‹ Histoire de la restauration (volume 2)Chapitre 70 sur 172 · NÉGOCIATIONS POUR UN NOUVEAU CONCORDAT · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS POUR UN NOUVEAU CONCORDAT

du clergé qui constituait un schisme; que l'acceptation du concordat pouvait être regardée comme l'acceptation d'une nouvelle discipline substituée à celle de la constitution civile du clergé et non comme ime flétrissure de cette dernière en tant que coupable et erronée. Le gouvernement consulaire s était enfin rendu à ces raisons, et il avait été convenu d'un commun accord que les prêtres* constitutionnels présentés pour les évêchés rétracteraient formellement leurs erreurs. La formule même de cette rétractation avait été fixée. Elle consistait dans une déclaration par laquelle les prêtres dont il s'agissait affirmaient se soumettre aux jugements du Saint- Siège exprimés dans les brefs de Ke VI sur la question des actes ecclésiastiques en France. Les choses se passèrent tout autrement qu'il n'était convenu. Le cardinal Caprara, qui n'avait pas reçu pour cela les pouvoirs nécessaires, donna ^institution canonique aux évêques nommés en écrivant h Rome que les prêtres autrefois entachés des erreurs constitutionnelles -s'étaient rétractés en présence des évêques de Vannes et d'Orléans. Mais les évêques nommés lui infligèrent un démenti public dans les écrits qu'ils firent paraître et déclarèrent que, loin de souscrire à la formule présentée par les évêques de Vannes et d'Orléans, ils l'avaient foulée aux pieds ' . Il y avait, on le voit,' à Rome comme à Paris, des raisons qui devaient faire désirer la révision du concordat de 180i . On accueillit donc à Rome, au moins ad référendum, les ouvertures de la cour de France, et, le dernier jour de Tannée 18i4, le Pape écrivait à Louis XVIII une lettre personnelle dans laquelle il se montrait favorable à l'augmentation d^s sièges épiscopaux et archiépiscopaux, en insistant sur la né-

1. • Ces deux grands et Irès-crueU déboires, continue le cardinal Conrahi, aui Mémoires duquel nous empruntons ces détails, rinslallaiion sur les nou ▼eaux sièges des constitutionnels qui persistaient dans leur schisme, et la pro> molgation des lois organiques distinctires du traité, ftirent deux épines qui conUnuèrent à déchirer le cœur du Pape. »

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cessité d'apporter un remède aux maux de FËglise de France par suite de tant de dispositions contraires à Tautorité el à la liberté de TËglise, opposées aux principes indestructibles de la doctrine catholique , particulièrement les lois relatives au divorce. Le Pape terminait en disant : « Nous attendons de Votre Majesté des choses grandes; TËglise tout entière les attend aussi; ce v(bu, sans'doute, ne sera pas trompé. »

Les choses étaient dans cet état quand les CentJours vinrent interrompre la négociation commencée. En 1816, M. le comte de Blacas fut envoyé à Rome à la place de M. de Pressigny pour reprendre les négociations interrompues. Louis XVIII aurait désiré que ces négociations se suivissent à Paris, sans doute dans Tidée de prouver au monde que la cour de Rome ne faisait pas moins pour le Roi de France en 1816 qu'elle avait fait en 4804 pour le premier consul. C'est ce que l'on peut induire de la lettre suivante que le comte de Blacas fut chargé de porter à Rome :

« Le moyen, Très-Saint-Père, de parvenir le plus tôt possible au bat que Votre Béatitude et moi nous ne pourons que désirer également, celui de rendre à l'Église de France rorganisatioil qui lui est nécessaire poar remplir sa sainte destination ef pour faciliter à mes peuples rexerciee de la religion caiboUque, est l'envoi immédiat d'un légat qui, à l'instar de celui qui traita avec l'usurpateur, arrire auprès de moi avec tonle l'étendue de pouvoirs que sa mission comportera. Je ne doute pas que les évèques non démissionnaires, loin d'opposer à l'ordre qu'il s'agit d'éUblir aucunes diflicultés, n'y concourent avec sèle pour le plus grand bien de la religion et des églises de France. »

Dans ses instructions à M. de Blacas, le duc de RicheliVn avait soin de ménager les justes susceptibilités du Saint-Siège. On y lisait en effet ce qui suit :

« L'ambassadeur aura soin de ne faire aucune mention du concordat et de ne pas laisser supposer a la cour de Rome que le gouvernement lui en demande la révocation. Il faut sur œ point délicat ménager la sus* ceptibilité du Saint-Siège, ne pas paraître aroir à lui reprocher no tort

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