‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 107 sur 172 · Vie de Hùyer-Cottard^ par M. de Baraiile · texte numérisé non relu

Vie de Hùyer-Cottard^ par M. de Baraiile

366 SESSION DE 4817-i8i8.

Les hommes de droite, et le clergé lui-même, étaient inquiets, troublés et divisés sur cette question. Après une grande réunion parlementaire de la droite, dans laquelle on ne parvint pas à s'entendre, il fut convenu, ce fait est mentionné dans la Correspondance de M. de Villèle, que chacun garderait dans cette question Tindépendance de ses idées et voterait selon sa conscience :

« La loi du recrutement doit finir demain, éoril M. de Villèle. Jignorc si on nous donnera celle du Concordat. On éprouve des obstacles de la pari de la cour de Rome. Je crois aussi qu'une partie du ministère ne lui est pas favorable, et le clergé lui-même parait préférer rester dans la situation actuelle que de s*exposer à une violente opposition, et peut-être d*élever un schisme dans TÉglise... La commission da Concordat proposera le changement de la bulle de circonscription, afin qu'il n*y ait pas plus de soixaiile-iHx à quatre-vingts évèchés en France. C'est mettre la charrue devant les bœufs: si le ministère pensait devoir cliangcrla bulle de circonscription, il fallait d*abord traiter cette affaire avec le Pape et noii venir nous faire mettre cette disposition dans une loi qai ne peut Tobliger... Nous nous sommes réservé de voter, sans engagement de parti, chacun suivant notre conscience ^ »

On voit ici dans son expression la plus vive et la plus vraie le trouble des esprits mal préparés à ces questions, Tindécision des idées, Thésitation et les scrupules des consciences. Il est probable, comme Tinsinuc M. de Villèle, qu'une partie , du ministère n'avait jamais été favorable au Concordat et avait laissé engager la négociation dans la crainte de déplaire au Roi, avec Tarrière-pensée qu'elle n'aboutirait pas. N'ayant pas pu la faire échouer à Rome, on s'arrangeait de manière à la faire échouer à la Chambre. Dans la rédaction du Concordat même, il y avait en efTet des dispositions de nature à rendre défavorable à cette transaction le vote des libres penseurs, des jansénistes et des gallicans excessifs, sans parler des non-

1 . Correspondance inédite de M. de Viîlèle dei 3 février, 4 et 1 1 mars 1818.

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