‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 13 sur 172 · COMPLOTS^ PROCÈS ET CONDAMNATIONS · texte numérisé non relu

COMPLOTS^ PROCÈS ET CONDAMNATIONS

L'affaire de Grenoble eut un fâcheux contre-coup. Elle imprima naturellement un nouvel élan aux poursuites judiciaires et rendit le gouvernement plus soupçonneux, plus disposé à croire aux conspirations, et moins disposé à adoucir, par la clémence, les arrêts de la justice. C'est à l'influence de ce sen-timent qu'il faut attribuer en partie l'exécution du général Mouton^Duvemet, que nous avons racontée et qui eut lieu en juillet 1816. L'alarme causée par l'entreprise de Didier durait encore. Ce fut avant cette époque et au moment même où la conspiration de Didier éclatiiit dans le Dauphiné que l'on découvrit à Paris la conspiration dite des Patriotes de 1816.

lettre à laquelle nous empruntons les passages suivants : « Un concours de circonslances dont il est inutile, dont il serait peut-être dangereux d'entretenir le lecteur, a fait tomber entre nos mains des documents qui jettent un jour tout nouveau sur les trames précédant la conspiration que M. Donnadieu a réprimée. Je suis resté, je reste l'unique arbitre de l'opportunité ou de l'inopportunité de la publicaUon de ces pièces... Le général et ses avocats ont agi comme ils rcutendaient; je ferai de même, laissant tomber les bruits absurdes devant la réalité, et ne modiflaut en rien mes résolutions premières. J'ai dit que la Conspiration de Grenoble paraîtrait; au jour que j'aurai ciioisi, et non celui que l'on m'indique par contrainte, je tiendrai ma parole, n Le 19 décembre 1842, 1» Législalion, journal dont plusieurs pairs étaient, assuralt-on, actionnaires, publia une note dans laquelle il était rapporté que M. Crélineau-Joly s'était présenté dans ses bureaux, et l'avait autorisé à annoncer qu'il n'avait jamais dit avoir en ses mains des lettres de M. Decaxes. Cette déclaration mit naturellement fin à ralEuire. Enfln, on lit ùtimV Histoire de Louis-Philippe, publiée en 1663 par M. Crélineau-Joly, ouvrage ouvertement dirigé contre Louis-Philippe ^^ l'orléanisme , les lignes suivantes : « Ces documents existaient. Un pieux sentiment de famille et la peur de trouver son nom accolé à une profonde scélératesse les tirent anéantir. Le feu a consumé les témoignages directement provocateurs. Le dernier mot de la conspiration de Grenoble ne sera Jamais dit qu'au tribunal des justices célestes. » (Histoire de Louis 'Philippe j par Crétineau-Joly, tome l^*", page 359.)

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