‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 136 sur 172 · PROTOCOLE DU 1"' NOVEMBRE · texte numérisé non relu

PROTOCOLE DU 1"' NOVEMBRE

question en proovant que le gouYernement français a rempli avec l'exactitude la plus scrupuleuse et la plus honorable toutes les clauses des traités et conventions du 20 novembre... L. M. I. et R. se sont félicitées de n'avoir plus à écouter que les sentiments et les vœux personnels qui les portaient à mettre un terme à une mesure que des circonstances fnnestes et la nécessité de pourvoir à leur propre sûreté et à celle de l'Europe avaient seules pu dicter. Dès lors, les souverains se sont décidés à faire cesser l'occupation militaire du territoire français, et la convention du 5 octobre a sanctionné cette résolution. En, regardant cet acte solennel comme le complément de la paix générale, considérant maintenant comme le premier de leurs devoirs celui de conserver à leurs peuples les bienfaits que cette paix leur assure, et de maintenir dans leur intégrité les transactions qui l'ont fondée et consolidée, LL. MM. I et H. se flattent que S. M. T. C, animée des mêmes sentiments, accueil lera avec tout l'intérêt qu'elle attache à tout ce qui tient au bien de l'hu manitéyà la gloire et à la prospérité de son pays, la proposition que lu adressent LL. MM. L et R. d'unir désormais ses conseils et ses efforts ceux qu'elles ne cesseront de vouer àTaccomplissement d'une œuvre aussi salutaire. Les soussignés, chargés de prier 1c duc de Richelieu de porter le vœu de leurs souverains au Roi son maître, invitent eu même temps S. Exe. à prendre part à leurs délibérations présentes et futures, consacrées au maintien de la paix, des traités sur lesquels elle repose, des droits et des rapports mutuels établis ou confirmés par ces traités et reconnus par toutes les puissances européennes. »

La veille de la signature de ce protocole, TAutriche et l'Angleterre résistaient encore, et, pour vaincre cette résistance, c'est le duc de Richelieu qui l'écrivait le 2 novembre , il n'avait pas moins fallu que l'arrivée de l'empereur de Russie. « Un mot d'Alexandre, ajoutait-il, a tout levé. » Il n'ajoutait pas, mais ses auxiliaires ajoutèrent pour lui, que la confianct^ qu il inspirait à l'Europe avait exercé une grande action sur Alexandre et sur les autres souverains. Quelques jours plus tard, M. de Rayneval écrivait à M. d'IIauterive en lui envoyant la déclaration du 13 novembre 1818 revêtue d'une quintuple signature :

« Voilà la fameuso déclaration, corrigée, restaurée, franrisée : nous devons ce succès à la noblesse, à la franchise de

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notre chef et au respect véritable qu'il inspire à toute TEih rope. »

Avant de donner le texte de cette déclaration, il importe àe faire remarquer que le protocole du 1*' novembre, au bas duquel figuraient les signatures du prince de Metternich, du comte de Castlereagh, du duc de Wellington, du prince de Hardenberg, des comtes de Bernstorff, Nesselrode et f apo d'Istria , inaugurait ime situation nouvelle en Europe. Depuis 1815 la France était restée debout devant les quatre puis- * sances : elle s'asseyait à côté d'elles. Elle avait voix délibérative dans le conseil européen. La veille encore on n'était que quatre en Europe ; après le protocole du i^ novembre on était cinq.

Le duc de Richelieu, par les ordres du Roi, s'empressa de répondre à la note des plénipotentiaires. Sa réponse était ainsi conçue :

« S. M. le roi de France a reçu ayec une yéritable satisfaction cette preuve nouyelle de la conflance et de Tamitié des souTerains qui ont pris part aux délibérations d'Âix-Ia-GhapelIe. La justice qu'ils rendent à ses soins constants pour le bonheur de la France, et surtout à la loyauté de son peuple, a vivement touché son cœur. En réportant ses regards snr le passé, et en reconnaissant qn*à aucune époque, aucune autre nation n'aorait pu exécuter avec une plus scrupuleuse fidélité des engagements tels que ceux que la France avait contractés, le Roi a seuti quelle était redevable de ce nouveau genre de gloire à la force des institutions qni la régissent, et il vçit avec joie que Paifermissenient de ces institutions est regardé comme aussi avantageux au repos de l'Burope qu'essentiel à la prospérité de la France. Considérant que le premier de ses devoirs est de chercher à perpétuer et à accroître, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, les bienfaits que rentier rétablipement de la paix géoérale promet a toutes les nations S. M. T. G. accueille avec empressement la proposition qui lui est faite d'unir ses conseils et ses efforts a ceux de LL. MM. pour accomplir Tœuvre salutaire qu'elles se proposent. •

Il ne restait plus qu'à rédiger et à signer en commun 1^

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