montrer indiirnes de lui appartenir. Faites un ordre du jour, mais soumettez-le moi avant de le publier. » Ce langai;e, rapporté quelques instants après au maréchal Soult, répondait si mal à. la gravité des faits, qu'il lui arracha cette objection : i( Le roi n'est pas difficile. »
Pendant ce temps, M. de Villèle, qui n'assistait pas ta la revue et en avait attendu le résultat au ministère des Finances, rue de Rivoli, était tenu au courant des événements qui viennent d'être racontés. Il put bientôt en apprécier luimême la réalité. Placé à la fenêtre de son appartement la plus rapprochée de la place de la Concorde, derrière les persiennes closes, il vit défiler une des légions qui revenait de la revue et dans laquelle plusieurs députés commandaient des compagnies. Quand cette légion fut arrivée devant le ministère, les tambours cessèrent tout à coup de battre; mille cris de fureur, que dominait celui de « A bas Villèle ! » retentirent. Ceux qui les poussaient brandissaient leurs armes en menaçant. « Je suivais, a écrit M. de Villèle, je suivais intérieurement, de croisée en croisée, en traversant les salons, la marche de ces forcenés jusqu'aux appartements occupés, sur la rue de Rivoli, par ma vieille mère et ma famille, que je voulais rassurer par ma présence et par mon calme. » 11 devait dîner ce soir-Là, avec tous les ministres, chez le comte Apponyi, ambassadeur d'Autriche. Il attendit jusqu'à la dernière heure pour s'y rendre, croyant toujours que le roi allait le faire appeler. Son attente étant vaine, il partit après s'être assuré que CharlesXvenait de rentrer aux Tuileries et que tout péril immédiat avait disparu. Mais il était à peine à table depuis quelques instants, quand
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un personnage de la cour vint se placer derrière sa chaise et lui dit à voix basse : « Le roi nrenvoie vous dire de vous rendre auprès de lui. » Il prit aussitôt congé de la comtesse Apponyi et suivit l'envoyé du roi.
Quand il arriva aux Tuileries, ce dernier ne s'était pas encore rendu compte de la gravité des événements. On ne lui eu avait rien rapporté, si ce n'est celui qui s'était passé sous les croisées du ministère des finances. Il ne mandait M. de Yillèle que pour lui témoigner sa contiauce et sa sympathie. Faisant bon marché de ce qui le concernait, le président du conseil apprit au roi toute la vérité. « Que conseillez-vous ? » demanda le prince. « Je conseille de dissoudre, ce soir même, la garde nationale de Paris, et de s'en rapporter à celte mesure de force et de justice pour prévenir les suites de la tentative la plus audacieuse de la révolution depuis le commencement de votre règne. »
Le roi approuva cette proposition. Quelques heures après, elle était ratifiée par le conseil , réuni au ministère de l'intérieur. Deux des membres du cabinet, le duc de Doudeauville et M. de Chabrol, s'y montrèrent seuls rebelles. Le premier affirma même pui)li(iuement sa résistance et donna sa démission. L'ordonnance de licenciement, rendue publique le lendemain, ne souleva pas dans le public toutes les colères auxquelles M. de Yillèle s'était attendu, ou, du moins, elles n'osèrent se manifester. Le ministre écrivait : « Paris n'a pas bougé, » et l'un des familiers <le la cour, le duc de Rivière, caressant l'arrière-pensée d'une modification de la Charte, disait, en constatant la résignation des Parisiens : « Le roi peut tout. »
Il est difficile de blâmer l'énergie dont M. de Yillèle avait fait preuve en cette circonstance. En dépît des services qu'elle a rendus, la garde nationale a joué, dans l'histoire de ce pays, un rôle trop néfaste pour qu'on puisse considérer comme une faute le fait d'avoir réprimé légalement une manifestation que le gouvernement ne pouvait tolérer.
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Mais cette répression, qui devait engeiuirer tant de colères et accroître la violence des passions exaspérées, eùt-elle été nécessaire si M. de Villèle se fût retiré plus tôt? A cette heure, sa retraite devenait impossible, car, au lieu de fortifier le pouvoir, elle Teùt affaibli en transformant en un acte irréparable de pusillanimité ce qui, durant les temps calmes, n'est que la conséquence du jeu régulier des institutions parlementaires.
