LIVRE QUATRIÈME
(juelques jours plus tard. Enfin, M. de Chabrol conservait le portefeuille de la marine, et l'évêque d'Hermopolis, M. Frayssinous, celui des affaires ecclésiastiques, dont on détachait le ministère de l'instruction publique, auquel il ne lut pas immédiatement pourvu.
On était au 4 janvier 1828. Ce cabinet s'était formé un |)eu ;i la hàle, sous l'empire d'exigences accrues d'heure en heure. Bien des questions avaient été abordées sans pouvoir être résolues; l'accord était loin d'exister sur toutes entre le roi et ses nouveaux ministres. Mais il avait été convenu que l'étude en serait reprise dès le lendemain, et que ce qui importait surtout en ce moment, c'était d'apprendre à la France que le gouvernement était réorganisé. Il est un point, cependant, sur lequel les ministres exigèrent une solution imuiédiate. Ils avaient exprimé le désir que M. de Villèle fût nommé pair de France. Le roi, ayant accordé la pairie à MM. de Peyronnet et de Corbière, l'avait offerte également à M. de Villèle. Mais celui-ci avait refusé. Il entendait rester dans la Chambre des députés. Là étaient pour lui l'influence, les chances d'un retour aux affaires, le moyen de dominer encore, et surtout la possibilité de détendre ses actes, sa vie politique, son ministère. Or, cette influence qu'il comptait ressaisir et exercer constituait un danger pour le nouveau cabinet; elle lui donnait un ami trop puissant ou un adversaire trop redoutable. Les ministres subordonnèrent donc leur acceptation définitive à l'entrée de M. de Villèle à là Chambre des pairs. Au dernier conseil auquel assista ce dernier, et qui fut tenu dans la soirée du 4 janvier, le roi lui fit passer un billet écrit au crayon, par lequel il lui annonçait qu'il l'appelait à la pairie. M. de Villèle formula son refus dans la forme familière que venait demployer ce prince, et avec beaucoup d'énergie. « Vous voulez donc vous imposer à moi comme ministre! » écrivit de nouveau le roi. M. de Villèle parut ému, et, traçant à la hâte quelques lignes, il les fit passer à Charles X.
368 UISTOIP.E DE LA HESTAIRATION.
Elles étaient ainsi conçnes : a Le roi sait bien le coiilraire; mais puisqu'il a pu l'écrire, qu'il lasse de moi ce qu'il voudra, et Dieu veuille qu'il n'ait pas à s'en repentir! » Le lendemain, 5 janvier, les ordonnances qui nommaient les nouveaux ministres furent rendues publiques.