‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 16 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

s'accomplir en France, On a accusé les Bourbons d'avoir été imposés à la France par l'étranger : il était donc nécessaire de signaler qu'au lendemain, aussi bien qu'à la veille de leur restauration, la sympathie de l'étranger leur faisait défaut.

38 HlSTOll'.E DE LA RESTAURATION.

l'adresse de 18U — VELLÉITÉS D'OFPOSITION DANS LA PRESSE — DIFFICULTÉ DE DISCIPLINER LE PARTI ROYALISTE — MÉCONTENTEMEXT DE l'armée — ORDOX.NAXCES IMPRUDENTES DU COMTE REUGNOT, PRÉFET DE POLICE — PREMIÈRES LOIS PRÉSENTÉES A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS — ATTAQUES CONTRE LE CONCORDAT DE 1801 — LA RESTAURATION MENACÉE — INQUIÉTUDES DU ROI — GRAVES FAUTES.

Inaugurant la mise en pratique de la Charte et du régime parlementaire qu'elle proclamait, les Chambres répondirent au discours de la Couronne par une adresse élaborée et discutée dans le sein de chacune d'elles. Comme en Angleterre, la discussion de cette adresse allait devenir le terrain sur lequel, chaque année, les partis devaient se donner rendez-vous pour discuter les actes et les tendances du gouvernement. Celle de la Chambre des pairs fut votée sans débats. Il n'en fut pas de même dans la Chambre des députés. Plus indépendante que l'autre, à raison même de son origine, celle-ci devenait, dès ce moment, le centre d'une opposition constitutionnelle et libérale, pressée de prouver qu'elle n'entendait pas être, entre les mains du pouvoir exécutif, un instrument inconscient et docile. Des voix s'élevèrent pour se plaindre de ce que le roi avait odroyé la Charte au lieu de se résoudre à la recevoir toute faite des représentants de la nation. Les ministres eurent même quelque peine à empêcher ce sentiment d'être exprimé dans l'adresse. Ils réussirent cependant à éviter ce mécompte à Louis XVIII. Les suscei)tibilités des députés s'apaisèrent ; ceux qui persistaient à vouloir les exprimer restèrent en petit nombre sans pouvoir entraîner la majorité, et, dans la première quinzaine de juin, l'adresse respective des deux Chambres était envoyée au roi, proclamant ainsi l'accord ({ui existait entre les représentants du peuple et le souverain.

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