ÉLECTIONS PARTIELLES
comité des indépendants, etTemphase de son style qui dépassait toute mesure, nuisirent à l'effet de cet écrit qui était encore plus une circulaire électorale qu'une brochure sur les élections.
Le ministère ne manqua point d'organes pour répondre aux indépendants. Les doctrinaires avaient ouvert le feu dans les Archives philosophiques^ où M. Guizot avait écrit ces lignes ayant l'ouverture de la lutte : « La loi des élections appelle à reiécution de la Charte la France libre et éclairée, telle que la Révolution l'a faite ou laissée. Les intérêts des classes, des conditions et des partis anciens ou nouveaux, méfiants ou agresseurs, ne sont ni consultés ni considérés par elle. Elle les prend ou les laisse tels qu'ils sont; ils pourront ce qu'ils peuvent réellement, ils vaudront ce qu'ils valent en effet. » N'étaitce pas ouvrir un peu trop philosophiquement la porte à un redoutable inconnu et faire marcher la politique les yeux fermés, comme, on dit que marche la fortune? Les écrivains doctrinaires ajoutaient que, dans l'intérêt de la monarchie, il fallait exclure également les jacobins et les ultra-royalistes. Il est facile de comprendre l'irritation profonde que cet offensant eûHBçuo excitait dans l'àme des hommes de la droite. Ceux qui avaient et qui auraient donné encore tout leur sang poiif les Bourbons s'indignaient d'être assimilés aux hommes qui avaient trempé dans les crimes de la Révolution et qui étaient disposés à recommencer si l'occasion se présentait. Les polémistes du ministère faisaient observer avec plus de raison que, sous cette dénomination bien vague d'indépendants, des nuances politiques diverses se cachaient, que plusieurs des hommes que le comité électoral produisait donnaient un démenti à son programme parleurs antécédents ; ils avaient été bien mal préparés à ce vote d'indépendance en faisant sous Tempire métier de servitude . Était-on sûr que le ministère voulût le maintien des lois d'exception, quand on choisissait comme
terrain contre lui Tabolitionde ces lois. Ce n'était pas là qu'était la question décisive, celle qui devait déterminer les électeurs. A un régime nouveau il fallait de nouveaux hommes, étrangers aux querelles des anciens partis, ni révolutionnaires, m impérialistes, encore moins attachés à Tancien régime, décidés à ne point s'occuper des luttes du passé et à marcher d'un pas ferme vers l'avenir entre la monarchie légitime et la Charte.
Ceux qui écrivaient ces vifs appels n'oubliaient qu'une chose, c'est de dire où l'on trouverait ces candidats étrangers aux querelles de leur temps et de leur pays, et arrivés probablement à l'âge d'homme dans l'espace d'une nuit. Est-ce que le Roi lui-même etla famille royale ne venaient pas de TancieD régime ? Est-ce que le duc de Richelieu n'en Tenait pas comme le Roi? MM. Pasquier, Mole, Gouvion Saint-Cyr, ne venaientils pas de l'Empire? Ils avaient, il est vrai, la prétention d'être les hommes du présent, quoiqu'ils vinssent du jMissé; mais la droite d'un côté^ les indépendants de l'autre, affectaient la même prétention. Quelle que fût la provenance des hommes, tout ce qu'on pouvait leur demander, c'était d'accepter la Charte et la royauté légitime qui Tavait offerte conome la transaction entre les idées et les intérêts divers. Or, sauf quelques esprits obstinés dans la droite , sauf un certain nombre de conspirateurs parmi les indépendants, tout le monde l'acceptait. Quant à faire oublier le passé, c'est ce qui n'était en la puissance de personne. Lorsque Tacite a voulu peindre la [dus effroyable tyrannie qu'ait subie Rome, il a écrit cette ligne : « Nous eussions perdu la mémoire avec la voii, si l'oubli comme le silence avait dépendu de la volonté humaine. »
Les honunes de droite n'avaient aucun espoir de faire f9Sr ser par leurs propres forces un de leurs cuididaits à Paris; mais leur vote pouvait acquérir une importance déeisi^
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tùnane ÊipfcinU Os se rendaient aux élections, bien résolus i refuser leurs iroix aux inini:»tériels comme aux indépendants.
