‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 64 sur 177 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

di'oilL', à liuiuclle ccpeiulaiit il ne voulait pas coder la direction du pouvoir, était indispensable. Cette conviction l'aniona, d'une part, à penser non seulement (ju'il y avait lieu d'introduire certaines modifications dans la loi électorale, à substituer le renouvellement intégral au renouvellement partiel par cinquièmes, l'élection par arrondissement à l'élection par département, mais encore à la refaire, au besoin, selon le vœu de la droite ; d'autre part, à entamer secrètement, avec les hommes de ce parti, dans les Chambres qui étaient sur le point de se réunir, des négociations en vue d'une entente, qui d'ailleurs fut bientôt reconnue impossible, tant que M. Decazes et ses amis resteraient dans le ministère.

Cette situation provoqua la rupture entre le ministre de la police et le président du conseil ; il devint évident que l'un ou l'autre devait se retirer. M. de Richelieu, appuyé par M. Laine, formait la droite du cabinet; M. Decazes, le maréchal Gouvion Saint-Gyr, MM. Mole et Pasquier, en formaient la gauche. M. Decazes était d'avis qu'il serait sage de modifier la loi des élections, mais il n'allait pas jusqu'cà consentir à la laisser remplacer ; en outre, il était las du ministère de la police, que beaucoup de gens regardaient comme inutile et dangereux, comme bon à supprimer, et dont il n'espérait pas faire voter le budget. Il souhaitait le ministère de l'intérieur et travaillait à une combinaison qui aurait mis le garde des sceaux Pasquier à la maison du roi, M. Laine à la justice, et lui-même à l'intérieur, à la place de ce dernier. Enfin, loin de vouloir incliner à droite, i estimait que le ministère devait se fortifier au centre gauche, gouverner avec les idées qui avaient prévalu le 5 septembre 1815, et prendre pour devise cette phrase de Louis XVIII : « Celui qui n'est pas contre moi est»avec moi.»

Dans ses espérances et dans ses vues, il était soutenu surtout parle maréchal Gouvion Saint-Gyr et par M. Pasquier, (jui, ayant été appelés par lui à faire partie du

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ministère, pensaient comme lui. Malheureusement, le maréchal ministre de la guerre n'avait pas su gagner la faveur du duc de Richelieu, ou plutôt il l'avait perdue en prenant, le :2 août précédent, une ordonnance portant que les officiers de la garde royale ne pourraient obtenir de l'avancement qu'en passant par la ligne. Le duc de Richelieu, qui avait agréé cette mesure sans en comprendre l'importance, s'était laissé circonvenir ensuite par les mécontents et avait exigé que l'ordonnance, qui lui apparaissait maintenant comme attentoire aux intérêts monarchiques, fût au moins atténuée dans son application. On lui avait donné cette satisfaction, mais seulement quand l'effet était produit, et certainement le président du conseil aurait exigé alors le remplacement du ministre de la guerre, si M. Decazes n'eût fait de l'impossibilité de ce changement la condition de son propre maintien dans le cabinet.

Ces difficultés éclatèrent avec force dès les premières conférences que le duc de Richelieu eut avec ses collègues. On espéra d'aboixl qu'elles pourraient être résolues si M. Laine, acceptant les sceaux et M. Pasquier la maison du roi, M. Decazes passait à l'intérieur. M. Corvetto, malade, venait d'être remplacé aux finances par M. Roy. Tout manqua, parce que M. Laine se refusa obstinément, malgré les supplications de tous ses collègues, à changer de portefeuille. L'avortement de cette combinaison, en créant à tous les ministres une situation incertaine, mit en relief les dissidences qui existaient entre eux. C'est alors que le maréchal Gouvion Saint-Cyr prit l'initiative d'une proposition de dissolution ministérielle. Il exprima la pensée que le duc de Richelieu aurait plus de facilité à conduire les affaires avec un ministère nouveau, et cette idée réunit sur-le-champ l'adhésion générale. M. de Richelieu convaincu prit même la plume pour composer un cabinet. Mais le refus de M. Laine de rester seul avec M. de Richelieu, et la volonté de celui-ci de ne pas se séparer de M. Laine ^ firent encore échouer ces

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