‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 124 sur 172 · BUDGET : QUESTIONS POLITIQUES · texte numérisé non relu

BUDGET : QUESTIONS POLITIQUES

Chambre des pairs on avait été obligé de voter le budget sans le discuter : le temps manquait et il y avait urgence d'assurei au gouvernement les voies et moyens nécessaires aux dépenses ordinaires et aux dépenses extraordinaires destinées à amener la délivrance du territoire national. Avant le vote, M. de Chateaubriand, pour sauvegarder la dignité du corps auquel il appartenait, exprima seulement le regret que la Chambre des pairs, trop tardivement consultée « eût à peine le temps de fixer ses regards sur ce torrent de dépenses qui passait devant elle. » Il faut mentionner parmi les travaux de la session une loi sur Tabolition de la traite des noirs, question dont TÂngleterre poursuivait la solution avec beaucoup de vivacité ; deux lois tendant à prolonger le sursis accordé aux colons et aux émigrés envers leurs créanciers, et une loi de douanes.

Le 16 mai 1818, dernier jour de la session, il y eut une séance de pétitions; on rapporta celle de M. Regnault de Saint- Jean d'Angely, un des éloignés de France, qui demandait la protection de son pays pour mettre un terme aux vexations que lui et ses compagnons avaient à souffrir au dehors. Un député de la gauche, M. Saulnier, appuya la pétition en exprimant le vœu que le gouvernement rouvrit bientôt le sol de la France affranchi de la présence de l'étranger à tous les enfants du pays. Deux membres de la droite, MM. de Puymaurin et Cornet-d'Incourt, combattirent le renvoi au ministère des affaires étrangères proposé par la commission, en alléguant qu'il n appartenait pas à la Chambre de préjuger une question qui était du ressort exclusif de la prérogative royale. Malgré leur opposition, le renvoi au ministre des affaires étrangères fut prononcé. Peu de moments après M. Laine venait annoncer la clôture de la session.

Trois jours avant le 13 mai, le chef militaire de l'émigration armée, le vieux prince de Condé, s'était éteint. De-

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puis la mort de son petiwfils le duô d'ÊQghien, persoûne ne rayait vu sourire, et dans les derniers temps de sà vie, sa raison avait fléchi sous le poids de la douleur et des années. Ouand le duc de Berry, qui avait servi sous lui, apprit Cette mort, il s'écria : « Nous avons perdu notre vieux drapeau blanc. »

Au point de vue des garanties réclamées en faveur de k liberté politique, on ne comptait qu'une conquête, l'abandon des cours prévôtales, dont l'institution expirant en 1818 n'avAit pas été renouvelée. La loi de la presse périodique restais la même. Les lois qui tinrent la plus grande place dans les discussions furent celle du recrutettietit et les lois financières d'une si haute importance cette année puisqu'elles Se rattâèhaient à la délivrance du territoire.

Quoique le ministère eût obtenu presque tout ce qu'il âvail demandé, et que l'accord entre la droite et la gauche, qu'il avait un instant appréhendé, ne se fût pas réalisé, sa situation était moins forte à la fin de Tannée parlementaire qu'au début. Les tentatives faites pour amener un rapprochement du minîstèn et de la droite par le duc de Richelieu et M. Laine, qui commençaient à se préoccuper des résultats" menaçants de là nou* velleloi électorale, avaient échoué. D'un autre côté, le minislèrt n'avait pas beaucoup à se louer de ses rapports avec les doctrinaires, auxiliaires impérieux et exigeants, prêts sans doute à accepter les positions officielles, mais à condition de marquer leur indépendance en la faisant sentir au gouvernement par leurs attaques dans les assemblées et leurs épigrammes dans les salons. MM. Royer-CoUard et Camille Jordan, que lé duc de Richelieu appelait les niveleurs, étaient allés très-loin dâûjj ^e sens et s'étaient posés en protecteurs plutôt qu'en auxiliftîfès. protecteurs investis du droit de blâme et dé réprimandé, et cio usant sans ménagement. Il en résultait que le ministère n'avait pas une majorité assurée, cette première condition du ^tW^

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