‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 2 sur 172 · MENÉES DE DIDIER DANS LE RHONE ET DANS LMSERE. - SKS PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

MENÉES DE DIDIER DANS LE RHONE ET DANS LMSERE. - SKS PRÉCÉDENTS

Pendant que le gouvernement de Louis XVIU était sous le coup de ces appréhensions, une conspiration que des symptômes précurseurs auraient pu faire pressentir, se nouait dans le département de Tlsère, où Topinion était généralement défavorable au gouvernement. Dès le mois de janvier précédent, des rapports venus de la divi^on militaire de Lyon, et confirmés par une note confidentielle émanée du commissaire général de police SainneviUe, avertissaient le ministre « qu'un sieur Didier, connu de ses complices sous le seul nom d'Auguste, avait présidé à Lyon une réunion de factieux » qui méditaient une insurrection. « Les principaux acteurs de cette insurrection, ajoutait SainneviUe, sont déjà, du moins en grande partie, à la disposition de la police, et elle suit avec une infatigable activité toutes les ramifications de ce projet criminel. » Il disait encore qu'on avait vainement essayé de séduire la légion du Rhône; que le sieur Didier, qui avait présidé la première réunion, avait annoncé « qu'il venait de parcourir un grand nombre de départements, qu'en général la nation était disposée à un soulèvement, que Camot et Fouché s'étaient rendus en Autriche, que cette puissance était décidée à appuyer l'insurrection pour replacer sur le trône Marie-Louise et son fils* V Après quelques autres détails, le commissaire général de police continuait ainsi : a Les individus arrêtés sont les'fiieiurs Rosset, Lavalette, Simon, Montain; les ordres les plus précis sont doimés poui* s'assm'er du sieui* Didier, et, s'il n'est pas déjà hors de France, il parait difficile qu'il puisse se soustraire aux recherches. » Puis il terminait en donnant des

détails sur le personnel de la conspiration, et notamment sur Didier, qu'il dépeignait ainsi : a Le sieur Didier est un intrigant, noyé de dettes, doué de beaucoup de talent, d'un esprit naturel et orné, en un mot, un homme extrêmement dangereux'. »

Ces détails sont cmieux, en ce qu'ils établissent qu'en janvier 1816 la police civile, comme la police militaire, avait déjà les yeux ouverts sur les démarches de Didier, qu'elle regardait comme un homme très-dangereux. Le commissaire général de police SainneviUe concluait ainsi : « Les factieux n'ont pu penser qu'un coup de main suffirait pour renverser le gouvernement actuel, mais ils ont atteint un autre but. Ils ont

1 . Le rapport contenail sur les autres coDspiralears les détails ittivants :

« Simon, ofllcier de l'ex-garde, a euiTi Bonaparte à Ttle d'Elbe et eu est revenu avec lui.

« Montain, médecin, bonapartiste très-prononcé , a pris une part fort active aux événements qui se sont succédé pendant les Cent- Jours»

a Rosset, bonapartiste décidé, dispose d'environ deux cents ouvriers atlactiés à sa manufacture de papiers peints , fortune dérangée , mauvais fils et mauvais époux. »

J'emprunte ce document au Projet de la proposition contre M, Udve Décotes, par M. Clausel de Coussergues, qui dit avoir la pièee originale entre les mains. Elle aYsit été adressée par M. SainneviUe à un aide de camp du ministre de la guerre, — c'était alors le duc de Feltre, — ce qui explique comment la note pouvait être entre les mains de M. Clausel de Coussergues. M. Auguste Ducoln, dans son Histoire de la conspiration de 181G, publiée en 1844, ajoute de nouveaux détails. • Les premières investigations judiciaires , dit-il , révélèrent : qu'il existait, sous le nom é' Association de l'indépendance nationale, une asso* dation insurrectionnelle, dont le centre était à Paris sous la protection immédiate des ministres démissionnaires (Fouché et Talleyrand) , et les extrémités aux quatre coins de la France ; qu'envoyé par le comité directeur de Paris, Paul Didier avait, sous le nom d'Auguste, présidé les réunions tenues chei Rosseti enfin que^ans ces conciliabules, dans des proclamaUons écrites, dans des lettres interceptées ou saisies, de hauts personnages avaient été compromis. Les noms propres furent couverts d'un voile, V Association de ^indépendance nationale tûi laissée à sa quiétude ; Paul Didier s'en alla tranquillement continuer ses pérégrinations insurrectionnelles , et l'affaire fut étouffée pendant six mois. Sans M. de Chantelause, qui occupait ie siège du ministère publie, elle eût été étran» glée. Dans un réquiiitoire énergique il accusa, pour ainsi dire pièces sur table, Fouché, Carnot, M. de Taileyrand, d'avoir ourdi les trames dont il tenait un fil entre ses main^« t (Page 61.)

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