‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 113 sur 172 · lOid · texte numérisé non relu

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Hist. d«ltRestaur. IV. 35

386 issiiOM DB 1817-1818.

froidies, un des commissaires chargé de défendre la loi proposée à l'occasion du Concordât disait à M. de Marcellus , K qu'une assemblée de laïques n'était pas faite pour discuter des questions de théologie, qu'une telle discussion aurait été un grand scandale, et qu'au lieu de le blAmer on devrait le remercier du service qu'il avait rendu à la religion tt au gouvernement ^ »

Cette affaire ne se dénoua qu'un an et demi plus tard, après avoir soulevé les plus graves difficultés, et, sinon sous un nouveau ministère, au moins sous un ministère largement modifié, puisqu'il avait pour président le général Dessoles. Cependant, afin de ne pas scinder l'intérêt du sujet, et aussi parce que la négociation continua à être suivie à Rome d'après les mêmes indications, et par les deux diplomates qu'avait acccrédités le duc de Richelieu, M. de Blacas et M.. Portalis, nous exposerons ici ses principaux incidents et la manière dont elle se dénoua.

Les premières réponses du Pape à la notification furent e\ durent être sévères. M. de Blacas avait adressé à la cour de Rome une note à la date du 23 avril 1818, pour expliquer les nouvelles dispositions du gouvernement français. Le 31 mai le cardinal Consalvi passa, de son eôté, à l'ambassadeur de France une note dans laquelle il déclarait que le Concordat du { 1 juin 1817, revêtu de tous les caractères d'un traité parfait, sacré et inviolable, ne saurait être altéré d'aucune manière et qu'il devait être exécuté dans son intégrité par les deux parties qui l'avaient ratifié et sanctionné. Dans le mois suivant une seconde note, plus énergique que la première, annonçait que le Saint-Père, prêt à se présenter devant le souverain juge, ne serait retenu par aucun égard si les nouvelles propositions annoncées lui paraissaient inacceptables.

1. Expùtâ de la conduite de JT. de Marcellut, (DocumenU InëdlU.)

CONCORDAT. — NOL'VELMS NÉGOCIATION' E5TAMÉF: A ROME. 387

Le 2S juin 1818, M. Portails, arrivé à Rome, dut entendre ceg paroles dans la première audience qu'il obtint du Pape :

« Us affaires de France ont été les plus pénibles de notre pontificat... Noos avons la plus haute estime pour le caractère du Roi et une grande confiance dans ses sentiments de religion; mais il faut soutenir ce qu'on a fait. Un Concordat conclu et ratifié doit être exécuté. Nous avons bien saisi toutes les difficultés, nous ferons ce qui dépendra de nous pour pronver au Roi le désir que nous avons de nous entendre ayec lui, mais ialvo il Concordalo, Sur ce point nous sommes décidé à ne pas céder; nous avons trop éprouvé qu'on ne gagnerait rien à condescendre à certains vœux. Dieu pouryoira aux dangers. On ne peut pas faire un mal même pour procurer un grand bien. •

CesparoleSy que nous reproduisons d'après un des hommes qui ont le mieux connu la cour de Rome, auprès de laquelle il a résidé longtemps en qualité de secrétaire d'ambassade S et qui a reçu pour écrire la vie de Pie VII tous les renseignements et tous les documents originaux dénature àTaider dans sa tâche, achèvent de montrer Tinanité de l'opinion d'après laquelle le Pape aurait facilement accepté le Concordat modifié et altéré par la Chambre des députés. Pendant toute la négociation, qui •se prolongea depuis la fin de mai 181 8 jusqu'au 5 septembre de l'année suivante, la cour de Rome ne dévia pas de la ligne qu'elle avait adoptée. Pour le Pape, comme le répétait le cardinal CoDsalvi, ce n'était pas une question de politique, c'était une question de conscience. Un jour Pie VII, conversant de cette affaire avec un homme de sa confiance la plus intime, lui dit en regardant le ciel : « Nous nous en irons avec une conscience en désordre. » Il rappelait que sous le coup de cir- «'onstances terribles, et pour relever en France les autels renversés, il avait dû accorder une stipulation redoutable mais nécessaire, celle de l'institution de nouveaux évoques venant

). Le chevaUer irtaud de Montor, Vie de Pie VIL

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s'asseoir sur les sièges des agcieiis. Après le retour de> Bourbons en France, le gouvernement royal avait demandé au Saint-Siège une autre organisation. Ce n'avait pas été sans objections, sans représentations, sans douleur qu'il avait renversé le Concordat de 1801 ; mais on avait invoqué le bieu de rÉglise, et le Concordat de 1817 avait été signé et ratifié. Il avait ainsi détruit son premier ouvrage, et l'on voulait actuellement qu'il rétablit ce qu'il venait de détmire ! Que parlaiton d'erreur mutuelle? Rome n'avait aucune erreiurà se reprocher : c'était au gouvernement français de savoir, avant la signature du Concordat de 1817, que la Charte ne permettait pas au Roi de changer par un traité politique ou religieux l'état de la législation intérieure de la France sans le concours des deux autres pouvoirs, et l'on n'attendait pas saD> doute que le Saint-Siège renseignât le gouvernement françai> sur la législation de la France et sur la tendance des idét*> dans ce pays.

Ce fut là le terrain sur lequel le cardinal Consalvi s'établit et se maintint avec une puissance de logique invincible :« Co n'est pas Rome, c'est Paris qui a souhaité et demandé l'abrogation du Concordat de 1801. Rome n'a cédé qu'avec peine, après une longue hésitation. C'est à la sollicitation pressante du gouvernement français, et non sans répugnance, qu'ell»' est revenue au Concordat de Léon X, en paraissant implicitement condamner celui de 1801. La signature, la ratification, la promulgation, un commencement d'exécution, la publicit»' donnée à la bulle de circonscription , l'institution de nouveaux évéques, rien ne manque à la convention nouvelle. Et l'on veut que le Pape détruise un traité non-seulemeni signé et ratifié, mais consommé ! C'est demander l'impossible. Le Pape y consentirait-il, qu'il rencontrerait une opposition unanime dans le sacré collège. Il ne pouvait faii*e qu'tw'' chose, réduire le nombre des sièges et régler par une eou-

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