‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 160 sur 172 · Carnet de M. de Villèle · texte numérisé non relu

Carnet de M. de Villèle

en plaisantant. Il m'a fait revenir le soir pour me dire qu'il allait écrire au Roi qu'il renonçait à sa niission. »

La première tentative du duc de Richelieu avait échoué, par le refus positif de M. Laine de rester au ministère, pour demandera changement d'une loi électorale qu'il avait si ardemment défendue peu de temps auparavant. M. Laine ne niait pas ses défauts, reconnaissait ses mauvais résultats, mais il éprouvait une répugnance extrême à se déjuger si peu de temps après avoir défendu et prôné cette loi comme une panacée. Le motif qu'il alléguait était invincible chez un homme tel que lui, car c'était une question de dignité personnelle. M. Roy, de son côté, ne voulait pas rester au ministère si M. Decazes n'y demeurait pas avec le duc de Richelieu.

Celui-ci, ayant ainsi échoué dans la tentative d'un replâtrage ministériel, eut l'idée de constituer un ministère entièrement nouveau, dans lequel il aurait gardé la présidence et le portefeuille des affaires étrangères, en donnant l'intérieur à M. Cuvier, la guerre à M. de Lauriston, la justice à M. Siméon, les finances à M. Mollien, puisque Roy refusait obstinément de les conserver, et la direction générale de la police, sous l'autorité du Conseil, à M. de Tournon, préfet de la Gironde. Le 2S décembre, il fit encore appeler M. de Villèle, auquel il offrait toujours le ministère de la marine; celui-ci l'aida de son mieux; mais, dès que les membres du ministère projeté se trouvèrent en présence, il fut aisé de voir qu'ils ne pouvaient pas s'entendre, et il aurait été facile de le deviner. M. de Villèle se souciait peu d'entrer dans un ministère où il devait se trouver seul de son bord ; M. Cuvier s'était trop engagé sur la question électorale dans la discussion de la loi pour revenir aux deux degrés , et ALM. Mollien et Siméon avaient certainement des liens, des amitiés, peut-être des engagements avec la fraction opposée du ministère. Au fond, hors M. le duc de Richelieu et M. Laine, tout le monde \oyait

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