CONCORDAT. — NOUVELLE NÉGOCIATION ENTAMÉE A BOXE
moment qu'on fut convaincu à Rome qu'il n*y avait pas mauvais vouloir chez le Roi, mais impuissance réelle de tenir ses engagements, on songea à trouver le moyen de sortir des difficultés où les fautes du ministère avaient jeté TÉglise de France. Le moyen qui parut à Rome le meilleur fut celui d'une bulle dans laquelle Pie VII, prenant en considération la situation qu'on lui avait exposée, et la nécessité de pourvoir aux besoins du catholicisme en France, créerait un état provisoire conforme au Concordat de iSOi, qui permettrait d'attendre l'époque où l'on conclurait un arrangement définitif par la convention interprétative déjà offerte par le Pape. Le Saint-Siège mettait deux conditions à cet arrangement : la première, c'est que la chose fût réglée d'autorité par le Pape, sans doute en vertu d'un accord avec le gouvernement français, mais sans avoir à signer avec lui une nouvelle convention, et il faut convenir que le sort de la dernière ne devait pas encourager la cour de Rome à procéder par la voie des contrats synallagmatiques; la seconde, c'est que la décision du Pape fût précédée par un bref adressé par lui au cardinal de Périgord avec mission de le communiquer aux évoques de France qui, au nombre de trente-deux, lui avaient précédemment adressé une lettre ; dans ce bref le Pape exposait ses vues, annonçait qu'il n'avait pas voulu prendre un parti définitif sur cette grave question sans consulter ses vénérables frères les évêques de France. En s'assurant ainsi d'avance Tadhésion des évêques, le Pape prévenait le retour des embarras qu'il avait rencontrés en 1801, en raison des démissions qui lui avaient été refusées par plusieurs prélats.
Le ministère, qui semblait ne devoir omettre aucune faute dans cette affaire, opposa une longue résistance à l'idée de sortir de la difficulté par une bulle ; il mettait une sortt de point d'honneur à remplacer là convention du 11 juin 1817
piu* luie autre convention synallagmatique, sans se rendre compte de la mauvaise situation qu'il s'était faite en laissant protester sa signature au bas du premier traité. Il céda enfin, mais en élevant de nouvelles difficultés sur le bref du l*' octobre 1818, que le Pape voulait adresser par Tintermédiaire du cardinal de Périgord au clergé français. Une condition fut mise à cette clause, c'est que le bref serait remis au gouvernement français, et que celui-ci se réserverait la faculté d'apprécier le moment où il serait opportun de la transmettre au cardinal. On crut un moment l'affaire arrangée, et le duc de Richelieu, qui s'était rendu à Aix-la-Chapelle où nous le retrouverons négociant l'entière libération de notre t43rritoin\ répondait en ces termes à une lettre du cardinal Consalvi :
« Je suis cxlrùmemcut sensible aux expressions si pleines de bien- Tcillance dont Votre Excellence a bien voulu se servir à mon égard, et je n'aurai jamais rien plus à cœur que de me rendre digne de Topiniontrop favorable qu'elle a bien voulu concevoir de moi. Les communications qui ont été faites à Rome à MM. les comtes de Blacas et Portalis ro'oDt été transmises ici. J'y ai reconnu l'esprit de cliarité et de conciliation qui a toujours animé Sa Sainteté, et en môme temps la justesse cl l'élévation qui ont constamment caractérisé les vues de Votre Excellence. J'espère que les réponses que le comte de Blacas a été chargé de faire liux propositions du Saint-Siège aplaniront les difficultés qui pourraient encore s'opposer à un arrangement que je regarde comme indispensable pour prévenir en France la ruine de lu religion et les plus grands malheurs pour l'État. Je supplie Votre Excellence d'être couvaincue que, quoi qu'on puisse écrire de Paris à Rome, le gouvernement du Roi a le plus vif désir de rétablir les afTaires religieuses sur une base stable; que les obstacles qu'il a rencontrés sont indépendants de sa volonté, et que, surtout, il n'est pas assez insensé pour vouloir lui-même détruire la religion sans laquelle aucune société humaine ne saorait exister. »
Malheureusement le ministère, après avoir retenu long-
ti inps le bref du Pape, prit la résolution de ne pas le remettre
""""^ -^11 cardinal de Périgord et de le lui faire seulement connaître