CCNCORDAT. — NOUVELLE .NÉGOCIATION ENTAMÉE A ROME
\ention interprétative les points douteux de la convention de 1817. »
Il n'y avait rien à répondre à cette argumentation, que le cjudinal Consalvi reproduisit avec une nouvelle force toutes les fois que les deux négociateurs français essayèrent de mettre eu avant le retrait du Concordat de 1817. Au bout de six semaines de séjour à Rome, M. Portalis demeura convaincu, comme Tétait le comte de Blacas, que Ton n'obtiendrait rien si Ton restait sur ce terrain, et il l'écrivit à son gouvernemeut. Tout était rigoureusement exact dans l'argumentation à\\ cardinal (lousalvi, même l'allusion faite à l'opposition que rencontrerait le Pape dans le sacré collège, s'il avait la faiblesse de céder. Les cardinaux étaient vivement émus de l'injure faite au gouvernement romain, et les correspondances que plusieurs d'entre eux entretenaient avec le clergé français ajoutaient encore à leur mécontentement profond, en leur retraçant la vive image des maux de l'Église de France. Ils demandaient donc que le Pape protestât publiquement contre Imexécution du Concordat.
Le parti qu'avait pris le ministère d'abandonner le Concordat de 1817 avait en effet tout laissé dans une confusion inextricable. Le Pape, sur la demande du Roi, avait institué trente-quatre évoques pour les nouveaux diocèses qui n'existaient plus, puisque la bulle de circonscription n'était pas admise en France, Parmi les évoques des anciens diocèses, plusieurs avaient donné leur démission, à la demande du Pape, pour être envoyés sur les sièges nouvellement érigés, de sorte qu'il y avait des diocèses sans évoque, et d'autres qui j*n avaient jusqu'à trois. En outre, la nouvelle bulle de circonscription n'étant pas admise par le gouvernement civil, et l'ancienne ayant cessé d'être en vigueur aux yeux de l'autorité ecclésiastique, on ne savait plus où commençaient et où finissaient les diocèses. Les évoques réclamaient du Roi avec
une insistance toujours croissante la fin de cet état de choses, et ils écrivaient souvent à Rome pour se plaindre de la situation intolérable qui leur était faite. Le cardinal de la Luzerne, qui sentait sa responsabilité morale engagée à la fois envers le Saint-Siège et ses collègues de 1 episcopat, aurait voulu qu'on sortît de cette situation par un coup d'autorité, et que le Roi prit le parti de promulguer le Concordat conmie loi de VÉtat. sans s'occuper davantage du projet soumis aui chambres. Mais ce qui était difficile au commencement de cette affaire devenait impossible à la fin. Chaque jour les esprits s'éloignaient davantage en France des idées qui auraient pu rendrp ce dénoûment praticable. Des écrits passionnés ou spirituels et de nature à surexciter les préventions séculaires de notre pays, sur certaines questions, — en tête de ces écrits il faut mentionner les Quatre Concordatsàe l'abbé de Pradt, — aggravaient les obstacles^ et le duc de Richelieu et M. Laine écrivaient aux deux diplomates français d'éviter à tout prix, dans ime transaction^ tout ce qui pourrait faire accuser le gouvernement de nourrir la pensée d'un retour vers le Concordat de 1817.
Ce fut du sentiment de cette impossibilité que soilit la solution. « Rome, comme le disait à Louis XVIII, qui avait voulu l'entendre sur cette question, le comte d'Hauterive, profondément initié à l'étude de la diplomatie, et directeur de^ Archives des affaires étrangères, est souverainement intelligente et raisonnable. Elle ne demande qu'à sauvegardera principes du droit, de l'autorité, de l'unité. Une fois rassurée sur cette question, qui domine à ses yeux toutes les autres, cette cour essentiellement modératrice entre dans l'intérêt de celles avec lesquelles elle traite, et ne refuse pas les complaisances qu'on peut attendre d'une tendre mère. C'est toujours elle qui, au milieu du protocole des négociations, indique d'un doigt sûr l'issue que beaucoup d'autres cherchent sans la trouver. » M. d'Hauti&rive avait bien jugé \k situation. D"