‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 138 sur 172 · CH1SB DES FONDS PUBLICS · texte numérisé non relu

CH1SB DES FONDS PUBLICS

Stances financières et politiques qu'il importe d'expliquer. On a vu que les conditions de l'emprunt soumissionné par les maisons Hope et Baring avaient été l'objet de nombreuses critiques; le principal reproche adressé à M. Corvetto par les banquiers français et dans les brochures écrites sous leur inspiration, c'était d'avoir fait jouir les maisons étrangères des bénéfices des emprunts contractés à des conditions onéreuses poiu-le Trésor : objection spécieuse, mais en réalité mal fondée, comme une douloureuse expérience devait bientôt le prouver. En outre, les puissances étrangères avaient déclaré de la manière la plus formelle qu'elles ne se contenteraient pas des garanties données par les maisons françaises, et le duc de Richelieu se félicita plus d'une fois dans sa correspondance d avoir un homme comme M. Baring à opposer aux défiances des intéressés. L'événement semblait cependant au premier abord justifier ces critiques. En effet, les 30 millions de rente abandonnés aux maisons précitées au taux de 5S francs en i8l7, avaient atteint, le 28 mai 1818, le taux de 69 francs 15 centimes. Il y avait donc im écart de 14 francs 15 centimes en faveur des prêteurs. Pour désintéresser ses censeurs et imposer silence à la critique, M. Corvetto décida que, parmi les nouveaux emprunts, il réserverait, sur celui de 1 6 millions 400,000 livres de rente, autorisé par la loi du 6 mai 1818, une somme de 14 millions 600,000 livres de rente pour les souscripteurs français. Les conditions faites aux preneurs étaient très-avantageuses. On admettait jusqu'au 27 mai toutes les souscriptions partielles qui seraient faites pour des sommes qui ne pouvaient être moindres de 5,000 livres de rente, et qu'on pouvait étendre aussi haut que l'on voudrait, sauf la réduction à subir si les offres dépassaient les besoins. Les soumissions supérieures à ce chifiEre de 5,000 livres de rente pouvaient être divisées en coupons de 5,000, 10,000 et 20,000 livres de rente, transmissibles pai* un simple endos.

478 CONGRÈS d'aix-la-chapelle.

Le capital souscrit devait être versé en sept mois a partir du 27 mai. Le taux de l'emprunt ne devait être fixé que le 27 mai et en raison du cours du jour de l'émission, et la faculté de désistement laissée aux souscripteurs dans un cas prévu, le jour de la clôture de l'emprunt, était pour eux une sécurité de plus, car ils pouvaient retirer leur souscription, si la rente à l'époque de la clôture était au-dessous du taux où elle se trouvait le jour où ils avaient souscrit. Il y eut un empressement inouï pour obtenir des titres du nouvel emprunt, parce que le mouvement ascensionnel des fonds ne s'aiTêtait pas et que tout le monde prévoyait une bonne affaire, dont chacun était bien aise de profiter *.

Une afûuence innombrable assiégea les portes du Trésor; tous les rangs, tous les sexes étaient confondus, comme i l'époque du système de Law, dans cette cohue qui se ruait à l'assaut des titres sous l'influence de Tâpre soif du lucre, et, une fois le mouvement imprimé, la fièvre de l'imitation augmenta chaque jour le nombre de ceux qui se jetaient dans la mêlée. Acheter pour revendre avec bénéfice, c'était la pensée dû grand nombre, et il y avait beaucoup de souscripteurs qui n'étaient pas sérieux et qui empruntaient pour efiectuer le premier payement. Ouand le moment vint de faire l'évaluation des souscriptions reçues, on constata qu'au lieu des 14 millions 600,000 livres de rente représentant un capital de 292 millions, elles^avaient atteint le chiffre énorme de 160 million» de rente, en capital deux milliards , c'estrà-dire le décuple de la somme demandée.

J'ai dit que la hausse continuelle des fonds avait contribué à cette espèce de furie avec laquelle on s'était jeté surTero-

1 . n n'y a rlea de nouveau boq» U soleil de la fiDanc», comme lottt celui de la politique. L'idée des cmpruaU nationaux, qu'on a donnée de notjoan(13&9 et 1860) comme une innoYaUon, avait. été pratiquée en 181 8 par M. Corretto: seulement on a multiplié les petites coupures.

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