‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 106 sur 172 · LE CÛNCÛRDAT DEVANT LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

LE CÛNCÛRDAT DEVANT LA CHAMBRE

uière compétente la question en elle-même, et son écrit contenait des erreurs de doctrine qui furent relevées. Mais il avait un sentiment vrai de Tétat des esprits quand il faisait observer que les résultats qu'on obtiendrait en promulguant le Concordat modifié et atténué par la loi présentée à la Chambre des députés, ne justifiaient pas l'emploi d'une si grande machine, et étaient loin de compenser les difficultés et les obstacles de tous genres qu'on faisait naître sous ses pas. C'était aussi l'avis de M. Royer-Collard qui, habile à imprimer à sa pensée une forme sibylline et appuyant sur l'accent pour donner plus de portée à la phrase, comme on augmente la tension de Tare pour que la flèche aille plus loin, jetait cette sentence dans les salons : « Avoir signé le Concordat, c'est un crime politique. Le soutenir serait une bêtise. » Nul ne déclara une guerre plus acharnée au Concordat dans ces entretiens des bureaux et de la SiUle des conférences qui ont sou- \ent une grande influence sur le sort des lois. Il s'exprimait à ce sujet dans ses causeries intimes avec une âpreté que l'on craignait de lui voir porter à la tribune, et il recrutait partout des adversaires à la loi. Le duc de Richelieu et M. Laine trouviiient de plus en plus que M. Royer-Collard était un de ces amis fâcheux qui nuisent plus qu'un ennemi déclaré ' . Les esprits excessifs, toujours si nombreux, et les ennemis du gouvernement royal, toujours à l'affût des calomnies qui pouvaient lui nuire, s'abattaient sur le Concordat comme sur une proie. Ils voyaient, ou plutôt s'efforçaient de faire voir dans cette transaction entre les deux pouvoirs une mesure analogue à la révocation de l'édit de Nantes, signalaient dans l'avenir les bûchers Ae l'inquisition rallumés et le renouvellement des dragonnades; en un mot, ils n'omettaient rien pour troubler les imaginations et enflammer les passions.

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