TeDes étaient les dispositions des partis rÎTaux quand la hitte électorale 3>ngagea le 20 septembre. Le nombre des électairs, Paris en awiptait neuf mille, llmportance du résultat attendu, la fitacité des polémiques engagées dans la presse, awent jeté beaucoup d'animation dans les esprits, et cette passion qui agitait Paris faisait contraste avec le calme qui régnait dans la plupart des provinces. Le gouvernement avait de graves inquiétudes : Tévénement les dépassa. Dès le premier jour, le scrutin poiv les scrutateurs fit asseoir au bureau définitif un grand nombre dliommes hostiles au gouvernement : MM. Benjamin Constant, Laffîtte, Manuel, Casimir Périer, Delessert, Temaux, Cadet-4jassicourt , Tissot, >léchin. Le lendemain, 21 septembre, M. Laffitte obtint seid la majorité absdue; après lui venaient M)L Benjamin Delessert avec 3,044 voix, Ca^mir Périer avec 2,819, Manuel avec 2,771; puis, avec un nombre de voix toujours décroissant, M)L Bellard, Carnet de la Bonardière, Benjamin Constant et Roy. M. Pasquier, distancé par tous les candidats que je lîens de nommer, n'avait que 2,065 voix et venait presque ex^œquo avec le général la Fayette.
Pour le ministère, c'était une véritable déroute. Il y eut une panique dans le camp ministériel. Les indépendants, pleins de confiance, ne doutaient pas de leur victoire qu'ils comptaient achever le lendemain. Au bout de quelques heiu^s, la réflexion vint, n y avait, dans la situation électorale, un élément avec lequel on n'avait pas voulu compter, et qui tenait dans sa main le résultat de la lutte, c'était la droite. Les électeurs de cette opinion avaient réuni de 1 , 1 00 à 1 ,200 voix siu- leurs candidats, MM. (Hivier et Pardessus. Selon qu'ils reporteraient leurs suffrages sur les ministériels ou sur les indépendants, ils assul'crsdent la majorité aux candidats qu'ils adopteraient. Pour se
donner d*abord Télément de toute chose, le temps, le ministère commença par interrompre pendant deux jours les opérations électorales, ce qui était une infraction positive à la loi, en alléguant que des erreurs avaient été commises dans la récapitulation des votes. Il profita du répit qu'il s'était donné pour faire sonner Talarme par ses journaux : ils convièrent les royalistes de toutes les dates à venir au secours de la monarchie mise en péril par les élections de Paris. En même temps le ministère omTait une négociation avec Monsieur, dont il sollicita TinteiTention auprès du comité de la droite, afin d'obtenir que les électeurs de cette nuance soutinssent la liste ministérielle; on leur proposait pour prix de leiu* concours l'adoption du nom d'un de leurs candidats, M. Olivier, sur la liste du gouvernement. Les électeurs de droite, malgré leurs répugnances profondes pour le ministère, se rendirent aux considérations puissantes qu'on faisait valoir auprès d'eux. Ils ne savaient pas qu'on ouvrait en même temps des négociations parallèles avec la nuance plus modérée des indépendants, en leur promettant pour prix de leur concours, la nomination de MM. Benjamin Delessert et Casimir Périer. Quand le scrutin se rouvrit , le second tour donna la majorité à MM. Benjamin Delessert et Roy; au troisième, sur 7,338 votants, M. Goupy obtint 4,361 suffrages, M. Bellard 1,033, M. Breton 3,944, M. Pasquier 3,874, M. Casimir Périer 3,786, M. Olivier, le candidat de la droite, n'obtint que 3,664 voix, et ne fut pas nommé. La droite avait tenu sa promesse enver? le ministère mieux que celui-ci n'avait tenu la sienne envers elle.
