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pestivo, exorbitante^ inconstitutionnelle et dangereuse, il en demanda le rejet.
Ce discours, par liMiiid la niajuriti' fut jiiolniHlt'inent atteinte, causa parmi les royalistes modérés, parmi les libéraux une impression de satisfaction et de soulagement, qui assura à M. de Serre une inOuence décisive et lui créa une situation exceptionnelle. Il eut pour effet de détruire la majorité qui semblait acquise aux propositions de la commission. C'est le projet du gouvernement qui fut voté. La commission parvint, il est vrai, à faire passer un amendement qui ordonnait la restitution des biens du clergé non vendus. Mais cet amendement ne fut pas accepté par le roi, et la clôture de la session fut prononcée avant qu'il pût devenir à la Chambre des pairs l'objet d'une résolution.
La session, close le :2o avril, avait mis en évidence l'esprit de la Cbambre, la difficulté de gouverner avec elle. Le cabiuetuiar({uasou lermedesseiudenepas se laisserdominer par ses violences, en écartant M. de Vaublanc, qui, par son iucapacilé, ses relations avec le comte d'Artois, sou attitude même envers ses collègues, était devenu un embarras pour eux. Le duc de Richelieo demanda au roi et obtint le remplacement du ministre de l'intérieur. Celui-ci eut pour successeur M. Laine, président de la Chambre, déjà célèbre depuis sa courageuse opposition à l'Empereur en 1813, et dont la notoriété s'était accrue peinlant la session qui venait d*' linir.
148 IIISTOIltK. DE LA IIKSIAII! ATION.
l'UÉLIMl.NAIKES DE LA IiISSOLl'TIOX DELA CHAMIUiE DE 1815 — OPINION DES GOUVERNEMENTS ETRANGERS — SENTIMENTS DE LOUIS XVIII — VUES DE M. DECAZES — SES PLANS AGRÉÉS PAR LE ROI — ORDONNANCE DU 5 NOVEMBRE — COLÈRE DES ULTRA-ROYALISTES — ILS SONT BATTUS AUX ÉLECTIONS — OUVERTURE DU PARLEMENT — INSURRECTIONS EN PRO- VINCE — CONSPIRATION DE PAUL DIDIER — EXÉCUTIONS CAPITALES — MARIAGE DU DUC DE BERRV.
Au moment où, par suite de la clôture de la session, les membres de la Chambre de 1815 se trouvèrent dispersés, on put croire que les passions dont cette Chambre s'était montrée animée, allaient s'apaiser. 11 n'en fut rien. La plupart des députés de rextréme droite, en rentrant dans leurs départements, furent l'objet d'un accueil bruyant et enthousiaste, propre à accroître leurs ardeurs en les justifiant, et dont les rapports des préfets apportèrent à Paris les détails comme une menace contre le ministère. Personne alors ne songeait à la dissolution, ou ne paraissait y songer ; on croyait généralement que le parlement serait convoqué pour le l" octobre suivant. Le roi l'avait promis au comte d'Artois, et ce dernier s'était empressé de répéter cette pro' messe aux chefs de la majorité. Avant de se séparer, ceuxci avaient pris diverses décisions relativement à leur conduite à venir. Le renversement du ministère était alors le but de leurs efforts. Ils entendaient mettre le pouvoir dans les mains de l'extrême droite, seule digne, à leur sens, de le détenir et d'en user dans un intérêt exclusivement royaliste.
