BLACAS D'AULPS
Hercule, cardinal GONSALVI.
Le 19 juillet, le pape publia une bulle de confirmation de la convention du 1 1 juin ; le 27 juillet, une bulle de circonscription pour quatre-vingt-douze diocèses; le 28 du même mois, il assembla le sacré collège et lui adressa une allocution au sujet du nouveau concordat. Il indiquait dans cette allocution les nombreux obstacles qu'il avait rencontrés dans cette négociation difficile, n faisait mention d'une note du comte de Blacas expliquant que le serment par lequel les sujets promettent obéissance à la Constitution ne concerne que les choses de Tordre civil. Le pape déclarait enfin que, voulant augmenter la joie solennelle de ce jour, il avait nommé cardinaux Alexandre- Angélique de Talleyrand, ancien archevêque de Reims; César-Guillaume de la Luzerne, ancien évêque de Langres; et Louis-François de Bausset, ancien] évoque d'Alais.
De son côté, le duc de Richelieu avait accusé réception en ces termes au comte de Blacas du concordat par une lettre datée du 1^' juillet 1817 :
c Je n'ai pas perdu un moment pour mettre tos dépêches sous les yeux du Roi ; Sa Majesté a éprouTé la plus yive satisfaction de riieureuse conclusion d'une affaire si importante et si difficile, et elle a apprécié tout ce qu'il ?ous a fallu de zèle et d'habileté pour triompher, aussi promptement que tous l'arez fait depuis votre retour à Rome, des obstacles qui restaient encore à surmonter. Les concessions que tous avez ob* tenues sont plus importantes que celles que toos avez faites, et les changements qu'a subis la convention du 25 août ont fait disparaître sur tous les poÎDts essentiels les objections que la première rédaction avait fait naître. Nous n*en prévoyons pas davantage sur la déclaration relative au serment depuis qu'il est convenu que la note officielle dont vous m'envoyez le projet définitivement arrêté remplacera la lettre qu'on voulait
exiger do Roi. Je toos enToie les ntiCcations. Les étèqnes de Ganibni, d*ATigDOD, d'ÂDgoaléme et de Dijon se sont refusés positÎTeineDt aax inTÎIatioDS qui leor ont été faites de donner leur démission, et oed de- Tient une affaire fort épineuse. Lenr existence dans TËglise gallicane sen certainement un grand scandale, mais il est inéTitable. puisqu'il n*y a aucun moyen canonique et régulier de les forcer à quitter leurs sièges... Le Roi a jugé dans sa sagesse qu'il était préférable de tolérer un mal auquel on ne peut remédier que par un autre mal plus général et dont les suites seraient bien autrement dangereuses. Ces quatre éTôques resteront donc dans leurs sièges. »
Au mois dejiiillet, et même pendant le moisd'aoûtl817,raffaire du concordat semblait donc terminée, puisque cette convention avait été non-seulement signée, mais ratifiée de Tim et l'autre côté, et l'on célébrait déjà dans les journaux religieux la paix rendue à TÉglise etTimion intime rétabUe entre le Saint-Siège et le gouvernement royal; mais, dèsrorigine, mi différend s'était élevé dans le conseil. Ce concordat serait-il mis à exécution par une ordonnance royale sans être soumis à la sanction des Chambres, ou bien réclamerait-on cette sanction? Ceux qui se rangeaient à la première opinion, et parmi eux on comptait le duc de Richelieu et M. Laine, rappelaient que le traité conclu avec les puissances coalisées le 20 novembre 1815 n'avait pas été soumis aux Chambres, quoiqu'il entraînât de grands changements dans la circonscription du territoire national et d'immenses conséquences financières. On s'était contenté d'en donner communication aux Chambres et de leur demander ensuite les fonds nécessaires pour exécuter le traité. Cette fois, la position du gouvernement était bien plus favorable, car on ne demandait pas de nouveaux fonds pour le clergé; le budget ecclésiastique voté en 1817 et qui allait être continué pour 1818 présentait des ressoiu'ces suffisantes, M. Laine l'attesta, pour l'établissement des nouveaux sièges épiscopaux. A ceux qui objectaient que, le concordat de 1801 étant devenu loi de l'État, il fallait une loi de l'État pour