‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 159 sur 172 · LE DUC DE RICHELIEU ÉCHOUE · texte numérisé non relu

LE DUC DE RICHELIEU ÉCHOUE

sèment du bien qu elle possède d^jà, sont Cgalemeut attachés au maintien d'une liberté bien ordonnée, de celle qui convient à un peuple éclairé par Texpérience et mûri par Tadversité. »

Cette attitude prise par la Chambre des députés rendait impossible le succès des efforts du duc de Richelieu pour constituer un ministère, car il était évident que s'il n'avait pas la faculté et la voloûté de dissoudre la Chambre des députés, il ne pouiTait pas marcher : or, il n'avait ni cette faculté, ni' cette volonté. Cette raison, ajoutée à quelques autres motifs qu'il faut indiquer, explique son impuissance qui l'étonna luimême, et que plusieurs historiens de la Restauration ont de la peine à comprendre. Les gens habiles ne montent pas sur un char qu'ils savent prédestiné à ne pas marcher, et personne, en politique, n'est pressé de se rallier à un échec. Le duc de Richelieu essaya d'abord de modifier seulement le ministère, en nommant M. Laine à l'intérieur, M. Roy aux finances. Dans cette combinaison, il offrait à M. de Villèle le portefeuille de la marine, et promettait à la droite une légère modification dans la loi électorale. Le 24 décembre \ il fit prier M. de Villèle de passer à l'hôtel des affaires étrangères, et le pressentit à ce sujet. La droite n'avait pas varié depuis le commencement de la crise ministérielle ; elle avait constamment demandé, comme condition de son concours, le changement de la loi électorale, avec la substitution des deux degrés au degré unique. Cette requête n'avait rien que de raisonnable, puisque le mal dont on se plaignait venait de la loi d'élection. M. de Villèle ne semble pas avoir jamais beaucoup cru au succès des tentatives de M. le duc de Richelieu ^ : <c II m'a paru fort embarrassé de sa tâche, écrit-il en revenant de cette conférence. Je l'ai encouragé et aidé

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