Ce résultat remplit le ministère de joie ; il oublia ses terreurs aussitôt que le péril eut dispani. Il avait à Paris cinq députés sur huit, et il avait évité les nominations qu'il appréhendait par-dessus tout, Benjamin Constant, la Fayette, Manuel. En outre, les résultats des départements lui paraissaient
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satisfaisants. Il est vrai que dans la Côte-d'Or le ministère D^avait pu écarter les candidats de la droite, MM. Roger de Damas, de Grosbois, de Brenet', qu'en laissant passer M. Hervieux, maire des Cent-Jours, M. de ChauveUn, dont l'opposition systématique ne s'arrêtait pas au ministère , et enfin M. de Caumartin ; mais le mot d'ordre était ainsi donné aux préfets comme dans les élections qui suivirent l'ordonnance du S seplewbre : avant tout, éviter le retour des membresde la Chambre de 1815. C'est ainsi que MM. de Blainville, de Roncherolles et de Blangy avaient succombé devant MM. Dumeylet, Bignon, qui avait négocié contre les Bourbons à la fin des Cent-Jours, Dupont, qui devait prendre le nom de Dupont (de l'Eure), à cause de la persistance des électeurs de ce département à le nommer. En dernière analyse, le résultat d'ensemble des élections pouvait se résumer ainsi : le ministère avait réparé par des acquisîtioas les perles qu'il avait éprouvées; la droite avait perdu douze voix, que les indépendants avaient gagnées. Les proportions extérieures de l'opposition et de la majorité ministérielle restaient donc u peu près les mêmes, mais le caractère de l'opposition se trouvait profondément changé par ce déplacement de voix de droite à gauche. Il fallait désormais s'attendre à avoir à compter avec le parti des indépendants, qui disposait maintenant d'une vingtaine de voix, et qui sentait le soufile de la fortune enfler ses voiles. Les défenseurs les plus intelligents du ministère le comprenaient; M. Guizot commençait à parler dans les Archives de la nécessité d'ajouter à la loi d'élection la liberté de la presse et le jurj% institutions excellentes, disait-il, « pour lAter le pouls au peuple et en apprenant où est le mal, discerner où peut se porter le remède, d Sans doute on. pouvait ainsi tâter le pouls à la
1. M. Lubis adlrme, dam son Histoire de la Restauration, aroir eu soui les jem roriginal de la lettre par laquelle Louis XVlll, écrlTant sous l'inspiration de M. Deeazes, prescrivait d'empêcher leur réélection.
France ; mais constater la fièvre, ce n'est pas la guérir, et Ton devait voir bientôt qu'il y avait dans cette opposition des hommes dont les attaques allaient beaucoup plus loin et plus haut que le ministère. Il y avait donc un singulier optimisme à penser que, pour que tout allât bien, il suffisait que les honunes de droite disparussent peu à peu de la Chambre. En les affaiblissant, on avait fortifié la gauche, qui loin de montrer de la sympathie au ministère, devenait plus exigeante, et il fallait se souvenir qu'on ne pouvait plus compter sur la complaisance de la droite , qu'on avait attaquée à outrance dans toutes les élections, et trompée par une promesse restée inaccomplie dans les élections de Paris. L'affirmation de M. Decazes déclarant que le gouvernement royal, dès qu'il se séparerait de la droite, aurait tout le monde pour lui, recetait de ces élections un nouveau démenti qui ne devait pas être le dernier. Ce n'était pas ainsi que voyait le ministère, ou du moins la partie du ministère où siégeaient MM. Decazes, 6ou* vion Saint-Cyr et Pasquier, et qui s'appuyait sur les doctrinaires. Quant .à M. Laine, il ne dissimulait pas ses craintes, et il communiquait ses doutes et ses aniiétés à M. le duc de Richelieu, qui lui témoignait beaucoup de confiance et d'amitié.
