‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 140 sur 177 · LIVRE CINQl'lKMK · texte numérisé non relu

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royalistes sans donner satisfaction h la gauche. L'opinion publique défiante se refusait à croire que le roi eût successivement abdiqué ses préjugés et ses goûts; elle voyait dans les ministres qu'il venait de nommer, les continuateurs de M. de Yillèle.Les malveillants se plaisaient à le répéter; les autres suivaient leur jugement. Pour conquérir cette opinion toute-puissante, sans laquelle les gouvernements ne peuvent rien, les ministres étaient donc tenus de répudier le système politique de leurs prédécesseurs. .Mais la difficulté de cette répudiation éclata à leurs yeux, dès le premier conseil qu'ils tinrent sous la présidence du roi. « Je dois vous déclarer que je me sépare à regret de M. de Villèlo, leur dit Charles X ; l'opinion a été trompée sur son compte ; son système était le mien. )>

Un tel langage démontrait combien était étrange et fausse ridée que se faisait le roi du régime parlementaire. Les ministres cependant ne protestèrent pas; ils s'inclinèrent, se contentant de réserver d'un mot respectueux la liberté de leur action et attendant pour répondre à cette déclaration que le débat auquel elle pourrait donner lieu trouvât à se placer sur un terrain pratique et de fait. Le lendemain, ils manifestèrent leur indépendance, en offrant à Chateaubriand le portefeuille de l'instruction publique, et en obligeant par conséquent le roi à se réconcilier avec ce terrible adversaire. Chateaubriand refusa le portefeuille; mais il accepta un peu plus tard l'ambassade de Rome, apporlantau ministère, avec son concours, l'appui du «Journal des Débats ». L'instruction publique fut confiée à un jeune magistrat peu connu, M. de Yatimesnil, qui devint ensuite dans le gouvernement le plus solide appui de la cause libérale. Ces nominations ne purent être faites que grâce à la fermeté des ministres, et le roi, comme pour toutes celles qu'il dut ultérieurement approuver, ne s'y résigna que de fort mauvaise grâce; en deux circonstances même, il ne céda qu'à la menace de leur démission.

Le 10 et le 17 janvier, pour répondre aux impatiences du pays, le ministère inséra dans le (( Moniteur » des notes exposant ses intentions ; il voulait, d'une part, faire respecter la dignité de la couronne et l'autorité royale, et, de l'autre, maintenir l'exécution loyale et franche de la Charte. « Le ministère, ajoutait-il, s'adressera aux hommes de bien, aux amis sincères du roi et de la Charte ; il leur montrera avec franchise et liberté la route dans laquelle il veut marcher et leur proposera de le suivre, en l'éclairant. »

Toutefois, ce n'étaient encore là que des mots ; il fallait des actes. Dès le 22 janvier, les ministres abordèrent une des questions les plus brûlantes parmi celles que M. de Villèle avait laissées sans solution : la légalité des écoles ecclésiastiques secondaires, connues sous le nom de Petits-Séminaires, et la tolérance qui permettait aux Jésuites, quoique leur congrégation ne fût pas autorisée en France, de diriger quelques-unes de ces écoles. Elles existaient en vertu d'une ordonnance royale de 1814. Le nombre s'en était élevé peu à peu à cent quatre-vingts, et beaucoup d'entre elles s'étaient fondées sans l'agrément du pouvoir. Dans les Chambres et dans la presse, de violentes discussions s'étaient engagées souvent sur ce sujet sans amener d'éclaircissements. On ne connaissait rien de précis que ce qu'avait avoué un jour M. Frayssinous, à savoir que des religieux de la société de Jésus dirigeaient sept petits séminaires. Malgré M. de Villèle, Charles X avait toujours écarté l'examen de cette question. Il avait seulement admis la limitation à deux cents du nombre des élèves dans chaque établissement. Quant au point de savoir si les Jésuites pouvaient être laissés à la tète de ces institutions, elle restait entière. M. de Martignac et ses collègues étaient résolus à en finir et à juger la question uniquement, au point de vue légal, en dehors de toute préoccupation politique et religieuse. Ils en confièrent l'examen à une commission composée de Ms'" de Quélen, archevêque de Paris, de Ma"" Feutrier, évêque dé

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