LIVRE TROISIÈME
précédentes victoires par suite d'un événement auquel il se préparait depuis la mort du duc de Berry, mais sans oser l'espérer. Dans la matinée du 29 septembre, treize coups de canon avaient appris aux Parisiens que la duchesse de Berry venait d'accoucher d'un fils et que la maison royale de France avait désormais un héritier.
MANIFESTATIONS EN FA\ EIH DES BOIUCONS, A l/OCCASION UE LA NAISSANCE DE LEUR HÉRITIER — RENOUVELLEMENT DE LA CHAMBRE — VICTOIRE DE l'extrême droite — DÉFAITE DE LA GAUCHE — MM. DE YILLÉLE, CORBIÈRE ET LAINE, MINISTRES SANS PORTEFEUILLE — OUVERTURE DE LA SESSION DE 18-21 — PROCÈS CONTRE LES FAUTEURS DES TROUBLES DE JUIN ET DE LA CONSPIRATION DU 19 AOUT — MADAME DU CAYLA.
C'est dans la nuit du 28 au 29 septembre que la duchesse de Berry ressentit les douleurs qui lui annon(;aient sa prochaine délivrance. Tout était prêt depuis plusieurs jours pour recevoir l'enfant royal à son entrée dans la vie et pour que sa naissance eût des témoins qui ne permissent pas d'en contester la légitimité. Le maréchal Suchet, duc d'Albuféra, et le maréchal de Coigny, auxquels devaient se réunir trois gardes nationaux du poste des Tuileries, logeaient dans le palais, afin d'être sans retard auprès du lit de l'accouchée lorsqu'on aurait besoin d'eux.
La rapidité de l'événement faillit rendre vaines ces précautions. Avant que la femme de chambre, accourue aux cris de la princesse, eût pu faire de la lumière, celle-ci avait accouché et annonçait que « c'était un garçon ». Elle eut assez de courage pour ne pas laisser consommer l'opération avant que les témoins fussent arrivés. M"** de Gontaut s'empressa de faire avertir les deux maréchaux, plusieurs gardes nationaux, un garde du corps, l'officier de service, et c'est en leur présence que l'enfant fut détaché de sa mère. Puis arrivèrent en peu d'instants le comte d'Artois, le duc et la duchesse d'Angouléme, le duc et la duchesse d'Orléans.
Le roi vint le dernier. Il tenait à la main un superbe bouquet de diamants qu'il oiTrif à la princesse, après l'avoir embrassée, en lui disant : « Ceci esl pour vous. » Il prit en