‹ Histoire de la restauration, 1814-1830Chapitre 91 sur 177 · LIVRE TUOISIÈMK · texte numérisé non relu

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lescjucls il convient de placer la fermentation persistante de la Pologne etie soulèvement d'un des régiments de sa garde, ébranlaient peu à peu les convictions libérales que le tzar professait en 1815.

La médiation proposée par la France fut écarlée. Puis les trois cours du Nord, délibérant à l'insude leurs alliés, décidèrent de convoquer le roi de Naples à Laybach et, après l'avoir entendu, de proposer à la France et à la Grande-Bretagne une résolution mettant hors de l'alliance européenne tout souverain qui subirait des modifications imposées par la révolte.

Quand le protocole du 19 novembre, qui résumait le résultat de cette conférence, fut connu, le plénipotentiaire anglais protesta contre le procédé qui l'avait écarté de la délibération lui et ses collègues; il refusa d'entrer dans ces combinaisons. Le refus des diplomates français fut moins vif, et Louis XVIII sejoignit même aux autres souverains pour engager le roi de Naples à se rendre à Laybach, où les princes italiens devaient également se trouver. Notre ambassadeur près de lui, M. de Blacas, fut invité à l'accompagner.

N'ayant plus qu'une autorité nominale, Ferdinand P"", prisonnier des insurgés, ne put quitter ses États qu'en promettant aux Napolitains de faire adopter par le Congrès le maintien de la Constitution à laquelle il avait dû adiiérer. Mais, à peine arrivé à Laybach, il changea de ton et de rôle; il profita de sa liberté pour demander aux puissances de le rétablir dans la plénitude de son })ouvoir. Le tzar, encore hésitant, fut entraîné par cette prière et surtout par l'habileté avec laquelle M. de Metternich la lui présenta. En la défendant devant lui, le diplomate autrichien sut lui démontrer que, s'il avait raison de vanter, comme les plus belles que pût concevoir l'esprit, les institutions de la France dont celleci aurait voulu doter les populations italiennes, il n'était pas moins juste de prétendre que tous les États n'étaient pas également préparés à les recevoir.

2i8 HISTOIRE DE LA RESTAURATION.

La tournure donnée ainsi aux négociations rendait vain Tespoir conserve par le gouvernement français de reprendre son rôle de médiateur et de substituer une action diplomatique générale à l'intervention armée de TAutriche. 11 ne pouvait réaliser cet espoir qu'avec Tappui des Italiens. Pour y réussir, il n'aurait pas reculé devant la rupture possible de la sainte alliance. Malgré tout, la sainte alliance restait dirigée contre la France, et d'ailleurs l'attitude de la Grande- Bretagne venait de lui porter un coup redoutable. Mais les supplications incessantes du roi de tapies, pour obtenir des secours effectifs et immédiatement efficaces, réduisaient à 1 impuissance la politique française; les plénipotentiaires de Louis XYIII, après avoir toutefois empêché par leurs protestations les conférences à trois, renouvelées de celle qui avait eu lieu àTroppau, ne purent que souscrire au triomphe diplomatique de TAutrii-he. Comme ils venaient d'apposer leur signature à l'acte définitif, ils reçurent du duc de Richelieu l'ordre de ne rien signer. Mais c'était trop tard, et le Cabinet français, reconnaissant le danger d'un désaveu tardif, se résigna à subir les conséquences de leur précipitation. Peut-être aussi pensait-il que son adhésion lui donnait des droits à agir plus tard en Espagne comme l'Autriche allait agir àNaples. C'est sans doute cette considération qui l'empêcha de s'associer aux protestations que l'Angleterre persista à élever.

Tous les envoyés des princes italiens approuvèrentla décision du congrès, [à l'exception de celui du Pape, qui entendait observer l'engagement de rester neutre, pris par le Saint- Siège envers les ÎN'apolitains. Le roi de Naples, après avoir, comme on l'avu, favorisé de tous ses efforts, les vues de l'Autriche, annonça l'événement à son fils, investi de la régence du royaume durant son absence, en lui déclarant qu'il avait dû se soumettre à d'impérieuses exigences et, afin d'assurer .le repos de ses États, consentir, pour une durée de trois ans, à une occupation autrichienne. Enfin, ces résolutions furent

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