LIVRE TROISIÈME
d'audace et de talent. Tandis que quelques-uns de ses chefs s'engageaient dans les complots fomentés par les sociétés secrètes, ses écrivains, Paul-Louis Courrier alors à ses débuts, Déranger, Gauchois-Lemaire, sous des formes diverses, propageaient ses doctrines, à la divulgation desquelles aidait puissamment une presse ardente.
Vin
ÉLECTIONS PARTIELLES D'OCTOBRE 18'J1 — NOUVEAUX SUCCÈS DE L"EX- TRÉME DROITE — OUVERTURE DE LA SESSION — DISCUSSION DE L'ADRESSE — TRIOMPHE DES ULTRAS — LE MINISTÈRE EN MINORITÉ — COLÈRE DU ROI — LE DUC DE RICHELIEU REFUSE LA DÉMISSION DE PLUSIEURS DE SES COLLÈGUES — MODIFICATION AGGRAVANT LES LOIS CONTRE LA PRESSE, PROPOSÉE PAR LE DUC DE RICHELIEU, EN MÊME TEMPS QUE LE MAINTIEN DE LA CENSURE — NOUVEL ÉCHEC DU MINISTÈRE — LE DUC DE RICHELIEU CHEZ LE COMTE D'ARTOIS — DÉMISSION DU CABINET — FOR- MATION DU MINISTÈRE VILLÈLE — FIN DU GOUVERNEMENT MODÉRÉ.
On était en octobre. L'époque fixée pour l'ouverture de la session législative approchait. Cette ouverture devait être précédée des élections pour le renouvellement annuel du cinquième de la Chambre. Au moment d'arrêter la date de cette opération, le ministère eut à se prononcer sur son opportunité. Ne valait-il pas mieux dissoudre une assemblée dans laquelle il ne pouvait plus trouver une majorité stable et compacte! C'était l'opinion de M. Pasquier. Il estimait que la dissolution conjurerait des périls contre lesquels ses collègues et lui restaient désarmés. Plusieurs d'entre eux partageaient son avis; la tentative était audacieuse;' mais elle offrait de sérieux avantages. Le duc de Richelieu et M. de Serre n'osèrent cependant y recourir, et l'habileté de M. Pasquier ne put les détourner de l'elîort qu'ils étaient résolus à faire encore pour ramener la droite. Placé entre eux et les ultras, M. de Yillèle, à qui, bien qu'il ne fît plus partie du ministère, le duc de Richelieu demandait encore conseil, croyait qu'on pouvait engager la lutte contre ceux-ci sans détruire la majorité capricieuse qui se trouvait derrière lui.
Les élections pour le renouvellement partiel eurent donc lieu au mois d'octobre. Tous les candidats qui n'appartenaient pas à la droite furent énergiquement combattus.