‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 161 sur 177 · LIVRE CINQUIÈME i-2ô · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME i-2ô

assez tôt, sinon leur vengeance ». Elle était impatiente de les délivrer.

Le 13 Juin, au petit jour, à la suite d'une violente tempête, le ciel s'étant cclairci, Alger apparut tout à coup aux yeux émerveillés de nos soldats, avec ses terrasses étagées, toute blanche sur un fond de verdure sombre, laissant voir sa population pittoresquement groupée de tous côtés et contemplant avec une surprise mêlée de terreur la magnilicence de cette mer couverte de voiles, de ces bâtiments de guerre chargés de marins et de soldats, qui venaient apprendre k Hussein-Dey que l'heure de son châtiment avait sonné. La flotte défila devant Alger pour gagner la presqu'île de Sidi-Ferruch, où elle arriva quelques heures après, et où, le lendemain, le corps expéditionnaire débarquait, malgré les efforts de quelques milliers de Turcs et d'Arabes, qui furent vivement repoussés au delà des dunes. Ils. se retirèrent en désordre sur le plateau de Staoueli, abandonnant derrière eux une douzaine de canons, non sans avoir révélé la sauvage horreur de leurs coutumes, en décapitant quelques malheureux soldats tombés en leur pouvoir.

L'amiral Duperré estimait que le débarquement de l'armée n'exigerait pas moins de vingt-sept jours. Ces prévisions pessimistes reçurent le 14 juin un éclatant démenti, car le débarquement fut opéré en huit heures. Le même soir, l'armée campait sur la presqu'île de Sidi-Ferruch, d'où elle devait se mettre en marche le lendemain pour conquérir Alger, — campagne glorieuse qui dura moins que ne devait, d'après l'amiral, durer le débarquement. Vingt jours suffirent en effet à l'armée française pour s'ouvrir des routes à travers l'Afrique, pour chasser devant elle Turcs et Arabes, ces frères ennemis de vieille date, qui venaient de s'unir devant le péril commun, et pour ajouter au long catalogue des victoires de la France la bataille de Staoueli, les coudrais de Sidi-Khalef, de Dely-llnahini, de

Chapelle et Fontaine, et la prise du tort de l'Empereur, où elle entra parmi les ruines sous lesquelles l'ennemi avait espéré l'ensevelir et qui ne servirent qu'à hâter sa défaite. Le 4 juillet, l'armée française était devant Alirer ; le général en chef y recevait la nouvelle qu'Hussein-Dey se reconnaissait vaincu et avait pris le parti de négocier.

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