Ce fut soi^-disant pour rétablir l'éqmKbre compromis par le progrès du parti démocratique, dans la Chambre des députés, que le ministère songea vers ce temps à fortifier l'élément aristocratique dans la Chambre des pairs, où une ordonnance décida qu'à l'avenir nul ne pourrait être introduit sans fonder un majorât composé d'immeubles libres et affiranchis de toutes hypothèques, et produisant au moins trente mille francs pour le titre de duc. La valeur des majorats exigibles était ainsi graduée proportionnellement aux titres : vingt mille francs de rt»ite pour les marquis et les comtes, dix mille francs de rente pour les barons. Ces ma-
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jorats passaient naturellement d'âlné en aîné, avec la pairie. L'ordonnance réglait même la manière dont les pairs prendraient rang aux séances royales, selon l'importance de leurs titres, déterminait tout ce qui avait rapport à la concession des titres et armoiries, et même traitait la question des costumes. Le gouvernement oubliait qu'il n'appartient à personne de créer une aristocratie; tout ce qu'on peut faire, c'est de la prendre quand elle existe. Il taillait et arrondissait le feinllage de l'arbre ; une seule chose manquait à cet arbre, des racines.
La fin de Tannée 1817 devait ramener une nouvelle session, dont l'ouverture avait été fixée au S novembre, et qui allait être consacrée surtout à la discussion du concordat et à celle de la loi de recrutement et d'avancement ; mais, avant d'entrer dans le récit de la session de 1817 à 1 818, il convient de menticmner quelques faits plus ou moins importants qui doivent trouver ici place, soit à cause de l'émotion qu'ils excitèrent, soit à cause des conséquences dont ils devinrent le point de départ. Le 15 juillet 1817, madame de Staël était morte à l'âge de cinquante-trois ans. Comme à la fin du Directoire et an début di^ Consulat, son salon était devenu un centre politique, une sorte de rendez-vous européen, oii tous les pays comme toutes les opinions se rencontraient, mais où dominait surtout l'opinion libérale. Sa renommée littéraire alors dans tout son éclat, sa fidélité à la cause de la liberté, son dévouement à la France et le génie de la conversation qu'elle possédait à on degré supérieur, avaient fait de cette femme illustre une espèce de puissance politique. Elle traitait de pair avec les plus fortes têtes de l'Europe, et plus d'une fois eUe prit à partie le duc de Wellington, lord Castlereagh et M. Canning, pour réclamer Tallégement du fardeau qui pesait sur la France. La société européenne regarda sa disparition comme une perte. Paris, qui voyait se fermer la plus brillante des
lices OÙ se livraient les tournois d'idées qui passionnent cette ville intelligente, manifesta son deuil.
A quelques jours de là, madame la duchesse de Berry était accouchée d'une fille qui ne vécut que deux jours; ce fut un sujet de tristesse pour les royalistes, qui avaient hâte de voir la succession du trAne assurée dans la lignée de la branche aînée. Autour de ce berceau sitôt vide, s'ouvrit une discussion qui, mal comprise au dehors, nuisit à la famille royale. Un différend s'éleva entre M. de la Ferté, intendant des menus plaisirs, et madame de Montsoreau, gouvernante désignée de l'enfant qui n'avait pas vécu, sur la question de savoir à qui appartenait la layette. Pour s'expliquer ce différend, il faut savoir que le droit revendiqué était un de ces privilèges de charges, que les titulaires ne peuvent abandonner pour ne pas créer un précédent défavorable à leurs successeurs. La querelle entre M. de la Ferté et madame de Montsoreau prit un caractère violent, il y eut même des lettres blessantes échangées, et, M. le duc de Berry s'étant prononcé en faveur de M. de la Ferté, madame de Montsoreau et son gendre, M. de ia Ferronnays, premier gentilhomme de la chambre, donnèrent leur démission. C'était une querelle d'ancien régime, qui en raison du maintien des charges de cour venait s'encadrer dans le régime nouveau.