Tel était le résultat de la politique de M. de Villèle. Elle en eut un autre, celui de fournir un aliment nouveau aux violences de la tribune : «^ Quel est l'appui du gouvernement ? s'écria Benjamin Constant : dans la population de Paris? Il l'a outragée! Dans l'opinion ? Il l'a soulevée ! Dans la pairie ? Il ne peut la dominer qu'en la dénaturant par des nominations abusives! Dans la magistrature? Elle lui résiste au nom de la justice. » « Un pareil système, disait encore un orateur du centre, doit avoir un terme, car la corruption est un principe inexorable de décomposition dans l'ordre moral comme dans l'ordre physique! » (( Ministres du roi, ajoutait un orateur de la droite, il vous reste un grand service à rendre au trône et au pays, un service immense, le seul qui puisse réparer le mal que vous avez fait; c'est de vous retirer ! Vous êtes destitués par le pays 1 Toutes les supériorités vous effrayent, le cri même de « Vive le roi ! » vous accuse : vous l'avez étouffé sur les lèvres de la garde nationale de Paris ! » Et le général Sébastiani résumait ces sentiments par ces mot.^ : « L'indignation est unanime! »
A dater de ce moment, les débats parlementaires, les procès de presse, la constitution de la société « Aide-toi, le ciel t'aidera, » qui comptait sur ses listes les noms les plus connus de la jeunesse libérale; les obsèques de Manuel, auxquelles assistaient cent mille personnes, et à leur tète MM. Laffitte, Déranger, Tliiers, de la Fayette; l'acquittement de M. Mignet , traduit en police correctionnelle
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comme auteur d'une brochure dans laquelle étaient racontées ces funérailles mémorables , en un mot , les divers incidents de la vie publique propres aux temps agités et aux grands pays, servirent de prétextes à des récriminations véhémentes , à des manifestations hostiles auxquelles l;i presse se plaisait à servir d'écho. « Ministres du roi, disait le « Journal des Débats «, nous vous accusons d'un comploi de trois années contre la nécessaire union du roi et d( la France. »
Les journaux royalistes ne parlaient pns avec moins de violence. A la Chambre des pairs, à l'occasion d'une discussion sur l'ordonnance qui réglait la dotation de cette Chambre, un royaliste, M. Hyde de Neuville, ami de Chateaubriand, ei que nous verrons bientôt sur les bancs du gouvernemeni, osait reprocher aux ministres d'avoir détourné les fonds d<' l'Etat au profit de leurs créatures, et les menacer de provoquer leur mise en accusation, prêtant ainsi les mains à uni' calomnie odieuse qui représentait, contrairement à la vérité, M. de Yillèle comme enrichi durant son passage au pouvoir. Qu'on ajoute à ces traits les exigences du clergé, plus quijamais surexcitées, se traduisant par les plaintes du cardinal de Latil, celui-là même que l'abbé de Lamennais, encore plus exagéré que lui, appelait traître à l'Église, et par la demande d'accorder aux ecclésiastiques la tenue des registres de l'état civil, et l'on aura le tableau réel des fièvres ardentes qui troublaient et agitaient les esprits et préparaient la catastrophe.
Puis, c'étaient les intrigues de cour, les efl'orts de M. de Polignac et de ses amis pour conquérir le gouvernement, la rentrée en faveur des personnages dont M. de Villèle, après avoir constaté qu'ils travaillaient à le perdre , avait précédemment obtenu l'éloignement, et auxquels le roi rendait ses bonnes grâces, comme s'il eût pris plaisir à encourager leurs manœuvres contre le ministère.
M. de Villèle, assistait mécontent, mais résigné, à ce dé-
3r.2 HISTOIRE DELA nESTAURATION.
chaînement d'hostilités et (rintrigues. Lorsque, iilus tard, il en retracera le récit dans ses notes politiques écrites assurément en \iie de la postérité, il s'écriera : « Tout cela était d'une faiblesse destructive de tout gouvernement ol désespérante pour celui qui en supportait toute la responsabilité avec tout le poids des affaires. Mais il n'était pas et ne prétendait pas être le cardinal de Richelieu. Il n'en avait ni le caractère, ni l'ambition, ni les facultés supérieures. 11 ne les enviait même pas. Quand il eût été tout autre, sous ce rapport, comprimer et annuler son roi, opprimer le neveu de son roi, la fille de Louis XVI, la veuve du duc de Berry, exiler hors de France le nouveau Gaston d'Orléans et sa nombreuse famille, faire tomber les têtes des pyi;niées de cour, plus danirereux peut-être avec leur influence sur le roi et sa famille et leurs menée sfâcheuses à la Cour des pairs que les Montmorency et les Cinq-Mars, était un rôle qu'il n'aurait jamais ambitionné ni accepté. Au lieu de cela, il faisait donner sa démission à son fils et l'envoyait avec sa femme et ses filles, préparer son logement à Morville )•>.
Nous avons cité ce passage éloquent, parce que M. de Villèle y dresse de sa main la liste de ceux qui, dans le but de se pousser au pouvoir, creusaient, au gré de leurs caprices et de leurs passions, le précipice où devait rouler la monarchie, et qu'il nous les montre plus actifs, plus dangereux, — ■ le mot est de lui, — plus coupables qu'aucun des ennemis qu'elle comptait déjà. Sans être homme à employer contre eux les sanglantes rigueurs devant lesquelles, en d'autre temps et en d'autres circonstances n'avait pas reculé le grand cardinal, il était résolu à leur tenir tête et non aussi prêt à remettre au roi sa démission que semble l'indiquer la conclusion de la note qu'on vient de lire.
La session fut close le 22 juin 1827. Dès le lendemain la censure était rétablie; on commençait ensuite à consulter les préfets sur l'opportunité de la dissolution ; et, tandis que les différents partis pour qui ces projets n'étaient plus un