En présence de ce parti pris et pour déjouer des projets si funestes au repos et au bonheur de la France, il n'y avait qu'une arme : la dissolution. Mais recourir à ce nmyen semblait si grave que, à l'exceplion du comte Decazes, aucun
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membre du gouvernement n'osait y arrêter sa pensée, ni rioii souhaiter au delà d'un renouvellement partiel de la Chambre, autorisé par rarticle 37 de la Charte, article susl)endu eu 1815, mais qu'on pouvait aisément faire revivre. Le duc de Richelieu, notamment, qui reculait à la pensée de sévir contre une Chambre dont le royalisme n'était pas douteux, et qui s'alarmait aussi à l'idée de reparaître devant elle, caressait avec complaisance ce projet d'un renouvellement partiel, convaincu qu'une telle mesure suffirait à conjurer les périls dont son patriotisme s'effrayait. Le comte Decazes nourrissait une tout autre conviction. Dans la dissolution seule, il voyait le salut de la monarchie compromise . par les exagérations de ses plus ardents partisans.
Aussi, il avait entrepris seul la tâche d'avoir raison des irrésolutions du roi, du parti de l'émigration, de l'influence de la famille royale ayant à sa tète l'héritier du trône, des répugnances et des scrupules des membres du cabinet. Il ignorait alors les tendances de MM. de Serre, Pasquier, Hoyer-Collard, de Barante et Guizot. Il leur avait même caché son plan. Il les avait vus s'éloigner de lui, sans croire qu'ils fussent acquis déjà au parti de la dissolution ([u'il commençait à tenter d'imposer au roi.
Louis XVIII avait souffert plus qu'aucun de ses ministres des vices de la Chambre de 1815, dont la majorité était de cœur et d'es|u'it avec son frère. A cause d'elle, il s'était vu en bulte à des conseils protecteurs émanés du corps diplomatique et propres à blesser son orgueil de roi aussi bien ({ne ses susceptibilités de Français. Au mois de février iSKi, il avait reçu du cabinet de Saint-Pétersbourg la déclaration suivante, en réponse au désir exprimé par le duc de Richelieu de voir s'opérer la réduction de l'armée d'occupation: (f Pour que l'armée d'occupation soit diminuée, deux conditions préalables sont nécessaires : l'une que l'existence du gouvernement français paraisse assurée, l'autre que le budget soit établi de telle sorte que la France puis ;^ l'aire face à
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ses engaitements. Dans l'état actuel de la cour, du ministère, des Chambres, ces deux conditions niancjuent éiralcment. »
Presque en même temps, la conférence européenne, dont le siège était à Paris, prenait la résolution de faire comprendre au roi la nécessité de soutenir son ministère contre les violences d'une majorité factieuse et impopulaire, de préparer, sans s'écarter de la Constitution, l'élection d'une représentation nationale plus conforme aux intérêts de la France. Chargé de faire parvenir ces conseils à Louis XVIII, tout en ménageant ses légitimes fiertés, le duc de Wellington lui écrivait : « Sire, les scènes qui se passent dans la Chambre des députés sont connues de tout le monde. Votre ministère, quoique possédant et méritant la confiance de Votre Majesté et celle de toute l'Europe, n'y a point d'infiuence, et il se trouve sur le point d'nbandonner le budget dans lequel toute l'Europe est essentiellement intéressée, et de revenir sur des transactions de l'année passée, confirmées en loi par le nom sacré de Votre Majesté, ou d'abandonner son poste. Je dois à la vérité et à mon attachement à Votre Majesté et à la tranquillité de l'Europe d'avertir Votre Majesté qu'il est notoireque sa famille, les personnes de sa cour et celles des princes exercent dans la Chambre des députés une influence en opposition à celle de vos ministres et à leurs vues pour la marche des affaires. J'ai déjà pris occasion de faire savoir verbalement à Votre Majesté combien l'exercice de cette influence était nuisible à ses affaires et même à sa repu- j tation de bonne foi et de loyauté, et combien il lui eut été facile, non seulement de la détruire, mais de la tourner au profit du ministère par les moyens duquel Votre Majesté trouverait à propos de gouverner la France. Le moment est venu où c'est absolument nécessaire pour Votre Majesté de se déclarer avec fermeté et de soutenir son ministère par toute l'influence de la cour qui lui a été, jusqu'à présent, la plus nuisible. » Un peu plus tard, l'ambassadeur de Prusse