Le 17 mai, madame la duchesse d'Orléans était venue rejoindre à Paris son mari, rentré en gr&ce auprès du Roi. On conunençait à parler de l'agitation qui régnait en Prusse et dans le Wurtemberg, au sujet des nouvelles constitutions préparées par les gouvernements, en vertu des promesses faites aux populations au moment du grand soulèvement de ^A11^ magne contre Napoléon. L'Espagne, le Portugal, l'Italie, éprouvaient de sourdes commotions; il était question de réunir à Dusseldorf un congrès européen, où devaient figurer les souverains d'Autriche, de Pnisse et de Russie. Dans les
QUELQUES FAITS JiHTÉRIEURS A LA SESSION DE 1817-1818. 301
Amériques espagnoles, rinsurrecUon des colonies contre la mère patrie s'étendait de proche en proche ; une guerre d extermination était allumée, et les noms de Bolivar et de Murillo occupaient l'attention de l'Europe; Ferdinand, qui au sortir de la prison ou l'avait retenu si longtemps Napoléon, était rentré roi constitutionnel en Espagne , pour redevenir bientAt après roi absolu, commençait à réunir les éléments d'une armée d'expédition pour les colonies, et l'empereur de Russie lui vendait cinq vaisseaux de 74 et quatre frégates de 44, pour suppléer à la marine espagnole détruite. Mais l'on pouvait déjà prévoir qu'avec sa politique pleine à la fois de tergiversations et de ruses , sans franchise comme sans fermeté,^ Ferdinand exciterait plutôt des troubles en Espagne qu'il ne parviendrait à dominer ceux des colonies espagnoles.
Le 30 août, quelques jours avant la réunion des collèges électoraux, la cour de Pau avait condamné à mort d'Aussonne et Carrière, comme assassins du général Ramel.
A la fin du mois d'octobre, on commençait à parler du voyage de M. le duc d'Angouléme dans les provinces de rOuest et du Nord. Tandis que le duc de Berry demeurait, comme Monsieur, en rapport de sympathie avec la droite, le duc d'Angouléme, subissant l'ascendant de Louis XYIII, qui ne l'appelait plus dans ses correspondances intimes que speranzcj avait consenti à un rapprochement avec le ministère. Peulrêtre, pour trouver le point de départ du changement qui s'était fait dans cette âme droite et honnête, faudraitil remonter aux réactions dont ce prince avait été, pour ainsi dire, témoin dans le Gard et qu'il avait eu de la peine à comprimer par sa présence. Le Roi, qui avait hâte de faire connaître au public le rapprochement accompli entre l'alné de ses neveux et son ministère, chargea le duc d'Angouléme, aussitôt après les élections, d'une mission dans les provinces de rOuest et du Nord. Ce prince traversa ces provinces en
répétant la consigne qu'il avait reçue et qu'il donnait, à son tour : Union et oubli. Certes Tunion des esprits et des cœurs et Toubli des divisions du passé étaient un but vers lequelia politique royale devait marcher. Malheureusement ce n'était pas avec des paroles qu'on pouvait arriver à un tel but. C'était l'œuvre du temps et d'une politique habile, et non d'une phraséologie stérile. Ces mots d'union et d'oubli 4{ue k goih vernement faisait redire partout, répétés de proche en proche et tombant avec la régularité monotone d'une musique ou la fidélité sans accent d'un écho , irritaient les passions plus qu'elles ne lès calmaient. La Vendée surtout se demandait si c'était parce qu'on était devenu oublieux envers elle qu'on lui prêchait l'oubli à elle-même, et si c'étaient bien là les paroles qu'un prince de la maison de Bourbon devait adresser à une province où il n'y avait pas un pouce de terre qui n eût été arrosé de sang pour sa cause?