‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 71 sur 177 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

ceux qui existaient se transformèrent, en se développant, Il convient de citer quelques-unes des feuilles qui étaient alors en possession de la faveur publique ou qui la conquirent rapidement. C'étaient le Constitutionnel, l'Indépendant, la Quotidienne, la Gazette de France, le Journal des Débats, le Drapeau blanc, le Moniteur, le Journal de Paris, les Archives politiques, la Minerve, le Conservateur, la. Bibliothèque historique. Parmi les nombreux écrivains qui, dans ces journaux et recueils, servaient la politique de leur parti, il faut nommer Chateaubriand, Benjamin Constant, Paul- Louis Courrier, Saint-Simon, Fiévée, Etienne, Jay, Tissot, Évariste Dumoulin, de Jouy, Augustin Thierry, Dunoyer, Comte, Michaud, Laurcntie, de Lourdoueix, de Lamennais, de Feletz, Hoffmann, Guizot, Villemain, de Rémusat, de Salvandy, de Sacy, Martinville. C'est par ces plumes brillantes(|ue lesfactions se livraient bataille; c'est grâce à elles que l'opinion se formait et par l'éclat du talent et par l'ardeur de la lutte, que la presse peu à peu saisissait l'influence qu'elle commençait à exercer dans le pays. Quoique affranchie, par les lois nouvelles, des entraves apportées à son expansion, elle ne devint ni plus juste, ni plus modérée. C'est contre le clergé que se portait, dès ce moment, l'effort de journaux hostiles à la dynastie. Il est vrai que le clergé, par ses tentatives réitérées pour dominer la France, les missions qu'il entreprenait de toutes parts sans mesure ni frein, provoquait des passions contraires, non moins ardentes que celles qu'il aurait voulu enchaîner.

X mesure que la presse les envenimait, ces passions avaient devant la Chambre des contre-coups plus violents. Des pétitions demandant le rappel des exilés et des bannis étaient arrivés, au nombre de vingt-sept, an Palais Bourbon. Elles donnèrent lieu à un rapport, qui fut discuté le 17 mai. Le ra[)porteur blâmait les pétitionnaires, et proposait le rejet de leurs demandes, afin d'arrêter un mouvement qui menaçait de se généraliser. M. de Serre prit la

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parole après lui. Après avoir prétendu que ces pétitions avaient une origine commune et n'étaient qu'une manœuvre, il traça à grands traits les limites de la clémence royale dans des termes qui lui valurent les applaudissements de la droite; il termina son discours en disant : « Ainsi donc, à l'égard des régicides, jamais. A l'égard des individus temporairement exilés, confiance entière dans la justice et la bonté du roi. » Les pétitions furent repoussés presque à l'unanimité. Mais le discours de M. de Serre avait donné à la droite de telles espérances qu'il fallut le commenter dans le Moniteur, afin de ne pas laisser croire que le ministère se livrait à ce parti, ainsi que le prétendait la gauche.

C'est à la suite de ce débat qu'un député royaliste, M. de Courvoisier, dénonça l'existence à Paris d'un comité directeur qui agitait les départements en provoquant l'envoi de pétitions. M. Royer-Collard soutint cette accusation, contre laquelle Benjamin Constant défendit mollement son parti.

Les Chambres votèrent ensuite les lois financières. Les receveurs généraux furent autorisés à recevoir les souscriptions de rentes. Les comptes des années 1815, 1816 et 1817 furent approuvés, et enfin on adopta le budget de 1819, qui augmentait dans de notables proportions le budget de l'intérieur, celui de la guerre et celui de la marine. Les débats qui s'engagèrent sur ces divers points ne méritent rien de plus qu'une mention. Ce qui les domina surtout, ce fut l'intérêt de parti. Les orateurs qui, à côté du baron Louis, et plus souvent pour le combattre que pour l'approuver, y tinrent la plus grande place furent MM. de Yillèle et Casimir Périer, qui s'étaient fait des questions de finances une spécialité. La session se termina le 17 juillet 1819.

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