‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 68 sur 172 · ACTION DES LITRES ET DBS JOURNAUX · texte numérisé non relu

ACTION DES LITRES ET DBS JOURNAUX

la vie publique, beaucoup d'honneur aussi au Roi par la ièrmelé qu'il montra contre les exigences du dehors.

La question de raffranchissement du territoire et les questions qui s'adressaient à Tesprit d'égalité, toujours plus puissant eo France que l'esprit de liberté, étaient les deux sujets qui aTaiemt le priidlége de passionner les esprits. C'est la seule maoière d'exf^quer le succès de la brochure de M. de Salyaody, aussi excessive dans le fond que dans la f<H*me, et cehii de deox brochures de M. Arnold SchefEer qui, revenant Bxa vieilles déclantaticHis contre Pitt et Cobourg, expliquait tous les crimes de la Révolulion et les Gent-Jours eux-mêmes par rinSuence fatale qu'avaî«nt exercée la politique machiavélique et Tôt de TAngleterre. Cette intervention du mélodrame dans la politique a toujours plu au vulgaire des esprits ; il y eut donc du courage de la part de M. Guizot à réfuter dans les Archives philosophiques et littéraires^ principal organe de la fraction doctrinaire, « les niaises déclamations où, comme il le £saît, OD impute aux gouvernements seuls toutes les volontés isunorales ou absurdes qui ont travaillé les sociétés humaines, déclamations dont le seul résultat est de mettre les gouvernements et les peuples en état de guerre, et d'empêcher ainsi l'uxdon féconde et salutaire qui, pour le bien de tous, doit s'opérer entre eux. »

La droite ne éevait suivre que plus tard l'exemple que les autres opinions lui avaient donné et suppléer à Tinsufâsance de la presse quotidienne, placée sous le coup de la censure, par k créatian d'un de ces recueils à périodicité irrégulière, revues déguisées en livres qui échappaient à la loi sur la presse. Le gouvernement avait naturellement le Moniteur auquel il avait ajouté le Jtmmal des Metires; la fraction doctrinaire, les Archives ;^ roppoâtion de gauche, le Mercure et le Censeur européen. Ce ne fut qu'à la fin de 1818, on le verra, que la droite fonda le Conservateur.

On peut dire que dans cette mêlée générale des idées et des opinions on ne s^entendait pas toujours dans le même camp. Ainsi, ce fut dans le Censeur européen^ journal essentiellement constitutionnel et parlementaire, que le saint-simonisme, cette secte philosophique, fit sa première apparition par des articles d'Augustin Thierry, destiné plus tard à une grande renommée comme historien, mais inexpérimenté alors, cherchant sa voie en histoire comme en politique, et plein d'enthousiasme pour Saint-Simon dont il était le disciple préféré. Dans cette année 1817, où ces articles avaient paru. Futopie saint-simonienne éprouva le besoin d'avoir une tribune à elle et fonda F Industrie^ en révélant par ce titre même la prétention qu'elle avait de tout subordonner aux industriels. L'école libérale prit le change, et ses membres les plus éminents, au nombre desquels il faut placer le duc de Broglie, Casimir Périer et M. Roy, croyant qu'il s'agissait de substituer l'aristocratie intelligente, active et productive des intérêts à l'aristocratie du nom et des souvenirs, furent les premiers souscripteurs du nouveau journal. Mais, quand ils virent par l'exposition de la doctrine qu'il s'agissait d'une utopie maté- I rielle qui renversait la société par sa base en détruisant toute

\ liberté et toute initiative et en la transformant en une espèce

de ruche cédant à des attractions purement mécaniques, ils se séparèrent publiquement de l'organe saint-simonien, en déclarant qu'ils avaient été trompés. Le socialisme, sous sa forme savante, n'en avait pas moins fait son avènement dans I le monde ; il allait travailler au recrutement des intelligences

jusqu'au moment où une circonstance favorable lui permet- I trait de se montrer. En attendant, la secte saint-simonienne

I était un élément de trouble moral de plus dans la situation.

Derrière ceux qui travaillaient à une révolution politique, com- : mençaient à paraître les ouvriers d'une révolution sociale.

Quoique les nuances ne fussent pas aussi tranchées dans la

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